16 juin 2013

Quarante septième fin de semaine.

Cette semaine, j'ai été admiratif de cette jeune femme qui va relier Paris à Marseille avec une sclérose en plaque... (Enfin, elle va le faire en canoë pas en sclérose... Elle ne monte pas dedans c'est la sclérose qui est entrée en elle... Saleté! (La sclérose, pas elle...).

Cette semaine, j'ai reçu des amis à dîner... En apéritif j'ai proposé un Mojito avec la menthe du jardin et du rhum d'ailleurs...
Pour le reste, j'ai fait tout en ronds:
En entrée, nous avons mangé des hamburgers de viande de montagne séchée et de carottes rapées au gingembre. (C'est la viande qui est séchée, pas la montagne...).
Puis, des médaillons de filet mignon de porc bardés et marinés (cives, gingembre, curry, sauce soja, grains de sésame, miel) à la plancha accompagnés d'un soleil de polenta, tomate provençale planchés.
Une assiette de fromages ronds. (Chèvres, crottins, St Marcellin).
Et pour terminer, des rondelles de fruits orange et pommes, rhumés, cassonadés, planchés servis avec de la menthe fraîche et esquimotées au chocolat noir...

Cette semaine, il fallait placer dans le texte: "En Mai, les fées ont fort à faire." J'ai pondu ça pour les impromptus littéraires:

L’effet que tu me fais.
Nous avions passé une bonne partie de la nuit à parler. Personnellement, je ne suis absolument pas contre et je veux même  bien entendre que pour elle cela revête une importance capitale mais il y a des moments ou, pour un couple, faire l’amour ne peut pas, non plus, être tout à fait rejeté dans les oubliettes obscures, froides et suintantes d’ennui. Aussi, à court d’arguments, n’arrivant plus avec mes pauvres mots de désirs pour le coup, si je puis dire, transis n'arrivant pas, donc à dompter sa colère, j’ai fini par lui dire : 
Mais il est si fort l’effet que tu me fais !
Elle m’a juste répondu, en me tournant le dos comme une carabosse de foirail, comme une qui partirait en sens inverse et me laisserait là, seul, pantelant sur mon misérable carreau, sans même un vague sourire, certaine de son affaire... Comme une qui ayant accroché deux de tous ses doigts dans le fin fond de mes narines serait prête à me promener en trophée, dans la maison, puis en ville, enfin sur la terre entière pour les siècles des siècles :

En mai, petit homme, les fées ont fort à faire !
La belle affaire, fais le l'effort, nous sommes en Juin depuis belle lurette, ma transie…


Cette semaine, je me suis mordu deux index quand j'ai vu la pente de cette côte à la sortie du Beaucet vers Venasque:


Puis, j'ai, si je peux me permettre, kiffé grave ma race quand, une demi-heure plus tard, soufflant, au sommet, j'ai vu ça:


Cette semaine le câprier s'est mis en fleurs. L'était pas trop tôt. Et les cigales, elles, ne chantent encore pas...


Bref, une semaine désormais comme les autres puisque terminée, vécue, racontée et donc partagée...

09 juin 2013

46ème fin de semaine.

Cette semaine, j'ai souri en lisant une interview de 2012, d'une femme politique française, j'ai même cru à une caricature, à un fake moqueur et puis... non:


