16 avril 2014

Décalées.

Pour les Impromptus Littéraires de la semaine. Il fallait écrire un texte avec du chocolat dedans.

___ Allo ?
___ Allo, c’est Bob à l’appareil.
___ Salut Bobby chéri t’es où ? Comment vas-tu bien ? Qu’est ce qui t’amène ?
___ Heu… Je réponds à laquelle en premier Cinda love ?
___ Oui excuse moi Bobinou d’amour mais tu me connais, je suis toujours à deux cent pour cent à l’heure… Et là, j’ai de l’huile sur le feu si tu vois ce que je veux dire.
___ J’en ai pas pour longtemps ma Cindabelle. Je t’appelle parce que demain soir j’ai des amis à manger et je voudrais leur faire ce qui nous avait régalé la dernière fois chez toi tu sais ta recette de mousse au chocolat au filet de Saint Pierre…
___ Mais je n’ai pas reçu l’invitation mon vilain Bobinou…
___ Heu mais heu ce sont des amis heu lointains de Jord qu’il n’a pas vu depuis longtemps et puis heu toi  tu n’as pas besoin d’invits, pas de ça entre nous, tu viens quand tu veux, tu es chez nous comme chez toi, tu le sais bien depuis le temps qu’on se connaît, je n’ai même pas besoin de te le dire. Ct’une évidente évidence Ma Chérie.
___ Peut-être mais c’est bon à entendre… Bon alors la recette, attends je farfouille dans mon Palaxitron et je te dis ça de suite. En vrai c’est facile, d’un côté tu fais une mousse au chocolat toute bête avec des fèves venues du Nord Congo, quand même et au gingembre-sauge. De l’autre, tu fais griller des filets de Saint Pierre ou de vivanneau, selon ce que tu trouveras. Je fais venir mes Saint Pierre par Armando, un pêcheur de Vila Nove de Milfontes au Portugal. Ils sont pêchés la veille... Quand ils sont prêts, il vaut mieux attendre qu’ils le soient, c’est bien meilleur, tu les citronnes légèrement au citron de Grenade et juste avant de servir, tu poses deux ou trois cuillères à soupe de LA mousse sur les filets. Puis tu te dépêches de filer à table. Normalement tu verras, ils devraient être surpris…
___ Formidable, je te remercie bien. Tu sais que tu es géniale tu as des idées toujours un peu folles, j’adore…
___ Et en entrée tu as prévu quoi chéri ? Que je salive à l’avance même si je ne suis pas la bienven…
___ D'abord, en mise en bouche, je vais partir sur un Tempura de joues de castor et ensuite, un chausson  de carottes râpées au gorgonzola avec une sauce  Limoncello menthe de Djerba…
___ Whaouh ! Tu es sur de ton coup ? Tu es certain qu’il n’y a rien qui cloche ?

___ Heu non, je me lance mais j’ai vu la recette dans Cuisine Extrême du mois dernier : Un spécial recettes décalées…



13 avril 2014

Abattons, rompus.

