A la fin du mois d'Août, dans un accès de confiance, oui, je sais on parle très vite d'excès, mais moi c'était bien dans un accès de confiance, j'ai envoyé un manuscrit à une maison d'éditions parisienne. J'ai choisi les Editions du Dilettante. Je ne me suis pas mouché du coude, la première maison d'édition du court. Holder, Serge Joncour, Sylvie Simon, Anna Gavalda et d'autres. J'aime aussi le format des ouvrages qu'ils publient et les illustrations des couvertures qui en font, toujours, un bel objet.
J'ai reçu la réponse ce jour. Il peut geler. Le mistral peut s'en donner à coeur joie, je n'ai pas besoin de faire rentrer du bois...
Je ne devrais pas avoir froid cet hiver! Un petit mot manuscrit d'une Valérie Thomas du service, justement, des manuscrits. Elle m'écrit:
En privilégiant des
nouvelles très courtes vous donnez le sentiment de textes très inaboutis,
d’ébauches, ne reposant que sur une situation.
Un manque d’ampleur, de
construction narrative, d’enjeux, se fait rapidement sentir.
Sur la forme, l’écriture
manque globalement de personnalité et de saveur pour captiver.
Et tchafk! Dans mon gros nez! Je me demande si je n'aurais pas préféré lire une formule du genre:
Aussi, en attendant les premiers froids que, désormais, je n'ai plus à craindre, grâce à mon joli costume tout neuf, je vais m'en aller descendre quelques verres moi.
Et quand j'aurais dessoulé, je leur enverrai un autre recueil. Ou pas.
Et quand j'aurais dessoulé, je leur enverrai un autre recueil. Ou pas.
Valérie Thomas, cette rose est pour vous...
Je lui ai envoyé ça:
Chère Valérie Thomas,
Je
me suis permis, vers la fin du mois d’Aout, de vous faire parvenir un recueil
de textes dont je suis le coupable : Une trentaine d’eux.
Le
service des manuscrits me l’a retourné, le 1er Octobre avec un petit
mot, trois phrases, écrites de votre main qui disaient :
En privilégiant des
nouvelles très courtes, vous donnez le sentiment de textes très inaboutis,
d’ébauches, ne reposant que sur une situation.
Un manque d’ampleur, de
construction narrative, d’enjeux, d’intrigue, se fait rapidement sentir. Sur la
forme, l’écriture manque globalement de personnalité et de saveur pour
captiver.
Bien sûr, il vaut mieux un
mot justifiant qu’une formule toute prête mais rien ne vous empêche d’être un
peu plus disons délicate. Enfin, il me semble. Je ne conteste nullement que ces
textes ne vous aient pas séduit ni qu’ils aient les défauts que vous leur
attribuez. J’aimerais seulement vous écrire, aujourd’hui que les auteurs
quelles que soient les qualités de leurs textes sont, aussi, des gens sensibles
et que votre motivation de refus pouvait être ressentie comme, pour le moins
très tranchante voire blessante. Je pense que rien ne vous oblige à cette
dureté. Pas même l’expression de votre vérité.
Respectueusement, et
cordialement.
C.C.
PS: En vrai l'enveloppe m'est revenue quelques jours après... J'avais oublié d'écrire l'adresse...
PS: En vrai l'enveloppe m'est revenue quelques jours après... J'avais oublié d'écrire l'adresse...