14 janvier 2017

À l'ombre du figuier.

Pour Les impromptus littéraires de la semaine. Le thème était: À l'ombre du figuier.

À l’ombre changeante du figuier,  animée par le souffle léger du vent d’ici, comme bercée par une musique estivale et sucrée, si l’on regarde avec attention, on y perçoit encore la tienne parmi la poussière, les pierres et quelques figues tombées, oubliées, éclafouillées,  perdues pour nos gourmandises, mon bel amour, de celles que nous n’avons pas eu le temps de  goûter puisque tu n’as pas daigné attendre la fin de l’été pour prendre le large, pour t’enfuir presque, si loin des figues, des figuiers et de leurs ombres, si loin de moi, de cette campagne que tu disais ardemment aimer, loin de ces odeurs dont tu disais avec force qu’elles t’étaient devenues indispensables, de ces paysages dont tu ne cessais de vanter le bien-être qu’ils t’apportaient, le bien être, la paix et la sérénité profonde, je l’ai cru sur paroles, si loin de cet endroit dont tu avais pensé sincèrement qu’il serait ta dernière demeure, ton dernier pays, ta dernière aventure, une ou deux larmes jaillissant de tes yeux embués venaient appuyer ce mot précis, ta dernière adresse avant l’éternité promettais-tu, certes en t'enflammant quelque peu, j'aurais dû être un peu plus vigilant, je m'en veux aujourd'hui, je me sens même vaguement coupable de t'avoir tant écoutée, les yeux si fermés, si loin que je ne sais même pas quelle route tu as prise, par quel vent t’es tu laissée pousser, quel souffle, sans aucun doute nouveau, t’auras emporté, vers quel avenir as-tu filé  sans te retourner, en ne laissant derrière toi, ici que l’ombre de ton ombre, maintenant  sais tu, malgré tout, que je repense nuit et jour, heure après heure à ce soir de Juillet, sans saisir ce qui nous est arrivé, sans vraiment comprendre ce qui t’a éloignée, sans pouvoir me souvenir de ce que j'ai bien pu dire ou faire qui aurait été la cause de ton départ, je repense, chaque minute vécue où je t’ai dit, ce furent mes derniers mots par toi entendus, viens mon amour, mon bel amour, allons nous asseoir à l’ombre du figuier.

Au fond, sans toi, le souffle m’est désormais coupé.


4 commentaires:

M a dit…

Pas tout à fait ! Bravo pour la belle simplicité ...

chri a dit…

@ M Merci.

Anonyme a dit…

personnellement, j'évite l'ombre des arbres fruitiers, d'une part parce que je me prends toujours un truc sur la tronche (et les chataîgnes en particulier ça fait mal) et d'autre part parce que ça m'a jamais aidée à comprendre les mathématiques de la gravitation universelle.
Marie.

chri a dit…

@ Marie Et un apple sur le pif? On peut s'y prendre de très mauvaises nouvelles, aussi! :-)

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