Ils sont deux, elle dans un canapé, un magazine à coiffeurs dans les mains, ses deux jambes allongées posées sur les siennes à lui, un casque à musique sur la tête. 
Il essaie d’écouter. A chaque fois qu’elle lui parle, il doit décoller une oreillette  pour entendre. Elle, elle lui parle. Beaucoup. Il est un peu agacé mais il s’efforce de ne pas le montrer. Il n’y arrive pas et plus elle le sent tendu plus elle lui parle. Evidemment.
___ Dis Choupino, tu as vu comment il l’a quittée ce monstre ?
___ Qui a quitté qui, Mour ?
___ Comment tu ne sais pas ? Tout le monde en parle, tu reviens d’où, tu as passé ta dernière semaine sur un anneau d’Uranus ?
___ Les anneaux c’est Saturne Choup.
___ Oui, peut-être, mais Pluton ou Saturne c’est pareil. C’est loin de nous.
___ L’une est plus loin que l’autre quand même Namour et surtout l’une a des anneaux que l’autre n’a pas…
___ Tu me fais un cours ou quoi ? Quel frimeur tu fais avec tes anneaux…
___ Je ne frime pas, je précise… Bon comment l’a-t-il quittée, alors ?
___ Un sms, il lui a envoyé un sms. Tchaac. Trois mots. Je te kit. Une claque.
___ Et ça te choque, ça ?
___ Ben oui c’est violent quand même, non ? Dans ces circonstances, on a droit à des mots, mieux on a droit à des phrases, à des explications, à de l’articulé, du prévenant, de l’argumenté, de l’emballage, du civil, du correct…
___ De l’emballage, dis-tu ? Pour ce genre de cadeau pourri ? Et puis, la nouvelle même en forme de lame, merci bien, je détesterais ça, j’aurais envie de t’arracher les yeux si tu me faisais ça…
___ Tu en aurais envie même si je te le disais en face, non ? Sois honnête… 
___ C’est pour ça qu’il vaut mieux être loin, que tu n’aies pas l’autre sous la main. En plus ça évite de s’humilier à pleurer, supplier, ce qui ne sert à strictement rien puisque la décision est prise. Ça ne fait que la renforcer. Alors, une fois que tu as bien pleuré, ne pas être présent  ça t’évite aussi de te lâcher, de dire des saletés, des trucs qui vont forcément dépasser ta pensée parce que là où tu en es, tes pensées, elles ne sont pas jolies jolies à surprendre si tu veux mon avis… Un autre avantage que je vois c’est que ça peut aussi dispenser des gifles que tu dois avoir une belle envie d’envoyer… Non, non moi quitte à l’être, j’aimerais bien que tu me quittes comme ça… Un sms, trois petits mots, « je te quitte » et hop, tout est dit, du moins l’essentiel, le tour est joué, les carottes sont cuites, l’affaire est finie, je m’arrange avec ma douleur… Ainsi je ne t’infligerais pas ma peine et mon ressentiment. Je n'aimerais pas que tu te sépares de moi en me disant que c'est toi qui débloque, que j'aurais toujours ton admiration, que je suis un gars formidable MAIS... Si je suis si formidable, ben reste, alors... Les raisons qui font que tu me quittes, elles t'appartiennent, tu n'as pas à me les livrer...
___ Ah tu l’avoues tu aimerais que je te quitte… Tu n’as pas le courage de le faire ?
___ Ne mélange pas tout tu veux ! On parle méthode, pas finalité.
___ Tu sais que tu es chiant à tout pinailler ? Un jour, un jour je te quitterai pour ça. On ne peut pas parler avec toi.
___ C’est bien pour ça que je me tais.

Mue par un agacement certain, elle s’est levée du canapé et, en ronchonnant :

___ Puisque c’est ça, remets bien bien ton casque, je m'en vais passer l’aspirateur…


09 avril 2014

Surprise, tu parles!

Pour les impromptus littéraires de la semaine. Il fallait raconter une fête d'anniversaire.

