30 mai 2009

Là haut…

Si  tu es en peine de jambes, tu peux monter en voiture jusqu’au Pont de La lance. Si tu es dans la vaillance, tu peux partir du cœur du village et même de l’intérieur de ses remparts. Avant d’attaquer, tu auras serré les lacets de tes chaussures puis, tu te seras arrêté chez ce boulanger où il est écrit qu’on peut lui dire bonjour… Qu’on PEUT et pas qu’on DOIT... Tu lui auras acheté un pain aux céréales qu’il aura cuit dans la nuit et tu auras rempli ta gourde à l’eau courante de la fontaine de la place. Ensuite, tu auras pris le chemin qui démarre de derrière la caserne des pompiers bénévoles. Tu verras dès les premiers mètres ça part si fort, que c’est le nez dans les cailloux que tu commenceras à grimper. A partir de là, même si tu es en belle compagnie, tu feras silence mais pas comme un vœu, par obligation.  Heureusement, le chemin qui s’élève comme un doigt montrant le ciel est d’entrée à l’ombre de la forêt. Il le restera jusqu’à la barrière qui protège du vide, là haut vers le Pont. Ainsi, à la rigueur de la pente ne s’ajoute pas le poids du chaud, quelle que soit l’heure du jour, le frais y est à son aise.
Il te passera sur la nuque comme une caresse de Marie Madeleine...
Une fois là haut, il te faudra marcher un temps sur la route tracée pour y édifier une station de ski qu’on avait eu la bonne idée d’abandonner en cours de projet. Les chamois auraient, parait-il, applaudi. Reste la route. La Lance la franchit, elle court sous les piles de bois, tourbillonnant, roulant des épaules comme pour  rassembler un peu de ses forces, prendre ses élans avant les grands sauts qui la mènent au droit du village en plusieurs cascades coléreuses. Passer les traverses de larges planches et virer à droite, laisser le hameau en désordre sur la gauche et continuer de monter sur cette route de pierres, large comme deux attelages. Sur la droite quelques vasques où l'on se baigne mais seulement en été quand les pierres ont chauffé le torrent, vers le midi du jour, en compagnie de truites longues comme des avants bras qu’on attrape avec beaucoup de patience de ruses et de vers... Un long et délicieux passage en sous bois, accompagné par le grondement du torrent sur les schistes plates que tu longes avant de grimper vers le refuge de la Fruchière. On y vient dormir parfois et on y dort dehors, sous l’abri de la table en bois quand les ronfleurs du dedans dérangent...  Ces nuits là, on est réveillé par le chuintement des étoiles filantes qui zèbrent le noir du ciel, par les farfouillements énervés des sangliers  par l'humide du matin et parfois l'ombre d'un loup se faufilant entre les sapins. Une montée assez raide et c’est le refuge du Juge.
