20 mai 2010

Je serais vous…

Pour fêter le retour, passager(?) des températures douces, la fin provisoire de la colère du vent, les fugitives cerises nouvelles ou bien même, pour ne rien fêter du tout, mais le faire bien, j’appellerais illico mon amoureux, si vous en avez un ou mon amoureuse, si vous en avez une ou bien un ou une bonne amie, avec qui passer une belle soirée n’est pas si effrayant, ou alors votre fils et votre fille préférés, les deux, que vous n'avez pas embrassé depuis trop longtemps et je leur proposerais d’aller manger ensemble ce soir ou demain à L’auberge de Lagnes
Si le temps le permet, s'installer sur la terrasse couverte de voiles blancs,  après avoir fait un détour par le haut du village d’où, le couchant venu, comme en apéritif, on a une vue splendide sur la plaine du début du Lubéron…
Ne me remerciez pas maintenant, vous le ferez après…
Bonne soirée et comme chanterait l'autre qui m'Eicher: "Il n'y en a pas tant..."

verre ds le soleil_edited

18 mai 2010

L'ivre divin.

Le thème de la semaine pour les impromptus littéraires était : Le vin.
Dans le marais poitevin,
où paissent des bovins,
où vivent des tas d’alevins,
c’est vers le dix neuf ou vingt
de mille neuf cent vingt
que l’autre revint
de la ville de Louvain.
Il avait, l’écrivain
lié ses phrases au levain,
à Luther, à Calvin,
au sommet du Cervin,
autant dire aux Quinze Vingts,
en passant par Provins,
avec force pots de vin,
tant sont, là-bas, chauvins,
notables et échevins…
Ah lever le coude en vain,
Puis glisser de ravines en ravins
Et écrire, écrire quoi qu’il advint
Le divin livre du vin.
Ah… dix, vingt fois vin…
Et ces quatre cent coups,
Se les boire... en vain.

Le verre de St arbois

17 mai 2010

Yes!

Le Swans de Mai est paru, j'y ai écrit un truc et il y est en très  flatteuse compagnie!

Une histoire qui s'appelle L'accident vous la trouverez c'est dans le coin français... Il y est question d'un accident, d'un écureuil, et du monde comme il va de traviole! Les trois premières phrases:

Je n'avais rien vu de l'accident. J'en avais juste perçu certains signes. A deux trois bagnoles devant la mienne, le crissement des pneus pendant le coup de frein, le tangage de la voiture sous l'effet du blocage des roues, la fumée sombre sur l'asphalte noirci, le choc, l'effroyable son d'un choc sur une carrosserie et l'arrêt, après une longue glissade, de la bagnole heurtée, en plein travers de la route...
Porte Aix

