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30 mars 2014

C'est entendu.

Entendu ce matin chez le buraliste :
Bonjour, je voudrais du papier à cigarette bio…
Pour attraper un cancer durable ?

La poissonnière ce matin au marché :
La semaine prochaine je ne serai pas là. Nous partons en vacances dix jours. Aux Maldives. Nous adorons la plongée…
L’impression de planer au-dessus de leur étalage?
Une cliente: Dites, elles sont fraîches vos dorades? 
Ben non, peuchère, elles sont vieillasses, c'est pour ça que je les vends...

Après le débat NKM-Hidalgo: Les femmes sont des hommes politiques comme les autres.

Le front national rêve d’une percée. D’ordinaire ce sont les furoncles qui percent, non ?

Pour une poissonnière, pratiquer la plongée c’est un peu comme si un boucher  campait dans le Charolais ou un fromager habitait une cave à Roquefort?

Entre les deux tours, la déferlante bleue marine s'est transformée en un tsunami de miel... Ça dit quelque chose, mais quoi? 

Poutine aimerait beaucoup le sport... Les nazis aussi aimaient le sport... Dix minutes avant la finale du cent mètres plat à Berlin en 36.

Deux gagnants du loto ont se sont partagés 120 millions d’euros. Ce doit être la seule fois où en perdre 60 doit procurer une grande joie.


16 février 2014

02 janvier 2014

Bilan sans Rémo.

Au moment où, d'un peu partout dans le monde, des envols de voeux sincères mais sans doute pieux (les années sont aussi ce que nous en faisons...) de bienveillance, bonté, richesse, douceur, amour, délicatesse, tendresse, félicité, bonheur, santé, joie, tempérance, légèreté, j'en passe et des pires, polluent gentiment l'atmosphère en planant guillerets, des uns aux autres, je me suis dit que c'était le bon moment de faire un bilan rapide mais furieusement nombriliste de l'année écoulée:

En deux mille treize, je n'ai  toujours pas convolé avec Rémo (ni avec personne d'autre) d'où ce bilan sans lui...
L'année 2013, la disparue n'a rimé à rien. En effet, en fin de compte, pas plus de pèse, de Zambèze que de balaise. On me dira pas non plus de prothèse ni de malaise et on aura raison,  ça équilibre...
En 2013, j'ai eu la chance de ne pas dîner au restaurant avec une femme qui ferait du bruit en avalant sa soupe ou qui écarterait les coudes en mangeant... De ça je suis vraiment heureux parce que sil y a une chose à redouter... 
Imaginez la première soirée, vous avez choisi l'endroit avec soin, vous avez téléphoné pour réserver,  vous vous apprêtez à passer un moment plutôt agréable et slurp... Brrr ça fait froid dans le dos...
L'année passée, j'ai trouvé le moyen d'être enfin certain de l'attachement de l'autre. Il suffit de lui demander de se faire tatouer son prénom. Pas fou on lui laisse le choix total de l'endroit où sera gravé ce tatouage... Je vous garantis l'efficacité d'une telle demande. On le vérifie de suite, c'est imparable... D'ailleurs...
L'an passé, je ne suis sorti avec aucun mannequin italien, ni anglais, ni russe, ni letton, ni bulgare, ni auvergnat, ni melunais et pas même avec une garagiste hongroise mais je m'en suis  à chaque fois très bien remis...
L'année finie, je ne me suis jamais demandé ce qu'étaient devenus les frères Malet qu'on ne vayait plus depuis bien longtemps au cinéma... Mais si, les frères Malet. Pierre et Laurent.
En 2013, je ne me suis pas baigné des journées entières dans un lagon turquoise et chaud, je n'ai donc pas nagé parmi des poissons de coraux multicolores aux formes toutes aussi étranges que merveilleuses et donc je ne me suis pas abîmé la bouche avec le caoutchouc dégueulasse de l'embout d'un tuba... Mais, je l'ai bien regretté!
L'année passée, grâce à Dieu, je n'ai pas fêté mes quarante ans et ça m'a  arrangé parce que si je me souviens, j'ai détesté avoir quarante ans.
L'an qui vient de se finir, je n'ai perdu aucun être cher mais en revanche j'ai des amis qui en ont perdu et ça c'est une immense douleur.
L'année passée, j'ai volé. Pas comme certains, non... Une fin d'après midi nuageuse, je me suis retrouvé au dessus du Lac d'Annecy, avec un Sylvain accroché dans le dos et un rectangle de toile au-dessus de la tête certes, mais j'ai volé les gars, j'ai volé. A défaut de Rémo, merci Rémi.
En 2013, je n'ai pas eu à voter pour un candidat louche sur les bords mais c'est un peu normal, il n'y a pas eu d'élection.
En 2013, je n'ai pas mis UNE SEULE fois un imperméable en Bretagne ni les pieds du reste.
En 2013, j'ai embrassé un bébé fille pour la première fois jour pour jour comme il y a vingt huit ans... Déjà.

L'année dernière je me suis vite vite retrouvé en Décembre. J'espère que cette année il en sera autrement...



21 juillet 2013

Coude chaud...