Le premier qui s’est pointé a sonné vers huit heures.
A cette heure là, ce jour là, j’avais déjà fini de bouffer, je m’étais envoyé le reste de la daube d'hier et un sachet entier de patates rissolées. Pour accompagner les deux petits chèvres, j’avais descendu une bouteille de Morgon aussi. J’étais plein, gonflé. J’avais  débarrassé la table, passé un coup d’éponge et enfourné la vaisselle sale dans le lave-vaisselle. J’avais posé les pieds sur la table basse et déboutonné mon falzar. Je m’étais collé un bâton de réglisse dans la bouche comme je le faisais après chaque repas depuis que j’avais arrêté de fumer. Je trouvais ça dégueulasse mais ça me calmait. J’avais éteint les lumières dans la cuisine et plus personne allait venir m’emmerder... Que je pensais.
Deux coups, il a sonné deux fois cet imbécile. Je me suis levé en râlant et je suis allé lui ouvrir. Il avait un carton à gâteaux dans les bras.
Qu’est-ce-que tu fous là à cette heure ? Je lui ai demandé.
J’avais envie de te faire une bise, il m’a répondu. Première nouvelle. Je le pose dans la cuisine? Fais comme chez toi, mon grand.
Après un temps, j’ai dit : Ben, entre, reste pas là dehors comme un con.
En vrai, j’avais envie de lui refermer la porte sur le nez et je me demandais pourquoi il venait m'emmerder, gentiment mais m'emmerder quand même, ici, à cette heure là. Est-ce que je débarquais chez lui le soir, moi ? J’aurais vraiment aimé qu’il fasse pareil, c’est à dire qu’il reste dans sa baraque et pourtant, lui, je l’aimais bien.
On était à peine assis l’un en face de l’autre, avec la télé derrière qui gueulait encore, que ça a sonné à nouveau.
Bordel, mais c’est la soirée ! J’ai dit. D’habitude ça ne sonne jamais et là deux fois en dix minutes !
Quand j’ai ouvert, je l’ai vue, elle, toute pimpante avec un bouquet dans les mains et Lui, derrière un plateau de fruits de mer au-dessus de la tête et après ces deux là, il y en avait encore trois autres. Tous des potes mais des potes de jour, des potes du boulot que je ne voyais jamais quand la nuit était tombée. Ben merde vous n’êtes pas chez vous à cette heure ? Vous avez vu qu’il fait nuit non ? Vous voulez quoi ? C’est quoi votre délire j’ai dit.
On vient boire un coup et manger deux huitres avec toi qu’ils ont dit. Mais en quel honneur ? Je vous ai rien demandé ! J'ai fait mine de protester mais ils n'ont rien voulu entendre.
Mais c’est ton anniversaire aujourd’hui grand couillon… Qu’ils ont répondu en un chœur écoeurant.
Eux, ils avaient tous l’air ravis de leur surprise. Je hais les surprises. Je déteste encore plus les anniversaires. Vieillir c'est pas mon truc. Fêter ça encore moins. J'avais tout fait pour l'oublier celui-là. Qui peut se réjouir de n’être pas encore mort à quarante ans ? Alors, ils sont entrés en me bousculant, presque. J'ai eu envie de vomir. Ils n’avaient pas fracassé la première pince du premier crabe, ils n'avaient pas englouti la première des six douzaines que j’étais dans ma chambre, couché, une bassine à mes côtés. 
Je m’en souviendrais  de cet anniversaire. Ah pour l’avoir bien fêté, ça,  ils l’ont bien fêté!
Je n’ai pas dormi de la nuit à cause de la bamboula qu’ils faisaient en bas.
En plus de ça, elle m’a coûté un bras leur petite fiesta : Ils avaient amené à bouffer pour douze, ces crétins, mais comme ils n’avaient rien apporté à boire…

C’est ma cave qui s'en est pris un sacré... De coup de vieux.



06 avril 2014

Hier soir...

Hier soir, j'ai eu le bonheur d'être à Cavaillon dans la même salle que ces gars là...
J'en ai pris plein le coeur et la machine à larmes et à sourires a fonctionné à plein régime. De quoi affronter le mistral en sortant...

Merci à Loïc Lantoine... Et ses collègues... Pour cette belle soirée suspendue.











02 avril 2014

A l'anglaise...

