19 avril 2015

Fin de deuxième semaine.

Cette semaine, je suis allé m'ennuyer, un peu, pas mal à la projection du film de Ryan Gosling Lost River. J'ai trouvé ça vaguement prétentieux, confus et longuet. Mais avec de beaux moments.


Mais cette semaine, je me suis délecté des derniers épisodes de la troisième saison de House of cards. Kevin Spacey et Robin Wright y sont époustouflants.
Et moi, en haleine tenue, du début à la fin.
Cette semaine je ne suis pas allé voir Tu dors Nicole? un film québecquois dont j'ai vu la bande annonce mais j'irai lundi pour fêter la nouvelle semaine.


Cette semaine j'ai revu avec bonheur une des plus belles scènes d'amour que j'ai jamais vues au cinéma. Travis retrouve son amour qui travaille dans un peep show forcément sordide. Un extrait de Paris Texas de Wim Wenders.

Cette semaine, j'ai lu:
Pourquoi ne pas commencer par une rue? Une rue et un trajet que j'ai suivis presque tous les jours dans les deux sens pendant deux ans. Bjornsonsgraten, sale et encombrée de voitures, un fantôme de rue bordée d'immeubles ouvriers, une radiale, anémiée et froide, au trottoir étroit, longeant une zone industrielle, une station-service, descendant vers Danmarkplass, le plus sombre des carrefours à feux de la ville.
Un peu plus loin:
La joie devant la vie. J'aime la vie. Plus je vieillis, plus j'aime la vie. Je crains la mort.Cela me surprend. Les années ne me rendent pas plus intelligent, bien au contraire, il est possible que je m'achemine vers une bêtise pure et généralisée.
Nous oublions. Nous oublions le fondamental, la joie de se réveiller, de pouvoir se lever, aller dans la cuisine et boire un verre d'eau.
Ce sont les premières phrases du livre de Tomas Espédal: Marcher (ou l'art de mener une vie déréglée et poétique) Collection Babel Actes Sud. 
C'est traduit du norvégien et un bonheur!
Cette semaine, j'ai eu la chance de voir ça sur la route de Pernes à Velleron, en descendant après la fraise géante sur la gauche:




Cette semaine j'ai également démarré une belle collection de glycines. J'y ai ajouté celle-ci, prise à la maison.


Cette semaine, j'ai trouvé  qu'Anne Sila en plus d'être jolie, était aussi une talentueuse chanteuse.

Et si fait d'une semaine supplémentaire ou en moins c'est selon, vécue, enfuie, écoulée. Lundi matin, déjà la suivante s'amène à petits pas de petits jours à vivre...

14 avril 2015

Rose et Marie-Reinette.

Pour les impromptus littéraires de la semaine. Il fallait partir de cette image:




___ Bon d’accord,  ma Rose, les rainettes peuvent naître dedans… Dedans  les roses, je veux dire, ça se peut se défendre, mais  dis moi, les éléphants, alors ?
___Ben facile tu n’as jamais entendu ?
___Nan.
___Dans les magasins de porcelaine, évidemment.
___J’ai toujours cru que c’était les cochons qui naissaient là-dedans.
___Ah non, les cochons c’est dans les poubelles.
___Ah ben tu vois, je mélange tout parce que je croyais que dans les poubelles c’était les danseuses.
___ Les danseuses ? Et pourquoi donc ?
___ La poubelle pour aller danser ça ne te dit rien peut-être ?
___ Dis donc tu es un tantinet confuse, non ? Ça devient difficile de converser avec toi.
___ On ne dit pas converser mais conserver et c’est vrai que je le suis bien mieux que toi… Regarde comme je danse avec les mains...
___ Dis donc tu es un peu confuse, ça ne va pas être facile de converser avec toi. ConVERser.
___ Tu te répètes, je te signale…
___ C’est que j’ai si peur d’oublier…
Une voix d'homme, bienveillante et autoritaire.
___ Allez Mesdames, il est l’heure de rentrer maintenant, la verveine infuse.
___ V’la l’autre qui ramène sa science…
___ Ah tu vois qu’on dit infuse pour la science et pas confuse…
___ Ouh je vais arrêter de parler avec toi, moi. C’est sans queue ni…
____ Sans queue, ni nouille !
___ Une jolie contrepèterie… Te voilà grivoise ? À ton âge ? Et pas une once de honte, n'est-ce-pas?
___ Il n’y a pas d’âge pour la vie, ma belle… Bon sans queue, ni grenouille si tu prèfères.
____ C’est toi la nouille, viens, rentrons vite avant qu’ils ne nous rentrent.
Vieillir n’est pas si rose, tu sais…

___ Mais oui ma Marie Reinette jolie. J’arrive. J’arrive…

13 avril 2015

Fin de semaine, une.