14 mai 2010

Une droite dure…

Quoi? Qu’a-t-il dit? Est ce que quelqu’un a entendu ce qu’il vient de dire? Personne? Il n’y en a pas un parmi vous qui est capable de me dire ce que ce type vient de dire? Vous l’avez quand même entendu, oui ou non? Ce n’est pas moi qui hallucine? Si? Je ne vous félicite pas! Écoutez moi, écoutez moi tous! Approchez vous! Silence!
On nous amène ce gars hier soir dans un état à peu près désespéré, on réussit dans la nuit à le garder en vie, on le plonge dans un coma profond après ses blessures. Il reste avec nous, il a la politesse de rester avec nous, alors, ce mec, on va le sauver, on va se battre avec lui! Qu’il soit boxeur, cardinal, ou chanteur de charme, peu importe! Aussi, la moindre des choses c’est de faire un peu gaffe à ce qui se passe, je sais bien que vous êtes tous crevés par cette nuit folle mais je vous demande encore un effort! S’il vous plait, s’il reparle à nouveau, que quelqu’un écoute ce qu’il marmonne, cela peut-être important! Prévoyez un bloc à côté de son lit pour noter tous les mots qu’il prononcera! Allez on y retourne! Courage à tous et vigilance!
Et toute l’équipe s’est à nouveau affairée autour du corps allongé. Une carcasse de viande de vingt huit ans, musclée comme un taureau de combat sauvage, tatoué comme un Gabin des bois... Maintenant, des tubes lui sortaient de partout. Pourtant, jusqu’à cette droite dure du quatrième round tout s’était à peu près bien passé pour lui. Il avait contenu les assauts fougueux et répétés de la teigne magyar qu'on lui avait désigné pour adversaire, il l’avait tenue à distance en ne se servant que de son gauche, il n’avait pratiquement pris aucun coup. A part la droite, là qui l’avait atteint à la tempe gauche. L’autre mauvais avait profité d’un dixième de seconde d’inattention, du seul moment du match où il avait jeté un œil dans les gradins du troisième rang, vers une jeune étoile montante du sport national à grosse montre… Et blam les étoiles, les gyrophares, les plafonniers des couloirs d’hôpital et puis, le noir. Noir.
Il avait marmonné une première phrase dans une sorte de demi sommeil vague. Il avait soif, très soif, il avait mal très mal.
Il a de nouveau ouvert la bouche, il a très bien vu, enfin très bien… Il a vu la blondeur de l’infirmière penchée sur lui son oreille près de sa bouche… Il a dit à l’oreille avec difficulté, en butant sur les mots, en retardant leur venue comme s’il avait, en bouche, un trop plein de purée mousline: “Quand les… poules avaleront… des couleuvres… les lan…ternes… auront… des dents”. Puis le silence.
La fille avait tout bien noté.
Vous êtes sûre, Françoise? Vous êtes certaine que c’est ce qu’il a dit? Dans cet ordre? Le grand ponte avait un peu de mal à la croire. La vache, il a fait. Et n’a rien ajouté. Comme il ne savait pas quoi penser de ce qui venait d’entendre, moins il en disait moins on verrait qu’il était perdu. Du moins c’est ce qu’il a cru. Mais tous autour du lit savaient à quoi s’en tenir: La droite dure avait fait des dégâts considérables dans le cerveau de ce pauvre type. Et, dans le même temps ce qu’il se mettait à dire était… amusant.
Sa bouche s’est à nouveau ouverte: “Qui se paye… sa tête... s'avachit...” Fermez le bal. Quelques sourires se sont pointés sur les visages de ceux qui étaient dans la pièce.
Le menton entre les mains, le ponte a laissé tomber: Ça ne s’arrange pas. On le perd, on le perd...
Une autre, une autre, quelqu’un a chantonné. Le boxeur, direct  a envoyé: “ Indien… vaut mieux que… Dieu, Tulle, l’aura.”
Là, plusieurs ont franchement ri et d’autres ont apprécié à haute voix: “Pas mal, celui-là! Bravo, il est en forme, malgré tout, le trépané!”
Il s’était à peine tu qu’il en a sorti une troisième: “On ne... presse qu'aux... friches”.
Ce sont des applaudissements qui ont salué cette sortie. Quelques uns ont même envoyé des SMS dans tout l’hôpital pour rameuter du public et le nombre des spectateurs s’est mis à grandir.  Un petit malin s'est amusé: "Continue, on va en faire un livre!". Ils ont ri de plus belle. Ils se serraient tous autour du lit en attendant la prochaine qui ne tarda pas: “Tant va… l'autruche ado… qu'à la fin elle… s'esclaffe...” Celle-là eut un succès fou, tonnerre d’applaudissements et rires en cascades, côtes tenues, larmes aux yeux.
L'ambiance joyeuse a dégringolé juste après la suivante. A peine prononcée, l’électrocardiogramme du gars est devenu aussi plat qu'une Beauce plate et c’est d'un bip prolongé dont on a entendu la stridence.
Malgré deux bonnes heures de tentatives de réanimation, l'équipe, en nage, a fini par recouvrir le corps d’un drap jaune de l’assistance publique sur lequel , en hommage ultime, le ponte a écrit au feutre noir  la dernière phrase prononcée:
“Pliera bien... qui pliera le... palmier… “
Une seule droite dure avait eu raison du champion.

11 mai 2010

Fausses notes.

Le thème de la semaine pour les impromptus littéraires était “Les notes de musique”:
C’est quand il m’a soutenu que la dernière note que je devais jouer était un fa dièse que la colère qui m’habitait depuis quelques jours m’a débordé. Je n’ai plus rien retenu. J’en avais trop sur le cœur. Je lui ai tout balancé. Tout ce que j’avais accumulé pendant ces deux semaines à ses côtés. Ce type était nul point final. Nul et arrogant. Et imbu. Et bête. Très bête. Le diapason de la bêtise. Et musicien comme moi je suis peintre : en bâtiment. Aucune oreille, dans le jeu, une finesse de bétaillère. Ses attaques de cordes sont aussi franches qu'un sourire de banquier, sa main gauche, un reste de poliomyélite, son phrasé celui d’un enfant sauvage. Le même sens du rythme qu’en sénateur en fin de mandat ! Une vivacité de méduse asthénique! Tu joues aussi mal qu’un métro mon bonhomme ! Tu es une plaie, gars, j’ai hurlé. Je n’en peux plus de toi. Je n’en peux plus. Quel flair j’avais eu de le choisir celui-là mais quel flair ! On devrait te couper les doigts tellement tu les poses aux mauvais endroits ! J’étais remonté comme un ascenseur. Tu as appris à jouer dans un chantier de jeunesse ? Les profs étaient sourds ? Vois, les guitares disent non du manche quand tu approches d’elles ! Mais regarde un peu ! Le piano se met la queue entre les jambes quand tu poses les yeux sur lui...
Abasourdi, groggy, sonné de cette avalanche de violence méchante, il ne disait rien, il ne répondait pas, il était figé et me tournait le dos. J’ai aperçu une corde de piano en attente sur la console. Je l'ai prise,  je l’ai  serrée dans mes deux mains et je me suis approché de lui.
Avant... j’ai appuyé sur le bouton rouge qui envoie le son dans la cabine d’écoute, là où nous étions. J’ai mis le volume maximum de tout ce qu’il avait déjoué les semaines précédentes…

