28 juillet 2011

Les visiteurs(ses)...

Quand je viens voir si "C'est pour dire" a eu une visite, il peut m'arriver de lire ça:


13:34:37 Switzerland - Lausanne | Réferent : 
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00:47:58
 Spain - Madrid | Réferent : 
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 Germany - Frankfurt Am Main | Réferent : 
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19:28:56 Reunion - Saint Gilles | Réferent : http://www.google.com/imgres?q=ciel blanc et bleu
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12:18:19 France - Barbentane | Réferent : 
Page : http://cestpourdire.blogspot.com/

17:11:24 France - Deuil-la-barre | Réferent : 
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20:32:39 Belgium - Elsene | Réferent : http://be.bing.com/search?q=bus stop chanson
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08:25:41 France - Ballan-miré | Réferent : http://avignon.midiblogs.com/archive/2011/07/27/li-bouto-rodo-13.html?c 
Page : http://cestpourdire.blogspot.com/


21:59:45 France - Villefranche-sur-saône | Réferent : http://www.google.fr/url?sa=t 
Page : http://cestpourdire.blogspot.com/2010_06_01_archive.html


14:46:46 France - Couiza | Réferent : http://www.google.fr/url?sa=t
Page : http://cestpourdire.blogspot.com/2011/01/ma-chatounette-jolie.html


20:09:27 France - Tartas | Réferent : http://www.blogger.com/profile/01055264315821739057
Pagehttp://cestpourdire.blogspot.com/


20:54:41 Canada - Quebec | Réferent http://www.google.ca/imgres?q=mouettes stael
Pagehttp://cestpourdire.blogspot.com/2009_03_01_archive.html


01:39:38 France - Plaisir | Réferenthttp://www.google.fr/imgres?q=allain leprest cancer
Pagehttp://cestpourdire.blogspot.com/2009_12_01_archive.html

13:30:16 France - Roubaix | Réferent : 
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11:47:41 France - Melesse | Réferent : http://www.facebook.com/l.php?u=http://cestpourdire.blogspot.com/2011/08/les-maux-dallain.html?spref=fb
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11:42:27 France - Fos-sur-mer | Réferent : 
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11:39:18 France - Boissy-sous-saint-yon | Réferent : 
Page : http://cestpourdire.blogspot.com/

13:47:30 Portugal - Viseu | Réferent
Pagehttp://cestpourdire.blogspot.com/

01:43:51 Denmark - Frederiksberg | Réferent http://www.google.com/imgres?q=picasso chevre
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08:39:26 France - Marseille | Réferent : 
Page http://cestpourdire.blogspot.com/

11:40:26 France - Lezennes | Réferent http://www.google.fr/url?sa=t
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10:59:19 United States - Mountain View | Réferent : 
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12:20:52 France - Hayange | Réferent : http://www.google.fr/search?hl=fr
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11:12:34 Egypt - | Réferenthttp://www.google.com.eg/url?sa=t
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00:10:51 Japan - Gifu | Réferent : 
Page : http://cestpourdire.blogspot.com/

11:40:00 Canada - Ottawa | Réferent : 
Page : http://cestpourdire.blogspot.com/

15:15:17 Monaco - | Réferent : http://www.google.fr/imgres?imgurl=https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgzjm6ED9KJmGZyHfIwn0F2ZsZZigZdilkgKipO01dmic1I1rkp0axK4d9oC9u4clK2CWI2O1_KLzQ0EkwJ7ktCgcwFO3uGyFcmg3hgDUzeDdsIDJXQX_ikCYun7s_0gRFTS9l1TE8eB3A/
Page : http://cestpourdire.blogspot.com/2011_03_01_archive.html

20:30:07 United States - Mountain View | Réferent : 
Page : http://cestpourdire.blogspot.com/2011/09/un-bac-de-setibes.html

Même si je trouve très classe d'avoir des visiteurs (euses) lointains (aines), je ne connais personne qui vive à Lausanne, ni à Madrid, ni à Frankfurt, ni à Saint Gilles, ni à Barbentane... Ce qui me ferait plaisir, vraiment, c'est que vous, le/la visiteur(se) de Lausanne, de Madrid, de Francfort, de... me laissiez un signe de votre passage...
Qui êtes vous? Comment avez vous connu "C'est pour dire" ? Etc etc...
Tant qu'on y est, le/la visiteur(se) de Mountain View peut aussi se faire connaître!