Cette semaine, j'en ai passé une partie avec six jeunesses agréables à Fréjus dans le Var et j'ai eu, aussi eu la chance de me poser devant ça:



Cette semaine, j'ai lu:
L'homme n'est jamais content de son sort, il aspire à autre chose, cultive l'esprit de contradiction, se propulse hors de l'instant. L'insatisfaction est le moteur de ses actes. "Qu'est-ce que je fais là?" est un titre de livre et la seule question qui vaille.
C'est de Sylvain Tesson dans Berezina aux Editions Guérin.
On trouve, parfois des endroits où l'on sait ce qu'on fait là: On regarde et c'est bien.


Cette semaine j'ai vu le film de Pierre Jolivet qui est un cinéaste particulier et éclectique. Il faut revoir Force Majeure, Simple mortel, Fred, Ma petite entreprise, Filles uniques et aller voir Olivier Gourmet sombre sombre dans Jamais de la vie. 
La musique du générique de fin: What a wonderful world chantée par Stacey Kent.



Aussi sombre que cette fin de film là: Asphalt Jungle.

Cette semaine le basilic est sorti de terre, les salades seront gentiment parfumées cet été...




Cette semaine, j'ai trouvé que Bon Sang Charlize Théron est une bien jolie jeune femme...


Et une semaine vécue, fuit, enfuie, écoulée. Lundi matin, déjà la suivante s'amène à petits pas de petits jours à vivre...


11 avril 2015

Les lésions délicates.

Pour les impromptus littéraires de la semaine. Le thème était la  délicatesse des liaisons.


C’est aussi de ça dont j’étais tombé sur le champ fou, foudroyé, raide, amoureux. 
D’elle, en premier, je n’avais vu que cette minuscule trace un peu plus rouge juste sous la ligne noire des sourcils, sur la peau délicate et presque blanche des paupières. D’elle, d’abord, je n’ai saisi que ça, une petite cicatrice de rien, trois ou quatre points tout au plus, un trait fin de deux malheureux centimètres, trois nœuds doubles, quelques grammes de fil en somme et c'est cette lésion délicate qui a bouleversé toute ma vie qui, avant ça, avait l'allure paisible d'un champ fleuri d'Avril.
Ce reste de blessure légère, intensifiait son regard, le soulignait, faisait décoller l'imaginaire.
Elle, celle qui la portait  était une amie de ma future femme qui passait à la maison en savoir un peu plus sur le mariage dont la date s’amenait à grands pas. Je ne l’avais jamais vue auparavant, enfin je ne l'avais jamais remarquée ou alors je n’y avais jamais prêté attention mais ce soir là, pardon...
J’étais dans l’entrée, j’avais ouvert la porte au premier tintement, elles étaient là, belles dans la lumière de l’entrée, souriantes comme deux saintes béates,  elle et sa cicatrice. Alors, je les ai vues et un pan de ciel m'est tombé dessus, j'étais pétrifié, brulé, consumé. J’ai bafouillé : bonjour et pour le bafouiller, celui-là, il en fallait quand même. J’ai réussi après quelques tentatives à articuler un malhabile : vous venez quoi pour ?
Elle a chanté : Je suis une vieille amie d’Aline, je viens aux nouvelles pour votre mariage, je peux la voir ? Elle est là, n’est-ce-pas j’ai vu sa voiture.
Oui, entrez, installez vous faites comme chez moi. T'étais cuit mon pauvre, elle venait de s'emparer de ta vie au cas où tu ne l'aurais pas remarqué. Sans avoir rien fait, juste en étant là, devant toi, elle te tenait. Serré. J’étais en nage. Je lui ai proposé un thé ou autre chose ou tout ce que tu vous voulez, je te vous l’offre. Demandez. Elle s'est assise sur le rebord du canapé, le dos bien plat la nuque droite, les jambes serrés, les pieds un peu sur le côté... Une danseuse je me suis dit. Elle a posé son sac sur les coussins et  elle m’a regardé avec un demi sourire puis, elle a exécuté, sur une musique silencieuse, une petite danse gracieuse et magique avec deux de ses mains et un chignon express un peu ébouriffé s’est dressé sur sa tête comme une sculpture contemporaine, élaborée. À grimper. Je ne suis pas tombé amoureux, je me suis dressé, élevé, agrandi en amour pour elle. Là, de suite. Ici, dans cette pièce. Elle était belle comme un jour neuf.  Et pourtant, mes genoux bien moins vaillants que mon coeur, m’ont lâché, j’ai glissé vers le sol, le dos appuyé contre le mur et je l’ai regardée, c’était joué. Mais c'est la vie qui est faite ainsi,  on est exposé en permanence, on ne peut jamais se croire à l'abri. De rien. Tout peut toujours arriver, tout le temps. Je voyais bien qu’elle me dévisageait vaguement amusée mais dans son regard, il y avait aussi une intensité que, je ne suis pas tout à fait dingue, j’ai bien sentie. 