Début de chaud, ce matin au marché, sans jouer les casses coudes j’en ai pincé des narines pour un Saint Nectaire de chez Bert et Tal qui, à vue de prix, allait me coûter un bras. Mais comme il m’a semblé un poil mou du genou je me suis rabattu, la main leste, sur un rock fort endiablé qui ne lui arrivait pas à la cheville question tarif. Une heure après, nous serions, lui et moi en tête à tête, je m’en léchais déjà les haut et les… babines. Pour l’accompagner, je ne me moucherai pas du poignet ce sera un petit blanc sec, symbole faisant le pied de grue dans la cave depuis belle lurette et attendant l'ouverture (Ce qui pour un faisan...) Alors, dans le fin fond, de l'étalage, j’aperçois une boule noire. Je demande : Quoi c’est çui là ? (On est en vacances le laisser aller bat son plein des sens).
___ Oulah ! On nous en rebat les oreilles, de ce fromage là, c’est Inca, ment Bert...
___ C'est laid ment Tal!
___ Inca ? Non ! J’en veux, j’en veux ! Deux dis-je. Deux ? Une paire donc ? D’ac gobe Bert qui comme d’hab m’a fait payer un peu à la tête du client.
L’affaire était pliée. Tal itou. J’avais le cœur en fête. J’allais me régaler d’un soit disant péruvien de brebis.
Je suis rentré le cœur en fête, mes achats en poche… Tant pis, je jetterai la veste… En passant devant l’étal du volailler, j’en ai vu qui m’ont tenté. J’en ai acquis une douzaine, d’eux. Avec l’oseille du jardin, oui je n’en ai pas à la banque mais plein la pelouse, ce sera parfait que je me suis dit. Une petite omelette n’a jamais fait de mal à personne. Sur le retour, j’ai croisé Hans, dans son hamac, il se bat l'Hans… Et habite au troisième. Il a un bon appart dit-il. Hans est un allemand qui ne vient qu’en Juillet mais à quarante. Quand on les voyait on savait que c’était l’été.
Que fais-tu là ? Tu vaques Hans ?
En parlant de ça, si tu en prenais toi aussi, m’a dit sa femme, une jolie slovaque à Hans, donc…
Et tu vas faire quoi de ces semaines ?
J’hésite encore… Repasser la nappe au Léon ? Un stage de théâtre No à Vichy, un de piano chez Bocuse, un de violon à la santé ou de violoncelle à Guérande, voire un de macramé à brûle pourpoint, faire un passage dans un stage de massage? Je vais voir…
Une Peugeot teuton comme celle où déambule Hans... Ne l’ai pas entendue arriver…
Ils étaient deux, eux aussi, en bouses blanches de jolies peaux de vache, immaculées. Comme moi.
Direction Ton favet et Molette l'infirmière.
Droit devant.
Comme en vélo: quinze jours de pilules à profusion avec l'amie Molette.
Râpé pour la luxure.

Là-bas, ils m'ont accueilli d'un gouda Fternoon du plus bel effet...



15 août 2012

Etoiles à matelas.

Il aimait la mi Aout, et pas seulement à cause des chats...
Oui, hé bien on peut se permettre, après tout...
Ces quelques jours, autour du quinze, lui donnaient l'occasion de penser un peu plus fort à sa Marie. Il aimait ce moment bascule. Cet équinoxe où les marées grandissent, où le temps varie, où l'humeur change. Cette période entre deux où jusque la lumière se transforme. Les matins, à cause de la fraîcheur revenue, elle redevient tranchante comme un couteau électrique. Le jour elle est toujours ouateuse, voilée, pesante de chaleur. C'est  encore l'été, presque déjà la rentrée, encore les vacances, plus tout à fait elles. Quelques jours en équilibre entre deux périodes comme un ciel  de nuages qui ne saurait pas s'il va pleuvoir, comme un enfant triste qui hésiterait à pleurer.
Il aimait surtout les nuits de ce temps là à cause des étoiles filantes. Cette période de quelques heures où le ciel tombait en pluie sur nos têtes. L'incroyable spectacle de ces trainées lumineuses fugitives qui fendaient le noir en l'illuminant.
Le soir venu, après avoir maudit comme ils le méritent les deux lampadaires de la rue qui le privaient d'une grande partie de la Voie Lactée, il s'installait dans le jardin peu après le débarquement des trois chauves souris qui venaient y chasser après avoir glandé la tête à l'envers toute la sainte journée. Le jour n'étant pas encore tout à fait éteint, il se régalait de leurs vols énervés et du bruit que faisaient leurs ailes en s'agitant. Un petit couinement audible à condition de bien tendre l'oreille.
Il avait trouvé pour ça le truc idéal: Héspéride, une chaise longue deux places de chez Toilinux sur laquelle il posait un matelas fin acheté en soldes chez Ikéa. En cas, très rare de fraîcheur nocturne, il se glissait sous une couette d'été qui le protégeait du froid. Il pouvait lui arriver de s'y endormir jusqu'au petit jour tonitruant.  Allongé là-dessus, paré dans cet équipage, le roi n'était pas son demi-frère.
Une bouteille qui pouvait être d'eau minérale, ou autre, à portée de main et, ces deux ou trois nuits là, le show ne tardait pas à débuter. Un vrai feu d'artifice mais il fallait être attentif, ça  descendait de partout sans prévenir. A cause des lampadaires, il perdait un bon quart de la voute. Il allait écrire au maire pour lui demander de bien vouloir les éteindre vers la mi-nuit que l'entier du ciel soit, à nouveau, accessible aux regards. Ou s'acheter une petite carabine à plombs...
Comme les flèches de feu passaient à toutes vitesses, certaines traces duraient parfois des secondes entières, certaines autres n'étaient que des points lumineux vite éteints. Certaines se succédaient à la file et toutes étaient des merveilles. Une douche de lumières.
Ce soir là, il s'était muni d'une bouteille de vodka à l'herbe de bison.
A spectacle de feu, boisson d'incendie s'était-il dit. Il l'avait sortie du congélateur ce qui lui donnait une consistance presque sirupeuse sans altérer la puissance de feu et, entre deux lances il s'en versait une gentille rasade dans  un petit verre en cristal. Il faut respecter le produit, disait-il.
Autant dire qu'après une demi heure, il s'est sentit tout à fait parfaitement bien.
C'est là que c'est arrivé. Il venait de reposer la bouteille dans l'herbe, il levait la tête pour faire descendre, une filante a démarré sa course juste à l'aplomb de sa couche, pile au dessus de lui sauf qu'elle ne s'est pas éteinte et une vingtaine de secondes après, c'est un point rougi incandescent gros comme un bouchon de liège qui, dans un tchoumpf assourdi est tombé dans la pelouse incrédule, à deux mètres de lui. Il n'a pas eu le temps d'esquisser le moindre geste de défense. Il n'en revenait pas. Des milliards et des milliards de kilomètres pour arriver là à un bras. Il aurait pu la prendre en pleine poire. Il a reçu ça pour un signe. Un signe du Ciel.
Pas de doute possible, On lui envoyait un briquet céleste! C'eût été lui faire injure, au Ciel que de l'ignorer, de ne pas s'en servir, de le laisser là, rougir dans l'herbe inutile. Il s'est levé, il a filé, lui aussi, mais lui n'était pas une lumière, vers la maison, il est monté en quatrième dans son bureau a attrapé le paquet de cigarettes qui y trainait depuis quatre ans cinq mois, six jours, douze heures et vingt deux minutes. Il en a sorti la dernière survivante, celle qu'il n'avait pas allumée, celle qu'il gardait pour le dernier souffle, il se l'est collée au coin de la bouche comme il aimait à le faire au temps où il n'avait pas peur du cancer, il est redescendu à fond dans le jardin...
Plus rien de visible, le point rouge s'était éteint.
Il ne restait dans la pelouse qu'un vague petit trou et un cercle d'herbes brûlées. Après avoir écrabouillé la cigarette entre ses doigts, il a jeté ce qu'il en restait par dessus la haie. 
Quels que soient les efforts du Ciel, ce n'est pas encore ce soir qu'il se remettrait à fumer, il a pensé.