Merci d'avance.
Cordialement à vous.
C.


25 juillet 2011

L'air épais.

La guerre. C'était la guerre.
Ça bardait ferme dans les parages depuis trois jours déjà. 
Pour être plus proche de la vérité, ceux qui les connaissaient bien auraient dit que cela faisait quatorze ans et trois jours qu'ils se regardaient de travers la bouche tordue, qu'ils s'assassinaient des yeux en coin, qu'ils s'envoyaient des missiles sol sol à qui mieux mieux. Y volaient des: "Cherche un peu! Tu ne trouverais pas un oeil aux Quinze vingt!" Les: "Avec ta manie de tout ranger tu devrais être chef chez Ivar!" et les: "Elle est dure, la vie, épouser un ange et se réveiller avec Galabru!" Et tout à l'avenant... Quatorze très longues années qu'ils s'affrontaient, qu'ils se jugeaient, se dénigraient, se chargeaient de reproches, s'invectivaient, parfois... Manquaient d'en venir aux mains, quelques fois, mais jamais quand ils étaient seuls. Il leur fallait toujours un  témoin vers qui ils se tournaient tout à tour et qu'ils prenaient à partie: Tu vois ce qu'il me fait vivre? Entends tu ce que je dois supporter? Cette femme va me rendre fou! A vrai dire, ils avaient de plus en plus de mal à trouver des arbitres bénévols! Il n'y en avait guère pour aller se fourrer au coeur du chaudron, au milieu du champ. Batailler était leur langage, leur lien, leur façon d'être ensemble. L'un contre l'autre, très contre. Pourtant ils avaient tout tenté pour ne pas en arriver là: ils avaient dévoré tout Salomé... ce gourou poussif qui avait fait fortune sur le malheur des gens et des jeux de mots en bois..."Heureux qui communique..." impayable! Ils avaient écouté Dubranche presque toutes les nuits, ils s'étaient ruiné avec des stages de massages tantriques dans le Limousin profond, ils avaient consulté Pierre, Chamane Aigle blanc "retour d'affection" qui avait sacrifié trois poules, deux hamsters et quelques centaines d'euros pour tenter de sauver leur couple, mais sans plus de résultat que tout le reste.
Si, en amour il y en a, comme disait l'autre, avec beaucoup de nuances, toujours un qui souffre et un qui s'ennuie, eux deux s'ennuyaient de souffrir! On avait même oublié s'ils s'étaient bien entendus, un jour? Au tout début? La première semaine? Certains dans leur entourage, avaient fini par se demander: Mais que font-ils encore ensemble, ces deux là? Que ne se sont-ils séparés? Que n'ont-ils mis enfin fin à cette mascarade? Que ne cessent-ils cet affrontement destructeur? Que ne brandissent-ils pas les drapeaux blancs? Que n'arpentent-ils pas les bois de Rethondes? Bien entendu, ils ne le disaient pas de cette manière un tantinet raffinée, mais c'est bien ce que ça voulait dire. On avait même été tenté de  croire que c'est une musique qui leur allait, que dans le fond, ils n'étaient pas si aux créneaux qu'ils en donnaient l'impression, qu'ils ne chauffaient pas de l'huile TOUS les jours, qu'il leur arrivaient de se retrouver... et là les oeillades s'appuyaient d'un air entendu, pour des réconciliations festives, sur l'oreiller... que c'était même le but de toutes ces engueulades, qu'il leur fallait ça pour une paix active... Hé bien non. Entre eux, de ce côté là, c'était dimanche de pluie à Châteauroux ou Novembre à Knokke-le- zoute...
S'ils n'arrivaient pas à être bien ensemble, ils n'arrivaient pas non plus à se séparer. Ils s'accrochaient à ce qui les faisait souffrir et ils s'en voulaient de plus belle. Ils étaient comme deux terrassiers qui creusaient chaque heure davantage le fossé qui les séparaient. Allait-il les engloutir? Comme ils n'avaient plus grand chose à échanger, ils n'arrêtaient pas de s'en parler... Viendrait un moment où à force de ne plus s'entendre ils ne s'écouteraient plus... 
Ce jour est venu. Un matin. Un matin banal avec son visage froissé de matin banal. Pendant le petit déjeuner, qu'elle avait pris avant lui, sans l'attendre... Comme toujours, ça a tourné vinaigre, l'air s'est très vite apesanti...