Et c'en est un, pour sûr. Si tu te sens bien, tu poursuis, si tu en éprouves le besoin tu t’y poses, un temps, ce sont tes jambes, ton souffle  et ton cœur qui décident. Plus toi. Reposé, puisque tu t’es arrêté, tu reprends la montée qui t’amène, il faut me croire, au pays des marmottes, une longue plaine verte presque plate, enfin plate pour les pentes d’ici... Elles sont toutes là, comme des gendarmes aux carrefours, dressées sur leurs pattes arrière et sifflent comme des peintres italiens quand on approche. Du printemps à la fin Juin, on peut voir les petits courir dans cette plaine et plonger dans les terriers au premier sifflement. Là, tu stoppes et tu regardes. Ce sont, maintenant tes yeux qui commandent. Des centaines de peluches caramel qui plongent dans les trous sombres des terriers et qui ressortent dès que le silence revient et qui jouent à trappe trappe dans cette petite plaine, comme une paume tendue vers le bleu, la lumière étincelante du torrent dans le fond de son creux. Si tu ne ressens rien, si ton âme reste muette, si ton cœur n'est pas serré d'émotion, redescends de suite, tournes le dos, cet endroit n’est pas pour toi.  Pour les autres,  à part le souffle qui manque un peu, à cet endroit, le seul souci qu'ils puissent avoir c'est: où regarder? Un peu plus haut sur la gauche, à mi-pente, sous la barre de roches, les cabanes de Bressanges. D’anciennes bergeries reconstruites à mains nues au plein mitan des champs d'or de boutons jaunes. Remontées de leurs ruines en donnant davantage de fruit aux murs pour lutter contre la poussée de la montagne.  Elles sont là, deux, dont l'une reste toujours ouverte et garnie, un poêle, du bois, du sel, une paillasse, des allumettes qu'on puisse s'y abriter et s’y chauffer en cas d'orage, de temps mauvais ou de simple fatigue.   Agrippées à la pente, elles sont ouvertes, la cheminée y fume, le feu y est allumé, prêt à cuire ce que tu apportes. Si tu n'apportes rien on partagera ce qui était prévu... Ca tombe bien qu’elles soient ouvertes, c’est là que tu viens... L'eau qui dégringole en un fil de lumière de la barre rocheuse du dessus est fraîche et bienvenue. Les poignées de main rigoureuses et fermes, le verre proposé. Approche, entre, tu es attendu, même si on ne t'attendait pas. Au cours du repas tu apprendras qu'on peut devenir propriétaire de ce qui s'appelle une montagne... Quatre centaines d’hectares, d'un seul tenant, délimités par une rivière, une vallée, une barre rocheuse et un groupe de pics... Jolies clôtures... S'il te reste un peu d'allant après le repas, tu peux poursuivre au-delà du rempart rocheux qui surplombe. Ils en ont, les deux qui te parlent, remonté une, de cabane en traçant le chemin dans les caillasses avec les ongles. Galériens par flemme, ils l’ont creusé simplement pour gagner une heure de marche...On y monte en compagnie des chamois. Ils en disent que là-haut c'est un paradis... Ici donc, juste un purgatoire? Si le mollet t'en dit, tu peux monter au Lac du Lignin par le sentier en échelle.  D'en haut, la vue replonge dans l'autre vallée comme un vol de buse vers Aurent et ses cinq ou six habitants. Puis après avoir imprimé ce qu'il y avait à voir, tu peux redescendre, parce qu'il faut toujours redescendre... heureusement.
Ainsi, on peut, c'est imparable, y remonter, un jour...