Image Rémi Cottard.

19 juin 2012

Enfin!

Une belle semaine qui démarre. J’ai pensé avoir trouvé, hier, la solution à certains de mes soucis. Voire tous. Elle avait la forme d’une petite carte de visite glissée dans ma boîte à lettres. 
Je vous transcrits fidèlement son contenu, on ne sait jamais, vous pourriez être intéressés :

Professeur SAMBA KESS

Marabout africain. Grand médium. Voyant SERIEUX.
Don de naissance. Résout tous vos problèmes : amour, chance, succès, examen, retour de la personne que vous aimez, impuissance sexuelle, protection contre les dangers de  la nature et les ennemis, désenvoûtement, attraction de la clientèle pour vendeurs. Guérit les maladies INCONNUES, réussite dans TOUS les domaines, même les cas les plus désespérés grâce aux secrets et à l’efficacité de sa préparation. Résultats immédiats et surprenants.

Reçoit tous les jours de 9h à 21h sur rendez-vous.
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FACILITES DE PAIEMENT.
04 32 76 .. ..  O6  42 04 .. ..



(Je vous les envoie si vous  me les demandez). Oui, bien entendu, gratuitement.
Comme il n’y avait rien contre les hernies discales, je n’ai pas encore appelé…
Mais au fait, j'y pense... C'est une reconversion possible, non?

Professeur Chri...
Marabout  de ficelle...


09 septembre 2010

Je me demande…

Je me demande si je  dois faire mettre un pull dans mon sac de voyage pour Martha’s Vineyard...
Les soirées sont-elles fraîches à cette époque de l’année ou bien, peut-on encore rester sur la plage quelques moments après le coucher du soleil? Quelqu'un peut me dire?  Qu'on me dise, vite. Y-a-t-il moyen d'avoir oui ou non cette information? J’ai fait appeler Franck,  Franck Lesseigne, pour qu'on lui demande, mais il n’a pas su  me répondre.  Lesseigne, les casinos... Il est vrai que lui ne jure plus que par les Bahamas… Depuis son escapade à Nassau via le Luxembourg, voilà trois ans, juste après la présidentielle, il y retourne plusieurs fois chaque année. Dès que la pression se fait un peu trop forte, dès qu’il ressent un léger coup de moins bien, dès que ses soucis l’envahissent, il prend un vol de nuit et va passer une semaine dans une magnifique résidence que lui prêtent les Belcour… Se ressourcer? Revenir plus fort dit-il. Belcour, les hypermarchés low-cost... Les "challenges" à relever sont désormais si ardus, la lutte si féroce, la compétition  si acharnée qu’il vaut mieux être  aux taquets. C'est qu'il nous en faut des repas, des après-midis de travail à Saint Nom La Bretêche ou au Pré Catelan pour arriver à nous entendre... Même si nous avons des appuis certains, les combats sont si âpres, la vie si... rude...  Et tous ces gens qui nous en veulent d'avoir de l'argent. Est-ce de notre faute si nous sommes nés le cul plongé  dans le beurre? Et puis, qu'ils sont assommants, ils n'ont qu'à faire comme nous au lieu de se plaindre: En gagner, pardi! Plus on est de riches, plus on est de riches, voilà tout!
Ah! Mon Dieu que vous me faites rire! Mais si… les Belcour qui ont cet hôtel particulier si kitsch… Les Belcour, enfin vous savez bien… Le grand chalet de Gstaad… Ces gens si drôles qui vivent en grand une majeure partie de l'année  au Luxembourg… Les Belcour, ce couple si charmant, si glamour, Florence Belcour, dont le fils a épousé l’an passé la fille de l'électroménager… Cette femme merveilleusement belle encore, qui s'est acheté un chirurgien esthétique, rien que pour elle... Belcour, enfin voyons… Leur fête annuelle... quand ils réservent tout Bagatelle...
Vous savez que vous m’inquiétez très chère. Si j’osais, je dirais que parfois vous me donnez l'impression d'égarer la boule! Vous vous mettez à ressembler à cette pauvre Liliane dont une certaine presse nous rebat les oreilles, au lieu de vanter les mérites de nos dirigeants face à la mondiale crise qui s'abat sur nos fortunes... Mais si, Liliane B.… Vous savez bien?
Du reste, en en parlant, je me demande si elle n’a pas une maison, elle aussi à Martha’s vineyard… Elle en a tellement! Elle ne se souvenait même plus qu’elle avait une île quelque part aux Seychelles! Vous devriez l’appeler de ma part, elle n’y va peut-être pas en cette saison, mais elle doit savoir, elle, si il faut un pull ou pas, le soir…

 Se souvient-elle, seulement, de la température qu’il fait sur la plage à Martha’s Vineyard, le soir, après le coucher du soleil, en Septembre… Sait-elle encore s'il y a une plage, là-bas?
Se souvient-elle de ce qu’est septembre?
Est-elle capable de dire qui elle est, elle?
Triste Liliane, que sa colossale fortune n'a pas empêché de devenir une petite chose fragile alors que tourne en planant au-dessus du cadavre, bientôt froid, de sa splendeur passée, une escadrille de vautours, attirée par les effluves des valises d'euros à grappiller ça ou là.
Pauvre vieille dame, finalement...
J’espère pour elle, qu’à certains moments de certains jours, elle se rappelle qu’il lui est arrivé d’avoir reçu et donné des baisers dans le cou, allongée  avec un amoureux, sur le sable encore chaud de la plage de Martha’s Vineyard…

Ciel de Septembre 015

07 septembre 2010

Congelée.