Polytechnique, en 1992, je me suis inscrite à l’Ecole nationale du génie rural des eaux et des forêts. Le développement durable était un moyen formidable de réinterpréter les politiques publiques.
La personne qui vous a ouvert les yeux ?
Mon grand-père, botaniste. Petite, j’allais avec lui au Muséum national d’histoire naturelle.
Votre premier geste écolo du matin ?
Ouvrir les fenêtres. Je vis à Longpont-sur-Orge, dans l’Essonne. J’habite une maison du XVIIIe siècle entourée d’un parc avec de grands arbres.
Chez vous, mange-t-on bio ?
Oui. On profite du potager. J’ai des groseilliers, un mirabellier que j’ai planté pour mon mari… Spéciale dédicace au mec qui m’a piqué mes poires et mes pommes, l’autre nuit. C’est nul.
Sensibilisez-vous vos enfants à l’écologie ?
Le matin, mon fils Paul-Elie (4 ans) va chercher les oeufs dans le poulailler. Il a même rebaptisé une poule Paola, du prénom d’une copine de classe… Louis-Abel (5 mois) dort sur sa peau d’agneau 100 % naturelle, achetée sur www.bebe-maman-nature.com
Utilisez-vous des cosmétiques bio ?
Oui. J’achète ma crème de nuit au lait d’ânesse de la marque Téliane sur www.teliane.fr
Prenez-vous encore des bains ?
Moi, rarement, mais je donne le bain à mes deux enfants. 
La douche, ce n’est pas pratique.
Utilisez-vous des couches bio ?
Comme ce n’est pas toujours moi qui change mon bébé, mais ma belle-mère, Andrée, je trouve que lui imposer les couches lavables, ce serait gonflé !
Triez-vous vos déchets ?
Oui. Ce qui est parfois un objet de contentieux avec ma belle-mère.
Vous avez du mal à convertir votre famille ?
Disons que, dans le cas de ma belle-mère, c’est l’effet générationnel qui joue. Mais j’y travaille…
Etre écolo sans tomber dans l’intégrisme, est-ce possible ?
Par exemple, en tant que maire de Longjumeau, j’essaie de faire preuve d’imagination. On a lancé un marché bio, un verger pédagogique et même distribué aux habitants du miel provenant de ruches disposées sur le toit de la mairie.
Qu’est-ce qui n’est pas vert en vous ?
Je me déplace plus en voiture qu’en transports en commun…
Le lieu qui booste votre âme écolo ?
Le Cotentin. Les dunes ont été abîmées, une partie du marais a été asséchée, et, pourtant, le paysage reste magique. Notre maison de famille se trouve sur la côte Est, entre deux fermes laitières.
Que seriez-vous prête à abandonner pour sauver la planète ?
Les voyages d’agrément à l’étranger. Je pourrais rester à vie dans le Cotentin…

Excellente idée! Seulement après Longjumeau, elle s'est mise en tête d'être maire de Paris... Le Cotentin l'attendra...

Cette semaine, j'ai vu ça et c'était beau:




Plateau de Margoye à la sortie de L'Isle sur la Sorgue.

Cette semaine, j'ai pesté contre l'absolu manque de compétitivité du tennis. Quarante mille spectateurs, huit ou dix ramasseurs de balles, douze arbitres, tout ça pour, seulement, DEUX joueurs dont un espagnol qui gagne à la fin? C'est une plaisanterie, non?

Cette semaine, j'ai trouvé qu'on avait moins parlé du 6 Juin 44 que les autres années... Heureusement qu'il existe Jean-Jacques Vanier.

Cette semaine, je me suis régalé en allant voir: Millefeuille un film de Nouri Bouzid... Comme ne l'écrit pas très bien le dossier de présentation de l'Utopia d'Avignon:
Ce serait un joyeux bordel et ce serait super! Ça se passerait en Tunisie entre deux printemps. Deux jeunes filles, fines fleurs d'une société qui hésite à savoir où elle va. Une société stratifiée comme un millefeuille. L'une voilée, l'autre pas etc etc...




Cette semaine j'ai appris que Youn Sun Nah chanterait avec un trio le dimanche 4 Août à Gordes dans le cadre des Soirées d'été de Gordes. Je sais où je serai le dimanche soir du 4 Août. Un endroit privilégié... Une jolie façon de fêter cette nuit là.


Youn Sun Nah (image venue de google).

Cette semaine, à Paris, un jeune homme de 18 ans est mort frappé par un autre type. Guère plus âgé. 
Dix huit ans... frappé... mort... Ces trois là n'ont rien, mais rien à faire ensemble... Ni dans la même phrase, ni dans la réalité...
Bref, une semaine désormais comme les autres puisque vécue, terminée, racontée et, donc, partagée...

07 juin 2013

A quoi ça rime?


