Je suis parti en courses, en
oubliant ma liste… Heureusement, j’en ai toujours une de rechange:
Une brouette de courages en
vrac pour affronter les jours moches.
Une pincée de baisers dans le
cou pour le bonheur d’en embrasser un réceptif.
Cent deux grammes de folie
douce à diluer dans l'eau claire pour tenter d'oser davantage.
Un grand sac de bienveillance
pour le tout venant.
Une belle boîte de pardon
pour tenter de panser mes maladresses permanentes.
Une fiole d’huile essentielle
d’amour brut pour les moments de désamour passager.
Un chœur de voix ensemble
pour l’émotion d’entendre le beau.
Des doigts croisés contre la
peur du vide, celle du rien..
Un lagon à l’eau transparente
et chaude, poissonneuse à foison pour le plaisir du dessus de la peau…
Un sourire… Dix sourires…
Cent sourires.
Une coupe dans une forêt de…
Champagne.
De l’encre ineffaçable pour
les mots d’amour éternels qui durent.
Une butte, une colline, une
pente, une côte, une falaise, un replat, un oppidum, un sommet, une hauteur,
des étages, une Tour Eiffel que le regard se perde.
Un bocal de pardons pour
s'épargner des ressentiments nocifs.
Deux cocotiers pas très
éloignés l’un de l’autre… Qu’y tendre un hamac ne soit pas une galère…
Une mémoire toute neuve
contre les mauvais souvenirs, contre le passé… passé.
Une assurance tout tout
risque contre les morsures de chien méchant.
Un margueritier, pour jouer
avec les feuilles et tomber juste.
Des excuses pour les
imbéciles.
Une main à poser sur une épaule
pour les coups de mous, les jours sans, les coups de grisou, les matins de
moins bien, les heures creuses…
Des petites chaleurs en
boîtes pour les accueils glacés.
Une deuxième jeunesse pour
remplacer la première qui aurait pris un sacré coup de vieux.
Un petit quart d’heure pour réfléchir
encore un peu.
Une paire de paumes pour
consoler une peine.
Une boite de mouchoirs
jetables pour essuyer les larmes intempestives.
Un édredon pour adoucir
l’atterissage des mauvaises nouvelles.
Une centaine de minutes pour
avoir un peu de temps devant moi après la dernière.
Un bouquet de fleur des
chants pour une joie simple.
Un sac fourre tout pour y
balancer l'entier du tout.
Y ajouter :
Un petit sachet de
bienveillance en poudre pour en avoir toujours à distiller dans les ventricules.