C’est au troisième appel en une demi-heure que  j’ai été débordé par une éruption de colère, un Krakatoa de rougne, un Stromboli de rage.
J'explique: Cette année, certains midis, je peux rentrer chez moi pour souffler entre deux demi-journées. Les années précédentes, j’étais obligé de rester sur place, d’aller m’offrir  un sale sandwich à l’hyper du coin et de me l’engouffrer dans la voiture, à même le parking… Je ne vous dis pas les désagréables sentiments qui ne manquaient pas de m’étreindre et de me serrer le coeur. A chaque fois. Heureusement, il y avait, à cette heure, à la radio, un humoriste qui m’ouvrait une porte sur un monde moins glauque et qui faisait passer gentiment la pilule. Evidemment, ils se sont débrouillés pour le virer et donc fini de rire le midi. Mais, en compensation, le destin m’a autorisé à rentrer chez moi.
J'y mets la musique à fond et je souffle comme on me l’a bien appris. En inspirant très fort et en soufflant très profondément. Surtout en me débarrassant des chaussures que je n’ai pas remises depuis deux mois et qui me boudinent les pieds comme une cagoule la tête  d'un soldat du GIGN. La musique dans le rouge, je me sers un verre d’eau minérale gazeuse glacée et un fruit allongé sur le canapé fait l’affaire. (Ce n’est pas le fruit qui s’allonge, bien sur).
Je me détends. Je récupère des forces éparpillées dans l’âpre bataille sans merci du matin.
J’avais oublié le téléphone fixe. J’avais oublié combien on peut être harcelé dès qu’on est chez soi. Comme je n’y étais jamais, je ne savais même pas que c’était possible d’être comment dire? Emmerdé à ce point?
Je sais bien, il faut que tout le monde mange et que chacun puisse bosser. Mais de là à faire chier les gens avec insistance, il y a une marge. Non?
Je me suis levé plusieurs fois comme la veille et l’avant veille. J’ai éconduit civilement, aimablement les personnes qui voulaient me fourguer à crédit, des baies vitrées révolutionnaires, un traitement anti-termites génial, un nouvel adoucisseur d’eau incroyable, une chaudière à gaz rêvée, et deux, trois autres trucs que je n’avais pas les moyens de payer mais on s’en fout, mon pauvre monsieur, on vous avance l’argent vous n’avez rien à faire, vous paierez plus tard… Je n’ai besoin de rien Madame, Monsieur, je vous jure… Si, un jour, par malheur, quelque chose me manque,  je penserais à vous, je vous appellerais en premier, promis, juré, allez au-revoir, sans rancune aucune…
A chaque fois, se lever, faire le trajet, se calmer, décrocher et répondre le plus sereinement possible en contenant l’humeur qui bout à l’intérieur.
Jusqu’à l’éruption due à la troisième sonnerie du jour.
J’étais en haut. J’ai cavalé comme pour les deux premières, j’ai manqué de me vautrer dans les escaliers. J’ai décroché. Un voix suave:
Bonjour Monsieur Collard, Sonia, de la société Agrigel, à l’appareil… Pourrais-je parler à Madame Collard s’il vous plait?
(Oh toi, Sonia, déjà tu me fais tout lâcher, mais en plus c'est pour ne PAS me parler? Je te déteste encore plus que tous  tes autres collègues!) Je laisse un long blanc. Elle reprend son baratin appris par cœur:
Monsieur Collard, Sonia de la Société Agrigel… Pourrais je parler à Madame Collard, s’il vous plait?
Ah là, là je la tenais, enfin, ma terrible vengeance, elle allait voir ce qu'elle allait entendre.  J'étais remonté comme un sherpa.
Je lui ai envoyé dans un souffle sépulcral:
Madame Collard ne pourra pas vous répondre… on l’enterre demain… elle est morte avant-hier. Vous comptez venir à la cérémonie, mademoiselle Agrigel?
J'ai laissé, alors planer un silence infini.
Puis: Sonia? Sonia? Où êtes vous? Le bec cloué, la Sonia. Elle fera p'têtre un peu moins sa maline avec mon numéro de téléphone Mam'selle Agrigel...

Villeneuve d'Aveyron 018

29 août 2010

Les tourtereaux.

Ils commençaient à m’agacer velu velu les deux tourtereaux.
Une large demi-heure qu’ils se bectaient la bouche sans trop respirer, tu parles d'un entrainement à l’apnée! Deux Mayols en puissance, ces deux là. Et quand, par hasard, ils se détachaient quelques secondes pour  reprendre leurs souffles, récupérer un peu d'air frais,  c’était pour mieux se manger des yeux!
Une vraie paire de cannibales, oui. 
Je les ai regardé faire tout le temps qu’a duré leur indécent petit manège. Ils étaient seuls sur terre, ma parole! Et vas-y que je plonge mes yeux dans les tiens, et vas-y que je te regarde langoureusement et vas-y que je te caresse la nuque… Oh les malfaisants, les indignes…
Et vas-y que je prends soin de toi en te couvrant les épaules de ma veste. Et puis quoi, encore? Une main dans les cheveux tant qu’on y est? Tout juste. Une caresse sur le haut de la jambe? Pourquoi pas? Ben voyons. Ne reculons devant rien! Allons-y gaiment, tendrement... amoureusement...
Tant de prévenance, de sucrerie mièvre, d’attention, de bienveillance… Beurk. J’étais à deux doigts de rendre. Le cœur, moi, c'est au bord des lèvres que je l'avais...
Et leurs phalanges qui s'y mettaient quand les langues se reposaient: Un gentil petit tricot des familles... Un doigt à l’envers un doigt à l’endroit… Voilà que l'amour  faisait d'eux, ce qu'en son temps, il avait fait de nous: de misérables dentelières cannibales...
Heureusement, j’étais assez loin et je ne pouvais pas entendre les niaiseries qu’ils devaient se débiter à l'oreille… Les tombereaux de mélasse niaiseuse qu’ils  ne devaient pas manquer de s'échanger à voix basse, Les promesses gourmandes qu’ils devaient se sermenter, sur nos têtes, si ça se trouve... Par bonheur, il n'y avait aucun écho de leurs indigestes  et répugnantes roucoulades…  Escrocs! Dealers de sirop! Pauvre de nous! Qu'avions nous fait pour mériter ça? Pour quels pêchés étions nous en train de payer le prix le plus fort en les regardant faire!
Aucune pudeur, aucune retenue, juste deux êtres humains en fusion, liquides. Au beau milieu d’un square public! Avec tous ces enfants qui jouaient autour d’eux… Une honte!
Qu’ils soient jeunes et beaux n’arrangeait pas leurs affaires…
Qu’en agissant ainsi, ils accentuent le poids d’un sentiment vaguement pesant de solitude passagère n’allégeait pas non plus leur dossier!
C’est quand il a posé délicatement sa main, comme un ébéniste pose la sienne sur une marqueterie fine,  sur son ventre à elle, que je me suis aperçu que  ce dernier commençait à bomber légèrement...
Là, d'un coup, d'un seul, j’ai fondu, absolument…
C’était donc ça, ces regards éperdus? Ah! Mais ça change tout, Messieurs, Mesdames! Aux fraises les sarcasmes et la mauvaise foi! Balayé jusqu'aux calendes l'agacement! Au pilon les moqueries douteuses!