Il n’a soufflé un brin que lorsqu’il a débouché en tête au sommet de la dernière bosse. 
Toute la dernière montée il l’a faite en apnée ou pas loin. Il n'avait décroché le croate et le vénézuélien que vers le haut. Il était rouge comme une tranche de thon albacore et désormais bien entamé mais en tête. Il entendait déjà les hurlements qui venaient d’en bas, de la ligne d’arrivée. Alors, il s’est vu soulevant son engin pour la quatrième fois en passant LA ligne. Les autres étaient loin derrière, il ne sentait pas leurs souffles rauques dans son dos. Une fois encore, il les avait dégoûtés. Décidément, ils n’étaient pas de la même espèce. Lui, était un surhomme. Un de ceux qu’on admire et qu’on soupçonne, aussi. Mais on n’avait jamais rien trouvé de répréhensible. Il était d’un autre moule, d’un de ceux qu’on ne rencontre que très rarement. Dur au mal, presque insensible à la souffrance il était capable de supporter des séances d’entrainement deux fois plus éprouvantes que les autres et des produits que seul son médecin particulier connaissait et en course ça se voyait... Là où les autres flanchaient, lui commençait à s’animer. Il finissait par les écoeurer. Alors, ils lâchaient prise et le laissaient partir seul. Devant.
Et lui terminait sa course, boueux comme les autres mais passant la ligne en levant son vélo au-dessus de lui comme un trophée. Premier comme d’habitude.
Dans une généreuse campagne anglaise, grande banlieue de Londres, baignée de verts pimpants, la course qu’il allait gagner dans quelques minutes serait sa quatrième médaille d’or olympique d’affilée. Sa quatrième. Douzième année d’un règne sans partage. Et entre temps, il avait tout raflé. C’est simple il n’avait perdu que les courses auxquelles il n’avait pas participé. Alors, il a pris le temps de revoir ses triomphes, de se les remémorer, de se rappeler les podiums, les interviews, les images de toutes ses victoires et c’est là que tout a commencé à merder. Dans l’avant dernière portion de descente, une pente un peu plus raide encore tout cela lui a semblé d’un dérisoire à pleurer, d’une vanité folle.  Toute cette gloire, approchée de près lui est soudainement apparue absolument déplacée, si inutile. A-t-elle empêché qu’il soit quitté ? Non. A-t-elle empêché que ses enfants s’éloignent de lui ? Non. L’a-t-elle assuré de la sincérité de ses amis ? Non. L’a-t-elle rassuré sur sa propre valeur ? Pas plus. A part un confort matériel que lui a-t-elle apporté qu’il ne puisse pas perdre ? Rien. Rien. Rien. Alors, un sentiment de vide immense l’a attrapé à la gorge, lui a coupé le souffle et  raidi tous les muscles. Aussi dur qu'un cube de béton vibré.
Aussi, il n’a pas été fichu de négocier le dernier virage, il a coupé droit dans la forêt, il s’est échappé de là. Bien entendu, il n’a pas franchi la ligne. Il a continué de pédaler ses forces revenant au fur et à mesure qu’il s’éloignait de la foule hurlant.
Il n'accrocherait pas la quatrième à son cou. Pourquoi faire? Les trois autres breloques ne l'avaient pas rendu plus heureux.

Un pêcheur à barbe blanche du plein Nord de l'Ecosse l'aurait aperçu quinze jours plus tard qui, assis sur un rocher dans les environs de Rhiconish, un large sourire aux lèvres avant de s'attaquer à la  raideur de la côte menant droit au sommet de la Grande falaise, plongeait ses mollets meurtris dans les bouillons brassants d’une flotte gelée...


30 mars 2014

C'est entendu.

Entendu ce matin chez le buraliste :
Bonjour, je voudrais du papier à cigarette bio…
Pour attraper un cancer durable ?

La poissonnière ce matin au marché :
La semaine prochaine je ne serai pas là. Nous partons en vacances dix jours. Aux Maldives. Nous adorons la plongée…
L’impression de planer au-dessus de leur étalage?
Une cliente: Dites, elles sont fraîches vos dorades? 
Ben non, peuchère, elles sont vieillasses, c'est pour ça que je les vends...

Après le débat NKM-Hidalgo: Les femmes sont des hommes politiques comme les autres.

Le front national rêve d’une percée. D’ordinaire ce sont les furoncles qui percent, non ?

Pour une poissonnière, pratiquer la plongée c’est un peu comme si un boucher  campait dans le Charolais ou un fromager habitait une cave à Roquefort?

Entre les deux tours, la déferlante bleue marine s'est transformée en un tsunami de miel... Ça dit quelque chose, mais quoi? 

Poutine aimerait beaucoup le sport... Les nazis aussi aimaient le sport... Dix minutes avant la finale du cent mètres plat à Berlin en 36.

Deux gagnants du loto ont se sont partagés 120 millions d’euros. Ce doit être la seule fois où en perdre 60 doit procurer une grande joie.


17 mars 2014

Une parole c'est une parole.

Pour les impromptus littéraires de la semaine. Le texte devait débuter par les premières phrases du Voyage au bout de la nuit.