Un sourire mauve, mauvais m’est venu aux coins des lèvres et j’ai pensé, convaincu... la musique adoucit les ... meurtres… Non?

Gig Street

09 mai 2010

Faites des fraises…

Cette fin de semaine, ici c’était la fête de la fraise.
Bien entendu, il a plu, il a fait froid et il aurait été préférable de fêter le petit salé aux lentilles, le pot au feu ou la garbure…
Mais pour, malgré tout, célébrer le fruit, je vous propose une recette à base de fraises. Certains l’appellent soupe de fraises, moi pas. C’est un dessert! Une soupe en dessert, c’est n’importe quoi! Aussi je l'appelle rarement! Disons un Truc aux fraises. (Parfois, dans certaines contrées lointaines, bien au Nord du mois de Juillet, on dit Sarali's soup...)
Pour le faire il faut… Des fraises (vous pouvez le faire aux tendrons de veau mais alors dites vous bien que ce sera un Truc au veau…) Pour quatre personnes ou deux gourmands cinq cent grammes de fraises. Celles de Carpentras sont préférables à celles d’Alicante. N’y voyez pas une manifestation de xénophobie. C’est juste une question de bilan carbone et de… goût.
Un citron vert.
Un petit morceau de gingembre frais.
Cent grammes de sucre poudre, du roux c'est bien. (Ne me demandez pas pourquoi... La couleur?)
Un anis étoilé.
J’y mettrais bien un trait de Zubrowska, pour voir…
Et pour la recette et la déco quelques têtes de menthe et de verveine fraîches, aussi.
Ça va? Vous n’êtes pas ruiné?
Prenez une casserole. Si vous n’en avez pas, allez rôder autour de votre mairie, il doit bien y en avoir quelques unes qui traînent ou bien posez vous cinq minutes et remontez dans votre passé. Il y a bien une chose ou deux que vous avez fait, dont vous n'êtes pas très fier... Comment? On en a tous une ou deux qui tintent la nuit sur les pavés de nos rêves… Dedans, vous y mettez quarante centilitres d’eau, le sucre, le gingembre pelé et coupé en petits morceaux, les zestes du citron, l’anis étoilé. Vous mettez le tout sur feu doux pendant dix quinze minutes.
Pendant ce temps là, si vous êtes capable de faire deux choses à la fois, mixez les fraises (bien sûr lavées, égouttées et équeutées… Il faut vraiment TOUT vous dire?) de manière à obtenir un jus épais, pas  vraiment liquide. S’il est rouge, ne vous inquiétez de rien c’est, à ce moment de la recette, normal.
Vous mélangez ce qui a chauffé, (Oui, oui,après l’avoir passé au tamis... ) le jus des fraises et quelques feuilles de menthe fraîche hachées menu menu.
Vous attendez que ça refroidisse et vous collez cette mixture au réfrigérateur. Deux heures trente huit si vous êtes quatre. Deux heures quarante trois si vous êtes cinq et ainsi de suite…
Avant de mettre sur la table, vous versez dans un récipient que vous trouvez joli (mais s'il vous plait pas de verrines! Ça suffit les verrines! Il y en a soupé des verrines!) en posant sur le dessus les têtes de menthe et les feuilles de verveine toutes neuves.
(Quelle chantilly? Sur le dessus? Si vous voulez, mais pas pour moi, je ne suis vraiment pas adepte).
Là où vous en êtes, vous fermez les yeux, vous portez la cuillère à votre bouche et vous laissez descendre gentiment… Finis la crise et les emmerdements... Pour un temps, un temps seulement.

fraise géante velleron

Au Louvre, la pyramide de Peï, à New York le Pont de Brooklin, à Saint Tropez, la Madrague, à Diderot, la religieuse et à Velleron la fraise du géant vert…
Moquez vous va, moquez vous! Vous ne l'avez pas sous les yeux tous les jours comme un attentat au bon goût!