La lance

23 mai 2009

Dacryosérum 5cc…

Champ de myosotis vert

Le bleu des myosotis, étalé, sur les champs, sans remord.

Platanes sur ciel 1

Piège à nuages 1.

Vert et ciel Printemps

Piège à nuages 2.

Ventoux petit matin 1

Au petit matin, un Ventoux ventru, sinon rien.

Champ et plastiques

Lignes de vie sur fond de ciel d'orage...

15 mai 2009

Les potes à G.

(Alphabet bête: le G).

La Gargote à Gargantua ! Et la goualante de Gégé ! On y mange gratos quand on galère, quand on gagne petit, quand on gagne misère, quand on gagne dégun.

Des gamins en guenilles, graines de brigands y gambadent, les genoux rougis par les gamelles sur le gravier.
Graves, les gentilles grand-mères agacées regardent les gnomes en grinçant des gencives. Les galopins tout en gouaille s’agitent en gardant leurs gapettes. Agrégés, ou mieux, agglutinés, ils galègent en gargouillant dans un galimatias généreux. Une godiche genre godelureau gigote en gazouillant, les nargue, les engraine, une glace à la génoise comme goûter qu’elle déguste en se gondolant.
Les grands, les gloutons, engagés dans leur graillon gourmand se goinfrent gaiement. En prologue, un guignolet puis de grasses gougères au gouda, du gibier en gibelotte, de galantines gribiche, des groins de sangliers, du Gorgonzola de haut étiage, des agrumes gonflés par du rhum agricole, des groseilles à l'antigel en rêvant de Grand Large, de lagons, de goélettes ou de galions, de Galápagos, de Guinée, de Guyane, de Grèce, de mer Egée, de Gabon, d’Argentine, de Paraguay, voire du Golfe de Sagone, bref, de larguer tout ce glauque englouti.
Englués dans leur peu glorieuse glandouille, en guettant le voyage, ils se gavent et s’égarent, grégaires, dans les pages de Gala où l’on glose, se gargarise, fait des gorges chaudes, grimace sur les gens plus gâtés, les gagas de galettes, certes plus glamour mais qui s’engueulent, s’envoient des arguments en pleine google, s’agenouillent devant les juges, les jours de grêve, tout comme les gueux. C’est qu’on y déménage de la guérite chez les bourges, on y git son Golgotha, on n’y gère pas non plus ses engueulades, on s’y dégomme, on s'y déglingue, on s’y agonit d’injures, on s’y casse les margoulettes, on s’y gratifie de guignolo, on s’y griffe grâtiné, ça grêle, ça guerroie, ça grabuge aussi chez les bourgeois passé le guilledou. Finies les migraines bulgares et les angines enneigées...
Alors, tandis que la gourgandine fait le pied de grue Avenue Montaigne, grimpe aux grattes-ciels en gourmettes Gucci, la frange égarée, genre Breitling grosse comme une horloge d’ogre, la geste galopante, son gogol grandiloquent, pour épater la galerie, glougloute comme tous les garçons dégradés, grognant, comme un guépard dans un guêpier, guignant la gisquette qui lui guirlanderait l’existence, lui soignera l’égo, lui aguicherait le guipoir. Gambit de la reine et gamètes en galons, il fait genre, je rigole mais il a le cœur en galoche, la mine en gargouille, la braguette de guingois, le goître en digue digue. L'ange est dézingué. Le galeux est comme grippé, son cigare au goulot... Il va devoir guetter le point G ailleurs que chez Gustave car diriger est un Viagra, malgré ce gâchis pas rigolo et anxiogène. Et, cette fois, pas de Grenelle du rabibochage! De la lingette dans les ménages et de la lingerie dans les méninges!
Grande inégalité, la greluche qui se dégage dans sa Grande Vadrouille y gagne, se goberge, s'argente. Elle n'est pas gênée question gains, pas de souci pour son gnard. Ne descend pas de ses gradins. Exige du gras double et continue de vivre gratis, de la glycine dans son garden pote agé..."J'aspire à l'ombre!" dégoise-t-elle... Aspire déjà ta salle à manger, gamine Ciganer!

C’est pas à la Saint Glinglin qu’elle ira grignoter chez Gargantua, la gourmande.

Aung San Suu Kyi…

Aung San Suu Kyi. Aung San Suu Kyi. Aung San Suu Kyi. Aung San Suu Kyi. Aung San Suu Kyi. Aung San Suu Kyi. Aung San Suu Kyi. Aung San Suu Kyi. Aung San Suu Kyi….



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14 mai 2009

Futain! Des fraises!

(Alphabet Bête. Le F).