Un moment, elle lui a demandé: Et Bon Dieu qui crois-tu que ce soit? 
Comme il n'était pas trop du genre à livrer ses impressions, il s'est entendu répondre: Je ne suis pas tout à fait incertain que ce ne soit pas toi... 
Elle avait l'habitude des ses phrases alambiquées, elle ne lui en tenait plus rigueur depuis longtemps, je crois même que désormais, elle s'en foutait royalement. Et, pour tout dire, si ça ne la faisait pas encore sourire,  ça avait fini par ne plus l'agacer. Elle s'en battait l'oeil, faut voir comme... se disait-elle à elle même...
Ce qu'il venait de lui servir n'était évidemment pas ce qu'elle attendait, mais il pariait qu'elle s'en contenterait... Comme d'habitude. Il avait somme toute complètement tort, mais il n'aurait pas d'autre occasion de préciser sa pensée.
Leurs deux sourires ont alors définitivement disparu dans la lourdeur de l'air.
Avant de claquer la porte dans son dos, elle lui a lancé d'un trait: 
Et puisque tu tiens tant à le savoir, c'est moi qui ait fini le pot de Nutella!!! Et non, je ne t'en ai pas laissé. Pas même une virgule.
Si ça n'était pas d'une terrifiante tristesse... C'est sur ce mot là, "virgule" que leur histoire commune s'est arrêtée. Net.

Le courant d'air créé par la fermeture brusque de la porte n'a pas suffi à troubler la dense lourdeur de l'air épais...



24 juillet 2011

Une grande claque aux mauvaises humeurs!

Puisqu'il faut bien que quelqu'un s'y colle, je me permets de vous dire, ici, qu'il ne vous reste plus que huit jours pour passer une soirée formidable à Avignon. Pour vingt minuscules euros, je vous garantis deux heures de spectacle, deux heures de chansons superbes, deux heures de vrais musiciens, deux heures d'émotions "hautes".
Et, ce, dans le même théâtre, l'un à la suite de l'autre. Ainsi, pas de course entre les deux, vous sortez de l'un, vous buvez gentiment un verre ou pas et vous enchainez avec l'autre...
De plus, c'est au Théâtre des Lucioles vers la Porte Saint Lazare à dix pas du parking des Italiens...
Vous débutez la soirée à 2O heures cinquante par Romain Didier que, soit dit en passant, vous devriez, déjà, être allé entendre... C'était, je vous le rappelle, convenu entre nous... Un spectacle anti bling-bling. Virtuose, sobre, émouvant et drôle. Le magnifique piano noir dans son cercle de lumière... c'est sans doute ce qu'on appelle l'élégance.




Ne résistez pas à la tentation et poursuivez à 22h 20 avec Niobé et ses musiciens que je suis allé voir et entendre hier au soir. Et, je vous fiche mon billet que vous sortez de la salle avec une folle envie de bouger, de chanter en ayant oublié le plus douloureux de votre arthrose ventriculaire  naissante... Quelles santés! Quelles énergies! Oreillement transmissibles!!! Avec en prime une toute légère dose d'anti-sarkozysme primaire... soulageante!
Romain, Niobe: une grande claque aux mauvaises humeurs!



Bonne soirée à vous! C'est dit, vous ne pourrez pas dire que "C'est pour dire" ne vous avait pas dit...

22 juillet 2011

Ta manière…

Ta manière d’être à moi me détruit
Ton regard alors s’étonne
Tu n’appartiens à personne
Je me le tiens pour dit.