Dieu, qu’ils étaient beaux, dans ce square, ces… trois là…

aout2010 011

02 janvier 2010

Une soirée d’enfer…

Tout avait pourtant commencé sous les meilleurs auspices (l'arrivée imminente de deux mille dix?). Chacun y avait mis du sien. Au tout début, tous avaient, déjà, accepté le principe général et ça, rien que ça, était une avancée. Ce simple évènement n’était pas gagné d’avance… Ils auraient été très peu à parier sur la réussite de l’entreprise. On savait bien que les haines les plus tenaces c’est au cœur même des familles qu’elles se terrent. Les gens se connaissaient trop bien… Les amours profondes ne sont qu'à un geste ou une parole des plus féroces rancunes. Il y a une feuille de papier à cigarette entre l'adoration et le massacre. Il suffisait d'ouvrir les bouquins d'histoire ou même les journaux pour le confirmer tous les jours...
Elle, voilà déjà une année entière qu’elle essayait de rendre cette réunion possible, une année de tractations, de négociations, un an complet qu’elle étalait du baume du tigre sur les blessures et qu'elle essayait en massant de réduire la taille des cicatrices.
Et là, cette fois, nous y étions, enfin…
Elle avait bossé toute la journée pour décorer la maison, préparer le repas… Dites hé bien sûr que je lui avais filé un coup de main, vous me prenez pour qui ? Elle avait levé le pouce vers les cinq heures et s’était fait couler un bain chaud. Elle s’était accordé une heure au calme, avec des bougies allumées sur le rebord de la baignoire comme elle avait lu dans ce magazine un peu gnan gnan pour les jeunes filles modernes…(Magazine qui soit dit en passant n'avait pas entendu parler ni de Copenhague, ni d'économies d'eau potable...) Quoi, moi ? J’ai continué, en bas, à surveiller, voir si tout se passait bien en cuisine mais surtout dans le four et ensuite, j’ai pris une douche, vite fait… En toute fin, en les attendant, sagement installés dans les canapés, (pas ceux au saumon, ne faites pas les malins…), on a descendu gentiment quelques flutes, dans l’encore calme de la baraque. On a même sifflé une bouteille entière, si vous voulez savoir! On s’est rappelé en s'amusant que le dernier repas qu’on avait pris tous ensemble datait quand même du changement de millénaire… Une paille… C’est dire si la brouille avait été épaisse. Il faut dire que le chalet qu’on avait loué, ce soir là, gardait encore aujourd'hui, des traces de cette maudite soirée… Ce début d’incendie sur la façade… Cette vague noirceur aux abords du toit… Ces deux arbres morts dans un jardin dévasté... Finalement, dix ans après on en était venu à sourire. Mais ça resterait entre nous, pas question d’en parler ce soir. Pas question de réveiller les vieux démons, pas question d'attiser les vieilles braises…
Ils étaient tous bien arrivés aux heures à peu près annoncées, aucun n’avait décidé de mettre le bazar avec des horaires improvisés et fantaisistes. Ça faisait UNE année qu’elle se préparait cette fête. Ça n’avait pas été facile à organiser, j’ai autant aimé le dire, de suite...
Comme on pouvait malheureusement le craindre un petit peu, la hache de guerre est vite sortie de dessous la pelouse et le calumet a plongé dans le trou ainsi ouvert! En vrai, les armes se sont mises à causer dès l’ouverture de la porte : L’une a dit, faussement admirative, vaguement moqueuse, dans sa moustache mal épilée: « Une jolie tenue de soirée, en plus… » il a été entendu : « Elle l’a sortie des surplus d’Emmaus… » Et voilà, l’ambiance fût d’un coup, aussi plombée qu’une incisive noircie… Plus rien de ce qui était entendu ne l’était comme c’était dit et la méfiance avait viré avec grand fracas la bienveillance de la pièce et même de l’appartement. Il se dit que l’immeuble entier en a été touché. Quand l’autre couillon après avoir trempé ses lèvres dans la flute m’avait demandé dans un vilain rictus si, par ici, la mode était au champagne chaud, j’avais failli lui envoyer le magnum dans la figure et puis je m’étais dit que je ne le ferai que quand il serait vide… Son: "J'plaisante!" juste derrière ne m'avait fait sourire qu'à minima. Il faisait partie, ce galeux invité, de cette cohorte assez nombreuse de hyènes qui vous envoient un méchant coup de serpe aux jugulaires et tout de suite après le modèrent d'un: " Je rigole!" qu'ils souhaiteraient apaisant... Chiens que vous êtes, aucun pardon possible, le mal EST fait!
J’avais servi les autres flutes sans en ajouter davantage mais en serrant bien fort les deux mâchoires l'une contre l'autre. Autant pour me taire que pour me calmer…
Dans la pièce désormais sous haute tension, le silence était de plomb et les sourires crispés. Il n’y avait que nous deux qui rigolions bien franchement… On avait pris un peu d’avance dans le vidage des coupes… Au bout d’une demi-heure, bizarement, alors que l'ambiance était polaire, la température avait monté de plusieurs thermomètres… Et les vérités bonnes à taire ont commencé à voleter dans le séjour… Au début ça faisait des petits bruits doucets quand elles tombaient sur la tête de l’un ou l’autre. Un peu comme des fientes de pigeons vous atterrissent sur les épaules à la sortie des églises et font sourire les voisins... Et puis ça s’est mis à faire un boucan de tous les diables. Chacun en prenait pour son grade… Il faut comprendre aussi : personne ne s’était parlé pendant ces dix années… Forcément, la rancune, ça s’accumule… Alors, quand, soudain, le barrage cède, tout fiche le camp. Et c'est la bienséance qui est emportée en premier, vous pouvez me croire…
C’est quand l’autre gros crétin de Robert, un futur ex-beau frère, mais qui ne le savait pas encore, plombier, mari de Jeanine, cette imbécile de cousine, méchante comme une armée de teignes, a éclaté avec un marteau la baie vitrée du four pour en sortir la dinde et faire mine de la balancer sur cet idiot de Paul que ça a commencé à dégénérer pour de bon… Tout le monde s'est mis à hurler. Paul a tiré sur la nappe pour s'en faire une toge, que son costume ne soit pas tâché, Jeanine était agrippée, d'une main aux faux cheveux du Robert de l'autre à un de ses deux yeux et lui hurlait de lâcher la dinde..." On ne touche pas à la nourriture, on ne joue pas avec les dindes! (pathétique!). Josiane, elle, après avoir arraché les guirlandes autour du Nordmann, s'en prenait à ses boules. Elle les détachait une à une et visait chaque tête qui passait à sa main. Elle était habile, la mauvaise... Les quelques enfants qui étaient là avant de s'y mettre, eux aussi en trépignant et sautant sur place, regardaient le spectacle affligeant de ces adultes arriérés, un tantinet médusés. Bref, je vous laisse imaginer le tableau... Jamais convive n'avait si bien porté son nom... Un enfer sur terre, au quatrième... Ce n'est que bien plus tard, dans leurs voitures, en constatant leurs ecchymoses, qu'ils se sont dit: "On ne leur a même pas souhaité une bonne année, à tous ces cons..."
Une seule information, au milieu de cette générale mêlée, humains que nous étions, pour ce qui était de la haine et de la bêtise, personne n'avait trop vieilli en dix ans... Pour l'intelligence, la bienveillance et la paix, il nous faudra encore attendre, un peu. 
Un millénaire ou deux...