Une femme fardée comme un phare fuyant les effets faciles fichait le camp devant les feux follets de sa flamme au fuel. Effeuilleuse affriolante au Safran’s, mais farouche, elle soufflait le souffre en s’effeuillant comme une folle s’enferre dans sa furieuse folie.
Femme, femelle, fille de féminin, elle affronte, avec flegme, forte, les effets peu fades de ses fados enfiévrés, de ses fandangos faciles, des fichues fadaises fébrifuges qu’elle offre aux forts des halles, aux foutraques, aux fieffés farfelus, aux fiancés insatisfaits, aux fanfarons, aux falabraques francisés, aux farfalugues fébriles et fastidieux, aux faisans faussaires, faucons fallacieux, aux furieux furtifs, aux faciès faseyant, aux affreux frustrés frustes sans falzars qui font son fond de commerce, sa force de frappe, sa façon de faire.
Faisant fi des fourches de l’enfer, vêtue de fanfreluches, de friselis, elle se fatigue et s’affadit les formes à force de les faire voir. Tout ça pour des fifrelins. Ces frasques parfois lui flanquent les frousses, elle se traite de fofolle, devant ces félons affamés, ces capitaines Fracasse de fond de salle.
Alors, elle rêve d’Afrique, de felouques, de filaos, de Faro, d’Ambert et de ses fourmes, de fantasias à Fès, de Fest-Noz à Florence (pas forte en géo), de Finlande (naïve elle croit que les mâles y sont plus fins), de Floride, de fleurs blanches au Fuji-Yama, de Wallis ou mieux de Futuna pour fuir cette fange fessière, ces fêtards fétichistes, ces flambeurs froids, cette fétidité fessue, les feulements fictifs, ce fiasco fulminant, cette faune flasque, ces affaires funestes, ce fatras de fausseté, ce futur faquin, ces fantasmes fatals.
Elle veut, elle, un affable franc, s’affaler dans l’affection fastueuse, s’afficher avec un affranchi, ne plus s’affubler de falbalas, de félicité enflammée, de facéties, de faconde fabuleuse.
Bref, elle se fabrique des fables pour éviter de faner, sans fanfare, elle affronte son fardeau, cette farce, ses fantômes, ses fantoches, ces affres.
Il lui faut pour fuir cette affliction, cesser de fauter puis affréter un aficionado, un farfadet, qui cesse de la fouiller, pas feignant, influent, affirmatif, affectueux.
C’est à lui, et lui seul, qu’elle fichera ses joufflues fesses mafflues sous la frange, plus affolée par ses frasques. Foncer à la Foirfouille, il lui faut, même aux forceps, son Fred ou Fabien ou Fernand voire Florimond, Federico, Filippo ou même Frantz ou Friedrich, qui lui offrira des fuchsias, des forsythias, des freesias. Elle s’en fend déjà la fiole, en fait déjà du foin. Que la fête commence !
Elle a enfin la foi. Fêter ça avec des fraises !

Heu…

(Alphabet Bête. Le e).

Le petit Etienne eût été un escrimeur épatant, un entomologiste ébouriffant, un Esculape moderne et loué, un endocrinologue emblématique et patent, voire un imbécile moyen, un cancre étiqueté dans le cercle très fermé des gens perdus. Feue sa science: En lieu et place de cet énergumène hyper acteur, non eunuque, est-il besoin de le préciser, il devint cet intellectuel énigmatique d'une intelligence rare, ce penseur évident, cet idéologue nécessaire, ce phraséologue idéal, ce philosophe éminent et leste, mais du genre "leste tomber", ce danseur de valse, également, dont toutes les jeunes pucelles de la haute bourgeoisie tentaient de dépecer le portefeuille et le compte chèque, les costumes et gilets, les cravates en soie. Bref, jugé comme enivrant, extrêmement séduisant, il fut désiré par toutes ces Hélène, Thérèse, Eléonore et autres Eulalie. Ce qui, évidemment, le répugna.
C’est ainsi qu’il s’en alla se cacher, se dissimuler, qu’il s’évanouit dans la nature éternelle sans eau ni électricité, planqué dans quelque montagne aride, quelque désert asséché, quelque colline pelée par les tempêtes et les averses de grêle grosses comme des enclumes, à chanter, à tue-tête, des ritournelles de Favennec Mélaine, dans quelque campagne esseulée, seulement peuplée d'elfes et de fées, là où il n’y avait pas de risque d’en croiser une, ni de tomber sur aucune de ces jouvencelles excitées. Sommeillant avec sa seule amie, désormais, la voute céleste. Seul, peut-être mais peinard, fier comme un Ferré Léo, ravitaillé par les corneilles, les chouettes effraie et les corbeaux. Seulement, le sien s’effrita, il se fit sensible à l’excès, au gel et aux chaleurs, s’alimentant de racines et de baies, et d’œufs de cailles, perdant, somme toute, avec ses rêves de grandeurs toute envie de ripaille et de nourriture, fût-elle divine, et c’est d’une maigreur squelettique qui étonnait, même les peupliers, les saules pleureurs, qu’on le vit apparaitre, une aube de janvier, longeant les berges de le fleuve emmitouflé dans ses hardes de ramure et ses complets et liquettes de feuilles mêlées, un missel en poche et des prières aux lèvres, diaphane comme une libellule allégée, éphémère et enamourée.
On l’interrogea, l’interviewa, on enquêta, on s’enquit de ses origines, les magazines people déboulèrent sur le lieu supposé, pensé de sa découverte, on espéra de sa bouche des réponses, des révélations, on émit des hypothèses, on élabora des scénarii possibles et éventuels, on échafauda des histoires toutes plus émoustillantes les unes que les autres, mais on ne déboucha sur rien qui contente les cervelles. Ses seules déclarations furent : Heu… heu ponctués de longues plages de silences ensablés et c'est sous les huées de ses congénères échaudés qu’il retourna vers ses plaines ventées, son secret en bandoulière, peu révélé et bien préservé.
Peu de temps après, à cause, sans doute, de ses " heu heu" répétitifs, il devint pour le monde entier le Prince des … Noeuds noeuds…