Ton art de ne pas être à moi me suffit
Tu ne prends ni ne donnes
Et aucun geste n’abandonnes
Ni le jour ni la nuit

Ma tanière d’honnête homme te ravit
Mon regard alors détonne
Si je ne suis rien ni personne
Qu’il en soit ainsi.

Ces ornières, que chez moi tu décris,
D’un bref regard atone...
Je te les abandonne…
Cela, seul m’est permis.

Les bannières que souvent je brandis
Changent les donnes.
Mais toi tu ne me pardonnes,
Que si je les... replie.

Les lanières qui me lacent à ton lit
M’attachent et me donnent,
L'allure ni mauvaise, ni bonne,
De celui a qui tout sourit.

L’art et ta manière de mener ma vie
Ne m’effraient pas, jolie Madone,
Mais l’air que j'y fredonne...
En douce, me suffit...



18 juillet 2011

La demande...

                       C’est quand elle a posé sa main sur la mienne que les murs du restaurant se sont mis à trembler. J’ai clairement vu le plafond se fendre en deux et s’ouvrir. Au-dessus de la salle, un ciel d’orage menaçant et des éclairs l’illuminaient.
On venait à peine de craqueler avec le dos de nos petites cuillères, la couche de caramel des crèmes brûlées, nous avions presque descendu la bouteille de blanc et, avant ça, on se sentait d'humeur bienveillante. Elle s’est approchée de moi, elle a posé sa main sur la mienne et elle m’a parlé assez bas pour que les voisins ne puissent rien entendre. Jusqu’à cet instant tout s’était déroulé sans que rien ne soit racontable. On avait juste mangé comme les deux cents autres fois dans cet endroit qui nous était désormais familier. Deux cent fois en vingt et quelques années ce n’est pas un exploit. Mais, on peut le dire, nous étions fidèles. Pour une fois qu’on en avait trouvé un où c’était bon et pas trop cher, où on était bien accueilli, où ça avait l’air de leur faire plaisir quand on y entrait, on n’allait pas en chercher un autre surtout s'il s’agissait juste de ne pas faire la cuisine. Alors on y venait comme à une cantine, régulièrement, une ou deux fois par semaine. Ainsi, on vieillissait avec les patrons et d’une certaine manière on s’ancrait, comme eux, dans le coin. On finissait par penser qu’on faisait partie des meubles et qu’on était un peu propriétaires des murs et donc contents quand ils nous racontaient leurs futurs projets d'agrandissement ou leurs vacances aux Bahamas, on avait l’impression de leur avoir payé une partie des matériaux ou du billet. On s’était mis assez vite d’accord sur la commande puisqu’on prenait à chaque fois les mêmes trucs et que tout le monde était au courant. Ils venaient nous demander quand même mais on savait bien qu’en cuisine c’était déjà en route. Ainsi, il y avait très peu d’attente entre notre arrivée et celle du premier plat. Nous avions passé une bonne partie de repas à nous parler de tout et de rien. Si nous n’avions pas exactement refait le monde nous en avions repeint quelques quartiers.
Comme en plus on est assez vite tombés d'accord sur l'idée que ce n'est pas encore cette fois que des banquiers iront en prison ou bien que ce soit l'un ou l'autre des candidats en course qui gagne la galactique élection ne changerait évidemment pas la vie des plus démunis, les mots ont été parcimonieux. Il faut dire que nous n’étions pas de grands causeurs, elle et moi. Mais, à sa décharge, c'est moi qui avait commencé.

