26 septembre 2022

Le voilà

Le matin, dans l’encore noir, le café coule avant que les volets soient poussés, du reste on a hésité longtemps avant d'ouvrir la fenêtre.

Ce soir on ressortira la couette du placard à couettes.

Avec la pluie de cette nuit, la brume va tout engloutir, comme hier on ne va pas voir l’horizon.

Le beurre n’a pas été rentré cette nuit il sera même un peu dur.

Puisque c’est comme ça, on va rester à l'intérieur.

Les cigales n’ont plus le temps de chanter, elles posent du papier peint dans les chambres des petits. 

Après les pluies de la semaine passée, l'eau de la rivière est remontée au dessus de nos genoux.

Si le vent a fait place nette, le linge n’a pas séché tout à fait.

Dans tout ce bleu, vers le Sud, passent des vols en v cadencés.

Les feuilles les plus hautes du cerisier ont commencé de rougir. Alors, vaguement jalouse, la vigne vierge s'y est mise, aussi.

Le chat n’a pas dormi dehors cette nuit.

On se contente de mettre le nez sur une des dernières roses, on choisit de ne pas la couper.

On sent parfois au cœur des après-midis des odeurs de fumées de feux de feuilles.

On pense au numéro de téléphone du ramoneur.

Quelques articulations rappellent leurs existences.

On hésite à enfourcher la bicyclette.

On se demande : Où est mon écharpe grise?

Plus trop de doute possible si l’un s’en va, l’automne s’en vient. 





2 commentaires:

M a dit…

Au triple galop ! On en est presque à se demander comment il a fait pour ne pas nous bousculer !

chri a dit…

@ M Le matin de bonne heure il roule un peu des épaules...

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