Seul, et peu heureux…

Heu... Qu'est ce que c'est peu... reux?

13 mai 2009

Dédé.



(Alphabet Bête. Le D).

En Décembre à la St David un coup de dé ?

Dédé le discret déménageur de dindes à Dinard, adorateur de doubitchous, dirlo chez les dingues, décapsuleur de Dubeau, Dubon, Dubonnet, dévoreur de daubes, dandy à Dantzig, démystificateur de dieux en doutes, droit dans ses bottes comme un député de Bordeaux et sa dame destroy s’étaient donnés un défi qui était de dire qui devait déclamer sa démission en der. La donna d’André, déesse des dames, l’adulant depuis l’adolescence, était la douce daronne d’Amandine, Démone, son pseudo, dingue de la dînette à donf, dînant déboussolée, dans la dèche et donc la débrouille, dissimulée derrière un drôle de derviche d’Honfleur, déambulant en débardeur dans des deuches démoniaques et divines, adulait le daron d’Ondine (ils avaient deux filles désopilantes dont une débile...ne disaient jamais qui était douteuse...). Démone, déflorée à douze ans par un démon d’Armentières, délurée depuis, autodidacte mais de la diaspora des défoncés du (d)job, démonstratrice en durites de Duisbourg, découpeuse de San Danièle à Dinan, dénonciatrice de Dieudonné à Dreux, déboucheuse de darse à Dresde, dégauchiseuse de dorades à Dacca, dépisteuse de désert chez les dogons, dépensière et demain, découpeuse de darnes à Dakar, diva du diesel au Danemark, doudou dans les DOM, débiteuse de décalcomanie à Dôle, délivreuse de moutarde à Dijon, découvreuse d’artiste à Dammarie Les Lys, dure au mal, donc, buvant du dakin à pleines dame-jeanne, des diabolos doubles, une grande gigue dégingandée, délinquante en délices de dentelles. Elle adoucissait la durée des jours de Dédé en lui dansant dare-dare des djerks endiablés, une derbouka dans les doigts, se dandinant debout dans une dignité dantesque. Elle déambulait dans son donjon, dépoilée, dénudée comme une dune à Douvres, décorée comme une dinde de Djakarta, drapée de nudité diurne, dulcinée druidique, d’une drôlerie indubitable.
Le Dédé dodelinait doucettement du duodénum devant cette dryade. Crocodile dundee dynamitero, ses balles dum-dum acidulées en loucedé dévaluées, dyslexique par devoir et désormais dysmnésique. « Je durerais davantage que toi » lui disait-elle droguée à la division. « Dur dur d’être un Dédé » admit-il en déclarant sa défaite...
Dring ! Dring ! Pas de doute, soudain, le téléphone donne...
"Vas répondre en te dépotant et dis qui dérange, que je le dératise, que je le dépiaute, que je le dépèce, que je le déplâtre, que je le déplisse, que je le déplume" " C’est Dédée... d’Anvers... Dépêche " dit-il admonesté, raide comme un garde d'honneur dressé dans sa droiture, au dépit adossé, définitivement déprimé, en pleine descente, dépressif, tel Ambroise, désemparé, un Douste ondulant sous LSD et sa dégaine de diplomé. Démissionné...

Il avait perdu!!!