Comme d’habitude, j’avais profité des temps morts entre deux phrases pour la regarder en coin et m’extasier de sa beauté. J’avais remercié le ciel pour elle. Dans ce monde, si ce n’était pas le seul avantage, c’en était un, et de choix. Et il fallait dire, que, dans ce domaine, elle avait été du bon côté de la baguette des fées. Les filles n’avaient pas été avares le jour où sur elle, elles s’étaient penchées.
Bien que tout ça me retombe dessus, à chaque fois que je franchissais la porte du restau ou d'un autre lieu public, je voyais bien les regards qui allaient de l’une à l’autre et qui tout de suite après se demandaient comment c’était seulement envisageable qu'on y entre ensemble. Je voyais les points d’interrogation se dessiner dans les pupilles avant qu’ils ne replongent dans leurs pizzas ou leurs bolognaises. J’avais fini par m’y résoudre. Elle était belle ? Tant mieux pour elle. Et bien mieux encore, elle n’en était pas intimement persuadée, ce qui la mettait à l’abri des inflammations de cheville. Elle avait un joli paquet d’autres qualités bien utiles, mais je ne suis pas ici pour la vendre... Durant tout le début du repas et malgré mes regards en douce, nous étions restés à distance respectable, rien ne s’était tendu entre nous, rien n’avait dérapé, rien ne s’était signalé. Nous étions un couple, certes avec un léger décalage dans les âges mais juste un gars et une fille qui mangent au restaurant. J’aimais qu’elle sourie volontiers aux blagues que je pouvais faire et qui, parfois, je l’accorde, n’étaient pas d’une subtilité remarquable, j’aimais sourire aux siennes. Voilà une chose que nous savions faire tous les deux: rire. Notre plus grand plaisir était de dire du mal des autres et d'être le plus méchant et le plus injuste possible. Ça oui, nous savions faire et ça nous amusait. Mais nous étions encore plus féroces envers nous-mêmes... J’aimais également qu’elle s’enflamme devant les injustices qu’elle dénonçait, j’aimais sa colère et ses impatiences. J’aimais le regard acéré qu’elle portait sur le monde. J’aimais ses jugements tranchés, et définitifs même si je les mettais en partie sur le compte de son âge. Tout en souhaitant qu'elle n'en change jamais. 
Bref, j’aimais être avec elle. Beaucoup, d'autant que c'était de moins en moins souvent. J’avais à chaque fois l’impression de gagner mon temps. Mais durant ce repas, nous étions restés à bonne distance. Et puis, les crèmes caramel se sont pointées. Quand il les a posées devant nous, qu’il a fichu le camp en reprenant le panier vide du pain, elle s’est approchée de moi et m’a glissé, presque à l’oreille à cause des voisins:  "Papou, il faut que je te dise : Il m’a demandé en mariage et j’ai dit oui… T’en penses quoi ?"

A peine ces mots évanouis dans l’air épais... de cette pizzeria de banlieue, je me suis dit que ce qui m’a le plus étonné, c’est qu’elle me le demande ce que j’en pensais... Ça oui ça m’a surpris…
Et c'est là que les murs ont vacillé, que les lustres se sont mis à dégringoler sur ce qui restait de nos calzones brûlantes, que le tonnerre a grondé, qu'un éclair a déchiqueté le velours rouge du plafond et qu'un pschiiit fulgurant m'a, comme un souffle de dragon venimeux, embrasé, d'un coup, la naissante calvitie en brûlant, au passage, la couche de caramel de nos crèmes...
                      

16 juillet 2011

L'est là, l'été.

On va regarder la lune et en voir deux,
Parler du temps grincheux des pulls laineux,

Dire qu’on est bien sans vouloir mieux,
Se sentir riches dans nos hamacs de peu.

Espérer, au vent, de belles aventures,
S’écarquiller les œils sous des cieux purs…
On va se débarrasser de nos doudounes,
Glisser nos orteils dans des gougounes

On va pouvoir se moquer de nos mals dedans,
Finir la nuit debout même en rampant,
Dire des conneries d’un air heu intelligent,
Chasser les souvenirs en se souvenant. 

On va savoir partir en restant assis,
Apaiser nos tangages et nos roulis,
Se parler de là, d'ailleurs pas de nos soucis
Ne pas se coucher de suite, le jour est pas fini.

On va pouvoir se remettre le cœur à l’endroit,
Se dire souriant: si tu y crois : j’y crois !
N’avoir plus peur de nos gueules de bois,
Et ne plus craindre ni le chaud, ni le froid.

On va vouloir dès que tu seras là,
S’en dire un peu, ne faire que ça,
Sourire aux autres, freiner le pas,
Et penser surtout, que c’est bien comme ça…

On va savoir, quand tu seras là,
Faire davantage ou bien rien que ça,
S’offrir des bouquets de souv'nirs, des tralalas,
Pour s’en sécher les yeux le jour où tu s'en iras... 




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