Billes rouges 3

20 décembre 2009

L'espère luette...

Certains soirs de mauvaise mine, de cœur cogné, de vent debout, ces soirs de mers croisées, tabassé dans des treizièmes ronchonnants, laminé par le fond... Bref, lors de ces méchants moments sous de moches dépressions poussées par des vents d'Ouest bousculant, il m’arrive, venues de je-ne-sais-quel hémisphère, de gais désirs d’esperluettes souriantes et soyeuses...
De celles qu’on trouve encore entre Roméro & Julirette, l'index & la zapette, un avocat & la vinaigrette, le bœuf & la palette, l'escarre & Paulette*, la pêche & la crevette, Bobo & Bobette, eux & la poulette, les bijoux & la mallette, Delpech & Laurette, une mèche & sa barette, l’endive & la roquette, le bourgogne & la topette, Galipo & les galipettes, les crêpes & Suzette, des fesses & la banquette, Alain & ses jupettes, l'or & Odette, Riva & la vedette, Sam Spade & Hammett, Ariane & la tempête, Toulon & La Valette, l'odeur & la tinette, la petite fille & la dinette, la laitue & sa cagette, La Savoie & la tartiflette, Marne & la coquette, le courtisan & la carpette, Troyes & l'andouillette, le zizi & la bistouquette, l'apéro & les cacahuètes, la boule & le coup de tête, les tapis rouges & les starlettes, un crâne & sa gapette, Coluche & les salopettes; Clo-Clo & les Claudettes, les cow-boys & Pat Garett, le moulin & la galette, la piscine & les claquettes, le mitron & sa baguette, un comptable & sa calculette, William & Hamlet, la Suisse & la raclette, mon oncle & sa bicyclette, Toulouse & les violettes, les cartes & la crapette, Marseille & la Joliette, l'ami & la molette, le fuscia & la mauviette, les grands crus & les piquettes, les serpents & les sornettes, le cancer & la cigarette, Claudine & Colette, le désert & Tamanrasset, les cakous & les gourmettes, l'armée & la grande muette, l'amer & les crevettes, les moutons & la moquette, le veau & les paupiettes, le sommeil & la couette, le gratin & les courgettes, la sentinelle & l'échauguette, Davy & Crockett, l'huile & la burette, Elvis & les rouflaquettes, le moine & la sandalette, la soul & Wilson Pickett, le homard & la mobylette, la mouche & la tapette, les œufs & l'omelette, Bruno & Carette, l'Espagne & les castagnettes, les cotillons & les défaites, l'autre & ses talonnettes, le moral & le fond des chaussettes...
Mais aussi entre:
Le désir & le saxo,
Le rhum & le cerveau,
Le cheval & le sabot,
Le casque & la moto,
Arlette & Chabot.
Le silence & le carme,
L’oignon & les larmes,
Souchon & le charme,
La tranche & le Parme,
Le sang & les armes.
Le quatorze & le pétard,
La ruse & le renard,
Alchor & Mizar,
Melchior & Gaspar,
L’étoile & Balthazar.
Le caillou & le ricochet,
Santiago & Pinochet,
Les gravats & le trebuchet,
La chute & le parapet,
La paix & le calumet.
Bernard & le toupet.
L'allumeur & le lampadaire
Zadig & le vieux Voltaire,
Les poux & l’Abbé Pierre,
Le crédit & le révolver.
Cambrai & les bêtises,
Un soupir & Venise,
Trousse & les chemises,
Liliane & les valises,
Le bluff & les mises.
Le dessert & la plonge,
La politique & le mensonge,
Tes promesses & mon songe,
La vérité & Bébé Donge,
Les flans & l’éponge.
La Seine & Paris
Frankie & Johnny,
Un broc & au lit,
Une reine & le parapluie,
Vanessa & le paradis.
Le cheveu & le chignon,
Les semelles & le paillasson,
Une seringue & un hérisson,
Une selle & son canasson
Les mains & les...
Et un bocal & ses cornichons…
Ah… une bluette joliette, doucette... au piment d'Esperluette...

Les lavabos
* Merci Slev...

06 août 2009

Cancans…

Quand on a affaire à des crétins, on le devient assez vite. (Cela ne se vérifie pas pour l'intelligence, malheureusement).

Quand on n’a rien à dire, on peut se taire… C’est aussi bien.

Quand on se prend pour ce qu’on n’est pas, on se trompe.

Quand la bécasse surgit, la cécasse n’est pas loin.

Quand on n’est pas une lumière, on ne risque pas d’avoir des ampoules.

Quand on se regarde le nombril, on peut avoir des surprises.

Quand on est condescendant, on arrive plus vite au bas d’un escalier.

Quand on ne recule devant rien, on n’avance pas non plus.

Quand tonne l’orage, l’éclair scie.

Quand il haine, l’ange est gelé.

Quand on pense à Fernande, on peut ne pas penser à Félicie.