Pour les Impromptus de la semaine: Il fallait se servir des rimes d'un poème de Pierre de Ronsard et en composer un autre: Tourner, Marie, prie! etc etc. Ça a donné ça:


Et comment que ça va mal tourner


Si j’attrape cet enfant de Marie


J’y dirai : vas y mon petit cas : prie
 !

Tu vas voir la rouste que je vais te donner


Tu pourras implorer, te démener

Tu auras la surprise de ta vie

Je m’en vais te couper toute envie


De par le bout du nez me mener,

De faire de moi ton esclave, ta chose


De dire non à la vie que je propose

C’est qu’il me fait pour un imbécile passer

Qu’il me menace et la meilleure


Vous n’allez pas le croire  sur l’heure

Il me dit: Juju d'amour, tu t'en vas trépasser...


(Pardon Pierre de...)
Le poème original est là:

Marie, qui voudrait votre beau nom tourner,
Il trouverait Aimer : aimez-moi donc, Marie,
Faites cela vers moi dont votre nom vous prie,
Votre amour ne se peut en meilleur lieu donner.

S'il vous plaît pour jamais un plaisir demener,
Aimez-moi, nous prendrons les plaisirs de la vie,
Pendus l'un l'autre au col, et jamais nulle envie
D'aimer en autre lieu ne nous pourra mener.

Si faut-il bien aimer au monde quelque chose :
Celui qui n'aime point, celui-là se propose
Une vie d'un Scythe, et ses jours veut passer

Sans goûter la douceur des douceurs la meilleure.
Eh, qu'est-il rien de doux sans Vénus ? las ! à l'heure
Que je n'aimerai point, puissé-je trépasser !

01 juin 2013

Quarante cinquième fin de semaine...

Cette semaine je suis allé au Théâtre, grâce à Marie. Une représentation des Ateliers de la Cie Jean Thomas: Tout cet amour disponible. J'ai passé une très belle soirée et découvert, il n'est jamais trop tard, un auteur: Jean-Luc Lagarce.
Il faut avoir lu, entre autres, Les règles du savoir-vivre dans la société moderne...
La mise en scène d'Aurore Sayas utilise une chanson, celle d'Hélène, venue du film Les choses de la vie. Elle est, là, chantée par Youn Sun Nah, elle est en tête de la playlist. Si vous n'éprouvez rien en l'entendant c'est que vous avez un coeur de granit en titane de plomb.


Cette semaine j'ai entendu, par trois artistes talentueux, une chanson d'une maintenant dame âgée mais sa fougue et son fond...

J´aime les gens qui doutent
Les gens qui trop écoutent
Leur cœur se balancer
J´aime les gens qui disent
Et qui se contredisent
Et sans se dénoncer

J´aime les gens qui tremblent
Que parfois ils nous semblent
Capables de juger
J´aime les gens qui passent
Moitié dans leurs godasses
Et moitié à côté

J´aime leur petite chanson
Même s´ils passent pour des cons

J´aime ceux qui paniquent
Ceux qui sont pas logiques
Enfin, pas "comme il faut"
Ceux qui, avec leurs chaînes
Pour pas que ça nous gêne
Font un bruit de grelot

Ceux qui n´auront pas honte
De n´être au bout du compte
Que des ratés du cœur
Pour n´avoir pas su dire :
"Délivrez-nous du pire
Et gardez le meilleur"

J´aime leur petite chanson
Même s´ils passent pour des cons

J´aime les gens qui n´osent
S´approprier les choses
Encore moins les gens
Ceux qui veulent bien n´être
Qu´une simple fenêtre
Pour les yeux des enfants

Ceux qui sans oriflamme
Et daltoniens de l´âme
Ignorent les couleurs
Ceux qui sont assez poires
Pour que jamais l´histoire
Leur rende les honneurs

J´aime leur petite chanson
Même s´ils passent pour des cons

J´aime les gens qui doutent
Mais voudraient qu´on leur foute
La paix de temps en temps
Et qu´on ne les malmène
Jamais quand ils promènent
Leurs automnes au printemps

Qu´on leur dise que l´âme
Fait de plus belles flammes
Que tous ces tristes culs
Et qu´on les remercie
Qu´on leur dise, on leur crie :
"Merci d´avoir vécu

Merci pour la tendresse
Et tant pis pour vos fesses
Qui ont fait ce qu´elles ont pu.