Deux jours après, dans les pleurs, les cris, les renoncements, les hurlements le minuscule trait qui m’avait conquis et tout ce qui était autour, devenait un mois à peine avant mon mariage, une liaison délicate et ma vie un formidable chant de batailles…






04 avril 2015

À qui ça tient?

À quelques signes presque imperceptibles, à de vagues messages qui nous sont envoyés par on ne sait qui, d’on ne sait où,  mais qui nous arrivent en plein dans le mille de l'âme...
À des sensations qu’on pensait enfouies, dissimulées, oubliées,  perdues... mais qui nous traversent et nous éclairent.
À des instants qu’on se remet à voler au temps qui s’égraine, à des regards croisés dans les rues, à des sourires échangés, à des mots envoyés, à des énergies ressenties qui nous font nous lever plus tôt, marcher moins vite, coucher plus tard...
À ce soleil qu’on ne voyait plus disparaître et qui, désormais, nous cueille le soir venu... 
À cet horizon qu’on pensait effacé et qui dit: « Dites, les gars, je suis là, vous aviez perdu l’habitude de me voir mais je suis bien là, présent... Regardez moi, un peu, maintenant... »... À ces tiédeurs ressenties  au dos d’un mur Sud sur les coups du midi, à ces odeurs qui reviennent portés par des vents désormais moins mordants, à ces envies de terrasse, le front levé, tourné vers une chaleur qui enveloppe...
À ces soirées qui s’étirent, un brin et nous offrent des minutes à vivre, à ce linge propre qu’on se remet à étendre dehors...
À ces corps qui se dévêtent de peu: envolées les  peaux  de laine, égarées les moufles, dévoilées les gorges...
À ces oiseaux fragiles qui semblent plus gais, à ces écureuils très maigres entre aperçus sur les troncs des arbres des jardins enfin accessibles, à ce lapin que j’ai vu gambader toutes pattes dehors et  traverser, en flèche rousse, le cœur vert de l’herbe...
À ces portes fenêtres qu'on entrouvre, à ces chambres qu'on aère, à celles qu'on ne referme pas de suite en venant du dehors...
À ces forces nouvelles qui dans notre sang bouillonnent et surprennent…
À ces brins d’herbe qui s'allongent, à ces pelouses qui fleurissent, à ces mots qu’on prend le temps de s’échanger dans la rue, moins pressés par le froid et ses gifles...
À ces couples de canards qui se chamaillent à plumes que veux-tu, à ces chiens qui se reniflent les culs avec davantage d'insistance, à ces chats qui, les nuits de lune pleine s'en miaulent de rauque... 
À ces repas qu’on se remet à prendre en terrasse, pendant qu’il fait encore bon… À cette légère tristesse qui vous attrape en présence de choses joyeuses, à ta main dans les siennes...
À ces horizons qui se dévoilent le matin tôt sans plus être enveloppés de brumes ou de brouillards épais comme des soupes... À ces arbres qui s’ébrouent débarrassés du gel ou du givre dont ils étaient emmitouflés... à ces haies qui se repeuplent et se remettent à vibrer des vols agités, des présences farfouilleuses...
À ces vignes taillées, prêtes à grandir... à cette terre remuée, prête à donner...
À ces enfants qui traînent au sortir des écoles et qui restent là à jouer, encore, un peu, "s'il te plait, il fait si jour..."
À ces plantes qu’on arrose, qu’on nourrit, qu’on observe d’un œil sourcilleux...  « Va-t-elle enfin repartir, celle là ?  Allez vas-y, quoi, fais ta belle, démarre...» 

Alors voilà à qui ça tient.
À ces petits riens, qu'on perçoit, qu'on devine mais qui vont bien finir par nous éclater aux visages. On le sent, il est là, il se retourne, il s'éveille doucement, il s'étire, il se lève, il revient, et  franchement, franchement qui songerait à s’en plaindre ?