Et pendant ces débloquages dérisoires et stupides, le monde comme une douleur: Blasy au quai d'Orsay, délocalisation chez Dassaut, Lagardère dirigeant, pendaison attendue de Saddam à Bagdad, destruction à Damas, désastre en Jordanie, des dizaines de DCD sous des décombres, inondations à Dacca, drame au Darfour, Soudan ... Le quotidien, quoi.

Dis, Mr Dieu, tu regardes où?

On va décider de se débrouiller sans toi... Si ça dure!

12 mai 2009

Assez des C!



(Alphabet bête: Le C)

___Caisse que c'est que cette chose?

___Ça ? Mais c’est une carabine contre les cornes de chevaux, mon collègue ! A cinq coups !
___Cinq ? Certain ?
___Et comment !
___Calembredaine, les chevaux n’ont pas de corne !
___Té, c'est à cause des carabines, peuchère!
___Con que tu es!
Les copains caracolaient en échangeant dans la cour de leur ancienne école, se racontant des conneries, des calembours corsés. Le calme leur caressait la couenne, un courant d’air comme un coulis de cassis leur câlinait les cous, ils avaient fait cuisine et bombance sous les conseils de Colette leur camarade de cantine. Des cacahuètes et noix de cajou pour le Campari, des concombres crus coupés en carrés pour commencer, des carottes au curcuma, des céleris à la cardamome pour accompagner un carry de cailles en cassolettes, parfois des calmars au court bouillon ou un congre au camembert coulant ou des confits de canard, ou des cannellonis de Sicile, ou des canapés de canardeaux en sauce, du chêvre chaud de choix, et un combiné de chocolats et de caramels canons pour cesser. Du Chablis et champagne pour faire couler, jusqu’à la congestion, jusqu’à perdre connaissance. Un café, crème mais pas de chantilly, des confiseries de Cambrai, Carambars, Car en sacs, cocos boers, ça leur convenait, ils ne s'occupaient pas de leur cholestérol.
L’un était un cousin de cagoulard acupuncteur, chirurgien dans la presqu’île, l’autre coco pur sucre converti par une catéchèse charismatique en la cathédrale de Colombes. On comptait un capitaine de cavalerie ex-carabinier catalan, maintenant chiropracteur à Cargèse, et cinéphile de fer, un cultivateur de courges de Cavaillon, Vaucluse, domicilié près du canal de Carpentras et le cinquième un colombophile certifié, chineur à l’occasion et charmeur de chihuahuas. C’est dire si leurs conversations étaient cocasses et pas cousues de fil blanc.
Ils s’étaient connus sur les bancs de la communale pratiquement à la naissance et n’avaient cessé de se conter des couillonnades depuis ces années. Ces charmants compagnons se congratulaient en célébrant copieusement leur rencontre à toutes les Saint Cervin, en Octobre, dans la campagne, sur un causse près de St Circq (la popie) aux lueurs de candélabres, comme des congressistes incongrus mais sans les conjointes. Les coccyx de leurs corps cacochymes ayant pour l’instant évité les carcinomes, les cancers, ils quittaient leurs cabanons camif, les cellules carcérales de leurs vies d’anciens cancres pour venir se réchauffer les cœurs en chantant sans complexe comme des comploteurs des chansons de cul à s’en coltiner les camisoles. Une calamité pour les commensaux. Ils avaient, quand ils seraient décédés carrément convenu, comme des conjurés d’être incinérés et avaient collégialement et courtoisement décidé que leurs cendres seraient contenues dans la même urne. C’est dire la colle qui les scellait.