Ça a débuté comme ça. Moi j’avais jamais rien dit. Rien. 
Pendant tous ces longs mois, pendant toutes ces années, même, je l’avais fermée, à double tour, j’avais fait le dos rond plutôt trois fois qu’une, j’avais attendu, puis,  espéré que ça passe mais jamais, jamais ça n’était jamais passé, ça n’avait jamais cessé… Pas une seule minute de répis, pas le moindre petit repos possible, pas la moindre période sans… Dieu sait que ça n’avait pas été facile de regarder tout ça se dérouler sous mes yeux, là juste devant moi, sans rien dire, Dieu sait qu’il m’en avait fallu de la résistance, mais j’avais tenu. Pas une fois, pas une seule putain de minuscule petite fois je n’avais risqué une phrase ou posé un mot, pas une syllabe et il m’en a fallu de la constance pour garder le silence, j’aime mieux vous le dire. Ça n’a pas été facile, ah ça non… Mille fois j’ai eu l’occasion, l’envie, la volonté de l’ouvrir et puis j’ai, à chaque fois réussi à continuer sur le chemin choisi. On ne se refait pas, j’avais donné ma parole de ne rien dire, je m’y suis tenu. Avec rigueur, avec une détermination sans faille, sans le moindre relâchement, sans le plus riquiqui des laisser aller. Mais ça m’avait coûté ! Combien de fois m’étais-je dit : mais mon pauvre c’en est trop, cette fois tu ne peux pas rester là silencieux comme un bloc de marbre, ouvre là vas-y fonce, hurle, crie, dis le, parle enfin, envoie tout ça à la face du monde tu en seras soulagé, allégé. Tu seras comme un homme neuf et puis rien. Une parole, c’est une parole.
Oh... J’ai bien senti que plusieurs fois certains proches me suggéraient vaguement d’enfin l’ouvrir, c’était logique, c’était légitime, ils en avaient le droit ils voulaient savoir. Ils voulaient prendre leur part. D’une certaine manière, ils voulaient partager toute cette fange avec nous, être ainsi plus proches encore. Hé bien non, là aussi, je n’ai rien lâché. Une parole c’est une parole.
Certains sont allés jusqu'à me proposer de l'argent et, parfois, je le dis sans vergogne, ce furent des sommes rondelettes que j'ai refusées. C'était mal me connaître, je suis du genre à ne pas savoir vendre un bouquet de tulipes en Avril, alors quelques misérables secrets, tu penses bien que je me fais fort de les garder...

Et vous mêmes, vous mêmes, je vous sens bien, là, en train de se demander : Mais tu crois qu’à la fin il va nous le dire ce qu’il doit taire ? Tu penses qu’il va nous mettre dans la confidence, qu’il va lâcher le morceau? J'espère qu'il ne va pas nous laisser sans savoir.
Alors, je préfère vous le dire de suite : Si j’ai fait serment de me taire, voilà des mois que je le tiens, ça n’est pas pour tout abandonner ni ici, ni maintenant, ni à vous. Désolé, mais, j’ai jamais rien dit. Rien. 
Il n’est pas question que ça débute...


10 mars 2014

Ça vient.

Pour Les impromptus de la semaine. Le thème était le printemps des poètes.

Ça commence,
On ne sait pas d’où.
D’une odeur, d'un signe,
D’un pépiement d’oiseau,
D’un ciel qui diffère,
D'un parfum qui s'affaire,
D’une douceur extrême,
qui flotte comme ça dans l’air…

Ça se met en Mars,
On ne sait pas quand
Au réveil, au couchant,
Un matin, au levant,
Par une autre lumière,
un tremblant d’atmosphère,
Le ciel, d'un coup, d'un seul,
Au dessus de nous s'éclaire.

Ça s'ébroue,
D’on ne sait pas quoi,
D'un trouble, d'un émoi,
D'une branche agonisant,
Du ventre d'un froid mordant.
De nos gris, de nos peurs,
Du dessous dégelant,
D'un jaune renaissant.

Ça s’amène sans fard,
Sans tambour, ni fanfare,
Ça s’en vient ainsi, dieusement.
Ce n'est pas dommage,
C'est même étonnant,
Ce peut être renversant...

Ça émeut, ça chamboule,
on ne sait pas comment.
Et puis, c’est là. Un beau jour:
Un bourgeon, puis deux, puis cent.

Alors, de Lille à Moscou,
De Paris à Padoue,
On la chante la venue du printemps.


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