08 mai 2010

Des monstres.

Nous avons enfanté des monstres.

Une fin de cours... houleuse serait un pléonasme,  dans un gymnase d’une petite ville  d'une couleur qui se vole...
Une jeune prof, à peine débutante, réclame pour la quatrième fois, en criant, un ballon avec lequel trois gamins jouent encore et encore. Ils doivent être en sixième et n’ont donc pas plus de onze ans. Malgré les cris répétés de la prof (elle ne devrait pas hurler ainsi, elle va être aphone à vingt ans…) les gosses continuent leur jeu. De ses cris à l'autre grande, ils, comme ils disent, s’en battent leurs (petites) couilles.
Je suis dans le gymnase. Leur ballon passe à ma portée. Je l’attrape et me le colle sous le bras. L’un des kids, fonce vers moi. Je le connais un peu celui-là. Qui, dans tout l’Ouest, ne connaissait pas Calamity Jane à son époque? Lui, c'est Brandon. D'après ce qu'on disait de lui, il aurait pu se nommer Brandon Jane. Il portait bien son prénom. Brandon, une terreur de feu. Il avait fait sienne, (mais à quel âge?) la devise d'un club de football du coin. Il ne craint dégun, Brandon et passe son temps à vouloir le prouver. Arrivé à ma hauteur, enfin hauteur c’est façon de parler parce qu’il est encore pitchoun, le Brand pour son âge. Il m’arrive au niveau du buste, c’est dire. Il plonge droit dans le vif du sujet, il ne s’embarrasse pas de fioritures, il n’y met aucune forme: “Toi, me dit-il sans falbalas, toi, rends moi mon ballon”; Je commence à vouloir parlementer: “Il me semble avoir entendu votre prof le réclamer? Vous n’avez pas entendu?” Première erreur, il répond non, évidemment. Brandoninou n’entend que ce qui l’intéresse. Et quand il entend, Brand se fout pas mal de ce que les adultes peuvent dégoiser. C'est visiblement pour lui et ses potes, conneries et compagnie… A cet instant, avec mon bras, je resserre la balle contre moi. Le petit teigneux s’avance vers elle puis la saisit alors que je l’ai dans les bras en me regardant droit dans les yeux avec un regard de dingue. Il va me l’arracher, ma parole. Ce nain hargneux va venir me prendre le truc que j’ai dans les mains. Pas question. Je lui ai jeté le regard du lion mordant un bout de barbaque. Une manière de lui dire: “Tu touches à cette balle je te bouffe!” Il serre encore davantage l’objet du litige.  Mais ma parole, je me suis dit, elles sont prêtes, les trois pommes, à en découdre physiquement. Elles tiennent à avoir ce ballon à tout prix. J’ai pensé, s’il insiste encore, je lui donne un coup de boule. J’étais remonté comme une pendule. J’étais à un front de le faire. Il avait gagné,  il m’avait rendu méchant. Il a dû sentir ma détermination. Il s’est reculé en desserrant ses mains du ballon. Pour toute victoire j’ai juste dit: “Ça va pas non? Tu ne pensais tout de même pas me la prendre?” Ben si, il a répondu, laconique (sa mère?). J’ai fait demi-tour et j’ai rangé le ballon dans le local du matériel. Deuxième erreur, je n'ai pas fermé  la pièce à clef.  N'importe qui pouvait y entrer. Je suis parti.

Avant de sortir du gymnase j’ai entendu la jeune prof hurler après le petit démon: “Brandon, la balle, IM  ME  DIA  TE  MENT  …” Immédiatement, ça l’a bien fait rire, Brandounet.
Ce qu'il faudrait peut-être embaucher pour tenter de ramener un semblant de paix dans les collèges ce ne sont ni des gendarmes, ni des surveillants, ni des bérets verts mais des pédo-psychiatres ou des... exorcistes.


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06 mai 2010

Handis, capes et épées...

Bien sur, ils sont différents de nous.

D’abord, ils utilisent toute une piste pour deux tireurs seulement. Puis, ils sont debout sur leurs DEUX jambes et donc, forcément, ils ont tendance à s’en servir… Quand ils tirent, avant d'attaquer pour de vrai, ils se déplacent assez longtemps de gauche à droite et de droite à gauche avec des petits pas, des petits bonds, des sautillements en perdant un temps fou, en ne produisant pas grand-chose. Ils multiplient, ainsi les fausses attaques, les préparations d’attaque, les fausses feintes et les vraies fausses feintes. Bref, ils temporisent énormément, ils hésitent avant de se lancer bien davantage que nous.