En sus de ces collations quasi cannibales, ils faisaient, chaque an, une virée capitale. Ils avaient connu la Corée, le Cameroun, le Canada, le Caucase, la Corse, Cuba, les châteaux de Chambord et Chenonceaux et même Cavalaire ou Cadix.
Leur copinage candide les conduisit à ne plus compter les cancans qui les accompagnaient : Ces cinq sans calculs sont copains comme cochons qu’ils sont. Où sont les Charlotte, les Catherine, les Carla, les Céline, les Claire, les Chantal ? Aucun couple ? Qu’entre mecs ? Comment est-ce crédible ? Criaient les chatouilleux de la convenance. Pas très chrétien, pas très catholique cette complicité…
Ces clameurs les laissaient coi. Au contraire, ils décidèrent de cohabiter. Ils se cotisèrent, prirent la cotangente, achetèrent un cottage en Corrèze sur une colline et y créèrent un carme qui accueillit leur chorale et se casa ainsi entre Charybde et Scylla.
C’est ainsi que quelque part vers Mercoeur, pour qui crapahute ici, on ne cesse d’entendre des chants complices mais pas convenables: on y chatouille les coucougnettes d'un curé de Camaret, on y cause de celles de cousins en courroux, du con de Cécile, de clystères cocardiers, de cocottes cochonnes et concupiscentes, de capotes éclatées, de boniches écartelées, de chambrettes, des chattes de chaisières etc etc... Bien loin des chartreuses de charme, chères à l'écrivain romancier qui fit scandale... Ah, leur came c'était pas du Chateaubriand, ni du Char, ni du Caroll, ni même du Carson Mac Cullers, ni du Capote… quoique... Les cistes, les cyprès, les escholzias du coin auraient sans doute préféré des airs plus nus en C...

Et c'est dans les champs que ces chants de crooneurs cuistres et célestins s'y entrechoquèrent, y cavalèrent en cascades cahotantes, bref que ces cochoncetés, cataloguées contrites et... carabinées y convergèrent... C'est le cas de le clamer clairement.

Il y poussa des cycles, amen! Ça chapelle un couvent.

C’est, en effet à Conques, la cistercienne, que tout cessera.

10 mai 2009

Hé Bé...



(Alphabet Bête: Le B).

Une bimbo balancée comme un baobab, bonne bayadère de bayou, l’abdomen en bedaine balbutiait un baratin biblique à un bibendum bestial.
Et bla bla bla déblatérait-elle en débinant sa belle peau blette bardée de benzène.
Ben, son bambin bavard, bien blotti dans ses bras, butinait ces bobards, les babines blêmes, déboulant dans le barnum, se bidouillant son petit bazar.
L’est pas beau, l’est pas beau ton boubou blanc ! C'est quoi ce barouf?
Tu m'embistrouilles! Fais ton boss, demi bosco! Bois ton biberon, finis ce bol, fais bombance, blanc bec, âme bâtée, bellâtre à deux balles, barbouse balte, bouffeur de bruine, boxer brailleur, brouillon de bronze, broutard de brume, butor buté, bouquetin bourbeux, balise à bulot, imbécile de koch, tu vas finir à Biribi, Bagdad ou Bassorah sans bagage à main, boutonneux! Au bain-marie le babouin bédouin! Je vais te bastonner les bats flanc, t'embastiller au bastidon, te botter tes fesses de basse-fosse! Lui balança-t-elle.
Doucement les basses ! L’Obispo de balloche, les bémols en abîmes, boulé dans ses babouches, du bolduc à sa blouse abdiqua, sa boisson au brousse de lait de brebis bue.
Bravo, batailla-t-il à sa fontaine, en se bidonnant, le bedon blindé d'un bortsch de rebouteux. L’aube blanchie de bulles bleues, la bouche bayant aux balbuzards, du blé de sa Blédine au lobe de ses oreilles.
Bêta bloqué, tu bois du bon ! L’abeille blessée, l’œil bovin, boudinée, boueuse, boudeuse, la bouille bougonne, une boule dans le bouillon, bredouilla une bêtise à la bébête.
Ca boum dans ce bourbier ? Un bonbon pour oublier ? Un brimborion à sa babiole? Une bombonne de bismuth ? Des blinis à bloomer ? Une brandade branchée ? Des beignets de betterave? Un brin de bromure ? Une butte de beurre ? Une botte de bure? Une barrique de boscop? Des bananes de Bangui? Des babas de Boston? Des boules de boutargue ? Des balles de brie? Une ballottine de bavette? Un baril de batavia?