Quand un député d’Orange pense, l’intelligence ne fait pas un zeste.

Quand le papparazzi traque, la mama razzi trinque.

Quand la glace fond on s’en met plein les doigts… et la chemise.

Quand on dit du mal de son voisin, on évite d’en dire de soi.

Quand il noircit le tableau, le mono chrome.

Quand on a mal aux dents, c'est la douleur qui a raison...
Quand la flèche frappe le coeur de la cible, c'est la cible qui est bien placée.
Quand le python déneige, le printemps n’est pas loin.
Quand la girafe a un torticolis l’ostéopathe sort son échelle.
Quand l’antilope se blesse, le pourlope sourit.
Quand le lion rugit dans la savane, la fourmi s’en moque.
Quand le vent souffle, le moustique a du mal à piquer.
Quand le crocodile fait des cauchemars, il rêve de sacs à mains.
Quand le bison court dans la plaine, l’unison se repose.
Quand l’abeille pique, la bébeille est joyeuse.
Quand on navigue à vue on a intérêt à avoir dix dix.
Quand on marche sur l’eau il faut savoir où sécher ses chaussettes.
Quand on a le moral à zéro on a le cœur gelé.

Quand on dit n'importe quoi, c'est celui qui écoute qui parle.

Quand on veut noyer son chien on décide qu’il sait nager.
Quand on n’a peur de rien son espérance de vie diminue.
Quand on se rit de tout, on peut aussi pleurer pour un rien.
Quand on se donne sans compter on peut être nul en calcul.
Quand on mouille sa chemise on doit avoir prévu de quoi se changer.
Quand le lombric apparaît, le courtbric se cache.
Quand on ratisse large on n’est pas exigeant sur la qualité du ramassage.
Quand la caïmante est à l’eau, la rivière verdit.
Quand on n’a pas froid aux yeux on se gèle les sourcils.
Quand un rat passe, le faucon effraie.
Quand on n’a que l’amour ce n’est pas gagné pour prendre le métro.
Quand on dit « je te veux » on doit ajouter « s’il te plait ».
Quand la mer est d’huile le père a le vin aigre.
Quand on croit en l’avenir c’est qu’on n’a pas encore tenté le coup.

Quand on se botte les fesses on finit par avoir mal au pied.
Quand la rivière est à sec le courant n’est pas bien puissant.
Quand John Wayne se fâche, le fils de John Wayne se cache.
Quand le goéland se gratte le dos, il ne fera pas beau.
Quand le goéland se gratte le cul, il ne fera pas beau non plus.
Quand on veut se détacher on cherche trop souvent à salir.
Quand on ouvre une porte il ne faut pas être surpris du courant d’air.
Quand on débarque à Rome on écrit pas forcément en italique.
Quand on ne sait pas quoi faire, mieux vaut attendre, un peu.
Quand la gazelle bondit, le courant, lui, passe.
Quand on mange un sandwich, on digère mal les grains.
Quand on ne pense à rien, on pense.
Quand les poules auront des dents les moules auront des plumes.
Quand tout est dit, tout reste à dire...

Quand l’œuf vole, le bœuf surveille la pâture.
Quand le vingt est tiré il peut pousser jusqu’au 21.
Quand un éléphant se trompe, ça se voit.
Quand un chasseur s’en va chasser, il peut oublier son rouge à lièvres.
Quand on pense à une merveille, on ne pense pas D’ABORD à soi.
Quand on est vieux on a à oublier davantage qu’un nouveau né.
Quand un éléphant se trompe, ça se voit.
Quand une fourmi rote, ça ne dérange personne.
Quand un éléphant se trompe, ça se voit.
Quand on égare le chien, il devient vite chelui d’un autre.
Quand les serpents sifflent au-dessus de nos têtes, on ne se pose qu’UNE question: Qui sont-ils?
Quand l’amer monte, le sucré s’efface.
Quand un éléphant se trompe, ça se voit.
Quand les chats se prennent pour des mésanges, les rossignols s’en tapent.
Quand la violence est de sortie, le malheur n’est pas loin.
Quand on est persuadé d’une chose, il vaut mieux qu’elle soit vraie.
Quand le boa boit, le mocha trinque.
Quand le chagrin est de sable la machine à vivre s’enraye.
Quand vient la fin de l’été sur la plage... les maîtres nageurs sont au chômage.

Quand il y en a pour un, il n’y en a pas pour douze, treize à table, non merci.
Quand mon cœur se serre, c’est que ta main se desserre.
Quand on a tout bu, tout lu, tout vu, tout su il est temps d’être tout ému.
Quand on fait des jeux de mots, on n’aime pas perdre.
Quand on est flou on évite d’être flurieux.
Quand l’amour est aveugle les caresses se font en braille.
Quand on va au chili on peut ne pas emporter de carnet.
Quand je pense à Fernande... je pense aussi à Georges.
Quand on enfonce des portes ouvertes on se fiche pas mal de la poignée.
Quand un éléphant se trompe, ça se voit.

Quand le rouge est mis, le vert s'impatiente.

Quand on fait de l’alpinisme dans les Pyrénées on peut faire du voilier dans le Perche.
Quand on dit du mal des autres ça n’est pas forcément juste mais ça procure un petit plaisir.
Quand l’imbécile parle, le crétin est jaloux et le stupide envieux.
Quand on sait que c’est pour du mieux, il arrive qu’on s’exécute avec plaisir.
Quand un masochiste croise un sadique, il ne peut qu’être déçu de la rencontre.
Quand les larmes coulent c’est du chagrin qui s’évapore.

Quand on commence à voir un troupeau d' éléphants se tromper, il est temps de baisser le coude...

Porte couleur 1

PS: Quand on a le moral dans les chaussettes, on ne voit pas la vie rosette et nos cœurs sots aussi sont secs.

31 juillet 2009

Les limites...

Certains slogans révèlent leurs limites d'une façon parfois douloureuse…

Celles du “travailler plus pour gagner plus” ont éclaté de manière brûlante le 30 juillet en Corse:

NOUVELOBS.COM | 30.07.2009 | 08:57

Les deux pompiers volontaires, soupçonnés d'avoir provoqué des incendies en Corse, n'auraient agi que par motivation financière, les interventions de nuit étant rémunérées deux fois plus que celles de jour...

CQFD...

29 juillet 2009

Mon malaise à moi....