À ces quelques notes joyeuses, chantées par Léo Ferré, entendues, qui venaient du coin d’la rue, fêtant les coquelicots,  les lilas mauves et puis les blancs… 


C’est l’printemps...


02 avril 2015

Jour bleu.


Aujourd'hui, journée mondiale de sensibilisation à  l'autisme.

Pour, entre autres, la scolarisation des enfants...

http://www.huffingtonpost.fr/2015/04/02/sensibilisation-autisme-comment-comprendre-personnes-autistes-aider_n_6984254.html?utm_hp_ref=france

31 mars 2015

Terrassé.

Pour Les impromptus littéraires de la semaine: Le bricolage.


Cette fois c’est décidé, ce week-end je m’y colle. J’ai regardé la météo, ils annoncent grand beau sans vent. Un temps idéal pour s'activer.
Il faut que j’étrenne mon diplôme tout neuf. Je viens d'obtenir un CAP suédois en montage de Gündropp. Les trois même étagères. La dernière j’ai mis deux heures de moins que les deux premières. J’étais fier. Mention bien, messieurs dames. Ça pose un bonhomme.
Le vendredi soir, je prends les mesures et je fais ma liste, le samedi matin, je fonce à l’ouverture chez Leroy Brico, je remplis la bagnole et en rentrant j’attaque. Dimanche matin, je m’y remets de bonne heure et si tout va bien le soir on peut marcher sur la nouvelle terrasse en bois. Des mois que j’y pense, des mois que je calcule,  une fortune dépensée en magazines de décoration où la simplicité minimaliste le dispute à la rigueur minimale, à douze mille euros le mètre… Celle que j’envisage devrait me coûter un avant bras mais si je me débrouille bien,  le résultat le vaudra. Comme c’est le palier d’entrée devant la maison, cela mérite d’être un peu soigné tout de même. J’ai choisi une terrasse en acacia pour éviter le teck, la déforestation et le saccage de la planète. Elle sera un peu plus chère qu’une autre mais tant pis. Une dizaine de mètres carrés à couvrir et tout ce coin là qui était plutôt vilain habillé de neuf. 
Je m’en régale à l’avance.
À l'aube, je fais le pied de grue devant l’hyper marché du bricolage, nous sommes plusieurs dans ce cas. Je me suis collé un crayon mine sur l’oreille pour faire genre. J’ai un jean troué et un sweat shirt qui a dû appartenir à Charles Quint. Je ne suis pas rasé, à peine lavé et j’ai  une trace de café noir aux coins des lèvres et des miettes de croissant dans les cheveux. Je fais bricoleur du samedi, non? La grille monte nous entrons. Je suis obligé de prendre deux caddies à cause de la longueur des planches. Je sais où je dois aller, c’est là-bas à l’extérieur au fond du rayon jardinage. Je m’approche avec mes deux caddies de compétition, je repère les planches, je les mesure avec mon Stanley trois mètres à molette tactile, flambant neuf et je commence à charger. Il fait une belle chaleur. En dix minutes, je suis en nage. Un quart d’heure, un caddie. Je pousse le premier plein dans l’allée et je commence à charger le deuxième. Le dos me brûle, les bras commencent à flageoler, j’ai du mal à respirer, je ne suis pas confort confort. Une vingtaine de minutes après le deuxième était plein comme un truck canadien du Grand Nord. Cette fois j’avais tout. Avant les planches, j’avais acheté visseuse, vis, marteau, niveau à bulle, enfin, le petit nécessaire quincailler… Je me suis essuyé le front, j’ai descendu une bouteille de gazeuse minérale que j’avais emportée et je me suis saisi du premier caddie pour l’approcher des caisses. J’en avais bien pour six ou sept cent euros de bois… Un avant bras et la main en plus.
Là, un vague malaise et une vision. Je me suis vu passer la caisse et devoir charger tout ce bois dans la voiture. Je me suis vu arriver à la maison devoir  enlever tout ce bois DE la bagnole. Plus le montage, vissage de la terrasse. C’était au-delà de mes forces. J’ai été d’un coup anéanti par les tâches à venir.  Terrassé. Alors, j’ai entendu un cri, comme un ordre : Mais fiche donc le camp d’ici, malheureux ! Tire-toi, vite.
J’ai planté là mes deux caddies pleins comme des gueules d’ogre et je suis sorti.

En passant devant le rayon détente, j’ai attrapé une chaise longue en pur teck de Malaisie. Je pouvais bien m’offrir ça et, désormais, j’avais tout le week-end  pour en profiter… J'allais pouvoir me plonger avec délice et gourmandise dans deux trois bouquins de De Luca que je venais juste de recevoir...



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