On pourrait dire qu'ils ont un peu de mal à entrer dans le cœur du sujet, à s’affronter, qu’ils tergiversent, qu’ils ont peur. Ça, pour les attaques, on ne peut pas dire, ils les préparent. Ça, on ne peut pas leur enlever, le fer, ils le cherchent… Et parfois ils peinent à le trouver… Nous, nous entrons plus vite dans le vif du débat, nous allons plus droit au but!

C’est sans doute pour cela qu’ils ont l’air si content quand ils mettent une touche, les voilà qui bondissent sur place comme des cabris fous, les voilà qui poussent des hurlements de dingues, les voilà qui ont dans les yeux des lueurs assassines. Malgré ces petits travers, vous pouvez toujours aller les voir s'affronter, les valides, quand vous entendez parler d’une compétition d’escrime… Ce qu’ils pratiquent, eux, c’en est quand même, de l'escrime et sensiblement la même que nous. Eux aussi, s’engouffrent dans une parade mal faite, eux aussi tournent des contre de sixte à pleine vitesse, il leur arrive à eux aussi d’avoir la main forte et dure à la pression, eux aussi entrainent leurs lames dans des parades perdues. Chez leurs sabreurs on peut aussi saluer des “tierce/tête” fracassant. Ils ont des « une/deux », des « dessus/dessous ravageurs »… Chez eux aussi, certains sont teigneux, bagarreurs, de mauvaise foi, méchants, râleurs, malins, imaginatifs, inventifs, brillants, calculateurs, piètres techniciens… Chez eux aussi, certains sont doués mais n’aiment ni le travail, ni la leçon. Chez eux aussi, il y a des benêts qui prennent cinq ou six touches d'affilée avant de comprendre ce qui leur arrive… Chez eux aussi, il y a des teignes qui cherchent à tricher, blesser, humilier…

Bien sur, nous, sur les pistes nous prenons moins de place puisque nous avons, un poil obligés, supprimé tous les déplacements disons... inutiles… Bien sûr, nous, nous avons les jambes, enfin le bas couvert, enveloppé d’une cape fluide de métal argenté comme celle des chevaliers, qui sert à déterminer les surfaces non valables…

Les surfaces non-valables… Le nom si bien porté…

Mais malgré ces minuscules différences, je vous assure qu’il y a, aussi, chez les debout valides de sacrés fichus talentueux escrimeurs…

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04 mai 2010

A part.

Le thème de la semaine pour les impromptus littéraires était:

La part d’ombre. J’ai écrit ça:

Ainsi, ce matin, qu’ils en soient profondément affecté pour l'un et vaguement soulagé pour l'autre, ils savaient qu'ils avaient posé leurs mains sur le début de la fin de leur histoire. Ces deux là ont tiré la leçon de leur désamour quand ils se sont aperçus, après un réveil sinistre, qu’ils ne feraient plus jamais soleil commun...
Tristes, sans doute, mais résolus, ils allaient désormais, et pour le restant de leurs jours faire… ombres à part…

Ombre C. Ruelle Avign.

PS: Vous pouvez vous amuser à écrire la ou les deux trois phrases qui précèdent celle qui débute par “ainsi”… Comme je l’ai fait pour celle qui commence par “ces deux là”… On pourrait, ensemble tirer la pelote…

Sans éclaircies…

Alors qu’aujourd’hui, une chape de sombre frais nous est tombée dessus comme l’automne dégringole sur novembre, hier, au petit matin, ensoleillé mais encore humide des vives draches velues de la veille, en musardant sur certaines petites routes, on pouvait apercevoir:

Coq matin

Le soir venu, le ciel s'était à nouveau couvert et du côté de la grande ville, malgré le voile gris jeté sur le bleu, si on avait l’humeur sensible, on pouvait s’émouvoir de cette petite et récente famille, nageant dans le musclé du courant, avec grandes difficultés, surtout pour les deux petites paires de palmes toutes neuves:

Pont d'Avignon

En somme, c’était une journée où le temps était “Variable avec éclaircies”.

Comme le titre du livre de Claude Roy, qu’on ne lit plus guère, qui m’était venu sous les yeux en cette fin de semaine, dans lequel on trouvait des bijoux du genre:

Qu’on ait dû inventer le verbe “vivoter”!

Toutes les religions ont tort, toutes les prières ont raison.

Être simple est ce qu’il y a de plus compliqué.

Écouter le bruissement des pierres et le silence du vent…

Peut-être devrait-on continuer de lire Claude Roy…

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