Elle a basculé dans un autre monde et elle s'en doute à peine. Ce qui est logique puisqu'elle est toute à sa joie, légitime, d'avoir retrouvé son amoureux pratiquement intact.
Mais, mais la bascule est faite.

Qu'elle le veuille ou pas, que ce soit grave ou pas, qu'il y ait des séquelles ou pas, elle a versé dans une autre dimension, en vingt quatre heures, elle est passée dans le monde où on vient chercher "papy" à sa sortie...
Explosé le glamour chic, ratatinée la toute puissance, rabotée l'énergie indomptable, évincé l'infatigable dynamisme, entamée la débauche activiste, hachée menue la débordante fièvre, finie, désormais, l'agitation... agitée.
Voilà venu le temps des ménagements, des précautions, des temps de repos, de la récupération active, des électrocardiogrammes, des: "Pas maintenant, Chouchou, soit, un peu, raisonnable", des: "Pense à ton p'tit coeur fragile mon hérisson d'amour, fais attention, tu n'as plus vingt ans"... Des: "Mais que va penser le médecin, mon coeurounet, il va te gronder si tu n'arrives pas à rester sage, tu le sais?"

Voici venu le temps où les grosses montres ne servent plus seulement à savoir quelle heure il est à Tokio mais à combien de minutes on est de dix huit heures et du repas du soir... Voilà la période du Droleptan, du Nozinan, de la sieste, des sucrettes, des robes de chambre, des coussins sous les pieds, des oreillers en noyaux de cerise, du gonflable pour la nuque, des pantoufles en peau de berger basque, voire...
Bientôt, un des ses fils aura un enfant et lui deviendra... grand-père... Et au grand-père, on chantera une vieille chanson de Piaf:
Tu m'fais tourner la tête,
Mon malaise à moi , c'est toi...

De cette planète là, le trajet est sans retour, on n'en revient pas.
Bienvenue dans le monde réél, m'sieur.

Du coup, je suis allé faire deux heures de bicyclette en pleine chaleur, moi. En espérant en bon papy, mon petit "malaise lypothymique d'effort soutenu". Il n'y a pas de raison.
Si vous voulez venir me chercher, ou juste faire un tour pour m'y apporter des fleurs, c'est Cavaillon l'hôpital d'ici.
Oui, oui, Cavaillon, comme les melons...






23 juillet 2009

Entorses de proverbes.

Il y a beaucoup de pétole entre deux ris.
Il faut battre le fier tant qu’il est chauve
Un indien vaut mieux que Dieu, Tulle l’aura.
Tant va la ruche ado qu’à la fin elle se lasse.
Pliera bien, qui pliera le dernier.
Il ne faut pas tendre l’appeau de Lourdes avant de l’avoir hué.
Le chien boit le quart de havane se tasse.
Qui sème le Vian récolte la trompette.
A bon choix, bon doigt.
A bon crachat, bon rachat.
Tant va la bûche haro qu’à la fin elle s’embrase.
On ne nage pas contre le courant, on s’en sert.
A trop retenir ses larmes, on se noie.
Qui mène me nuise.
Ce n’est pas aux vieux linges qu’on apprend à faire la limace.
On ne parle pas avec une brouette, on la pousse.
Le monde à part, tient à ceux qui s’élèvent haut.
Qui vole un neuf, viole un dix.
Tant va l’autruche à l’eau qu’à la fin elle s’entasse.
Ce qui ne te troue pas te rectifie.
Qui aime Le Havre aime aussi la Manche.
La critique est Thésée mais l’arrêt difficile.
Le corps a ses saisons que l’oraison ne connait pas.

Ce qu’il ne faut pas faire pour se désennuyer, un peu!

Porte peinte

18 juillet 2009

Petite liste de courses...

Je suis parti au grand marché du dimanche matin avec une petite liste de courses ou une liste de petites courses sur laquelle j'avais noté:
Un petit stylo en acier pour écrire d’inoxydables mots d’amour avec.
Un bouquet de fleurs des champs pour une histoire sans vase.
Un bol de riz cuit pour éviter d'être trop cru.
Huit ou neuf enthousiasmes, que le cœur, dissous, s'emballe.
Une topette de vin blanc pour la soif.
Une trinquette, une balancine et un pataras parce qu'à les prononcer on est déjà loin de l'enrade.
Un fromage à pâte molle contre les coups durs.
Une verte salade pour la couleur.
Un bol de Saint Tol pour les douleurs.
Des sachets de dix doux mots d'amour en kit pour les jours de crachin.
Un trente huit juillet pour prolonger l'été d'une semaine.
Une ou cinq poignées d'éclats de rire pour meubler joliment le silence d'une maison vide.
Un cœur en guenilles pour lui tailler un costume et l'habiller pour l'hiver.
Un sourire tous temps pour les jours sans.
Une crique sous-le-vent, comme le creux d'une main, pour un mouillage paisible.
Une boite de mouchoirs sèche larmes pour les jours sang.
Une indignation ou une colère pour ne pas perdre la main.
Un collier de douceur pour entourer sa nuque avec.
Une solitude pour qu'elle le soit moins.
Une poignée de main, juste pour la serrer.
Une verre à côté d'un autre pour qu'ils trinquent.
Dix centimètres carrés de ta peau pour pouvoir y déposer quelques uns de mes baisers.
Un oui vigoureux et fleuri plié en trois dans un sachet de pétales de roses séchés. (En cas de demande en mariage inopinée).
Une peine légère pour qu’elle soit délicatement consolée.
Deux pincées de sel de Guérande pour se les jeter derrière les épaules.
Une paire de mains baladeuses pour égayer de possibles promenades à deux.
Un kilogramme de sable blanc pour avoir toujours sa plage sur soi. (Cinq cent grammes dans chaque poche...).
Un livre qui tombe des mains, qu’il n’empêche pas de regarder le monde et les gens.
Un chagrin latent pour que le bonheur ne soit pas trop envahissant.
Des restes de ton amour, même soldé, même bradé, même au rabais.
Un paysage ouvert, large, généreux et habité pour l'humide des cils et le repos des yeux.
Une source, une fontaine, une eau qui s'écoule pour nettoyer les oreilles des trop attristantes rumeurs du monde.
Tout ce qui n’est pas encore sur cette liste et qui pourrait apaiser les vingt prochaines minutes... ou mieux, les vingt prochaines années...


Bouquet église Lucenay
Ne pas oublier:
Un soupir de rechange pour... après le dernier...

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