Anne Sylvestre.

Cette semaine, Le Partage à L'Isle était plein, plein, plein d'eau...



Cette semaine, les câpres et quatre larves peinent à grossir, mais elles grossissent... (Oui, j'ai vérifié c'est féminin... On dit une câpre et un Capri... Pardon... C'est fini...).


Cette semaine, comme je mangeai du chocolat, un bout de la tablette s'est cassé... J'y ai vu un signe... Pas vous?


Cette semaine j'ai entendu une phrase qui m'a fait sourire. Elle est de Marguerite Duras et elle dit: 
Il faut beaucoup aimer les hommes. Beaucoup, beaucoup, il faut les aimer beaucoup pour pouvoir les supporter.

Bref, une semaine désormais comme toutes les autres puisque vécue, racontée et donc partagée.

Le Printemps des brouettes.

Pour Les Impromptus Littéraires de la semaine. Le thème était: les brouettes.


Tout ce joli bazar avait commencé quand l’une s’était mise en tête l’idée d’apprendre à lire…

Ce qui ne s’était pas fait sans mal puisque tout avait été organisé jusque là pour que justement elles n’accèdent pas à ce savoir. Tout avait été savamment orchestré pour qu’elles restent dans l’ignorance. On pouvait ainsi les exploiter plus aisément. Elles ne se posaient aucune question et se contentaient de leur état. C’est bien quand elles avaient su, que tout a dégénéré.
Au début, elles y étaient allé mollo puis de plus en plus clairement. L’épidémie puisque c’en était visiblement une s’était étendue comme une eau de source s’écoule d’une montagne. C’était allé d’une entreprise à l’autre, d’un jardin à l’autre, d’une commune à l’autre, d’un département à l’autre, enfin c’est tout le pays et les limitrophes qui se sont trouvés dans une panade sans nom. Sans aucune époque de référence ce phénomène ne s’étant jamais produit dans l’histoire de l’humanité. Et pour cause…
Elles devenaient incontrôlables, indirigeables, inconduisibles. On en arrivait à ne plus se servir d’elles, on ne pouvait plus que les laisser là au beau milieu du chantier ou bien les remiser dans un coin, leurs bras  bras levés les siens ballants. On ne pouvait plus les remplir, elles se débrouillaient pour tout renverser. Dès qu’on leur mettait un truc dedans elles le viraient illico en se tortillant, en se cabrant, en se gondolant. Pas le moindre liquide, pas le moindre outil, pas  la moindre planche, rien n’y tenait plus dessus. Elles refusaient de jouer le rôle qu’on leur avait assigné depuis des siècles et des siècles : aider au transport des charges légères. Les brouettes s’étaient belles et bien rebellées.
Les journaux étaient allés jusqu’à écrire des pages et des pages sur le Printemps des brouettes. Etait-ce bien sérieux ?
Ils avaient enquêté sur l’origine de ce mal, de cette révolution, ils avaient fini par remonter jusqu’à la brouette originelle, la seule vraie cause de tout ce bazar. C’était celle qui avait décidé d’apprendre à lire qui en était la cause. Entre deux voyages chargée comme une mule de sable, elle avait entre aperçu sur un des murs de l’algeco des architectes d’un chantier, scotchée, une sentence imprimée et en avait été profondément révoltée, blessée, outrée d’être ainsi déconsidérée. Elle en avait tremblé de honte et de rage.

Se méfie-t-on jamais de ces aphorismes énoncés, placardés affichés ? Sait-on jamais quels yeux peuvent les lire ? Fait-on jamais assez attention à ce qu’on pense ? Est-on toujours bienveillant?
Il y a, parfois des colères largement justifiées.
Et les cheffaillons de chantier de maudire partout: La lecture c'est le diable!

La sentence imprimée en rouge giflait :

On ne parle pas avec une brouette, on la pousse !



Image des Impromptus.

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