Braille, braille petit brahmane ! Bousine, bousine, petit bout ! Ah j'en bave à qui vieux vieux avec ce benêt! Je vais le finir au buvard le bubon! Me brise les bibelots cette buse! Me brasse cette bouse! Fais plutôt ton rôt ou du bilboquet, fils d'imbécile! Elle était ébahie, hébétée, abattue.

Las, là, la boulette!
Le bébé baveux, barde de banlieue, bouffi, sa bombe dans le buffet, toute honte au rebut aboya benoîtement en boucle sur un air de bluette bluesy : Tout ces B ! Tout ces B ! Brrr, je crains beaucoup du bide !
Une gerbe? Ce serait le bouquet!

Ben voyons... On se rabiboche avec brio? Un bicou dans la counille?

Allez, un bisou, quoi!

Bon, j'abandonne et je me barre me bercer de Bobin à Bamako, béat... bath.

Ah! Ah!



(Alphabet Bête: Le A).

Ange, atrabilaire acupuncteur à ses heures, attrapa l'avortone antique, alpiniste antipape, Luce et alluma l’ancienne aversion qu’il avait avec l’arche d’Alliance et les algarades algiques. Hélas, la hautaine attirance d'agnostique affiché lui ravala l’appétence aperçue entre le ciel et lui. Advienne que pourra, l’argument atteignit sa pâle affluence, l’auteur s’en prit à une autre ange, elle, et lui adressa :"Ange, mon ange, arrive, amène toi, d’abord amure, amuse-moi, amplifie l’amour m’usant qui m’anime, car devant toi je m’amuï, je m’ose l’azimut."
C’est à la St Armand ou à la St Gaspard, ma caille que j’avance l’axis désaxé, adventiste apitoyée ! Lança-t-il, agité comme un asticot aztèque à l’adjointe approbatrice, s’apprêtant à admonester l’acrobate allumeuse de vraies lampes à alcool. Va et je t’apprivoise en chantant un aria ardu à apprendre ! L’autre, bâtie comme une armoire à armagnac une aristocrate d’Artigues, une agrégée d'Anvers, arménienne par sa mère, adjudante d’armada, arlequine d’armurerie, en arrêt, le retint à mare, sans acrostiche accumulé.
Arranger l’ange en archange, arpète aguichant? La critique est aisée mais l’arrêt difficile.

L’ardent arpenteur d’acres, marcheur ahanant dans l’armée, ses arpions arqués, son arquebuse arrachée, les arpèges arrondis par un artifice d’arnaqueur, atomisa l’aube blanche et ses deux ailes attachées. Sur l’atoll de Mururoa, auprès d’Amélie l'américaine sans bar atmosphérique tu iras, si c’est comme ça, ton audace à l’aune de mon aumône : averti, tu seras ! En terre Adélie, tu iras! Ton aventureuse Aura abîmée tu auras ! L’addition auparavant tu paieras ! Autruche avachie, tu deviendras ! Une auréole St Augustienne, attentiste, tu mettras ! A ton autopsie tu assisteras ! Alors, s’avançant vers l’aval comme une avalanche alanguie, en marmelade et capilotade, l’angelot, ahuri et avec lui, tous les anti du monde, avides d’ avion, se rêva avocette azotée avant d’assister amorphe à son avatar avorté. Aigre ça vira.

A vau-l’eau, mon avenir ! Affolant cet aveuglement atroce ! Un avocat avenant, un avocaillon agricole, pour effacer l’article qui me hante et m’avilit ou je m’avine à vie afin de m’affranchir de cet avilissement avarié !
Attaqué, entamé, aveuglé, l’ange déchu s’en alla pour une décade aux artificiels paradis, son car d’artichauts azuré et entama à hue et à dia un pater et dieux avé pour sa ... Maria.

Aïe, l'autre, son appétence pour l’épeautre appâtée se dit: Ah, un air annuel à nous: Aïda! Un an de spectacle sans anthrax, l'antre de la Scala, décalé en cadence décadente...

Affligeant...d'amènité aliénante... (en aparté, en souriant...) "d'aquitaine"... Quel allant quand même! Il fit, anéanti, par l'antienne, allégeance à tous les autres anges de l'au-delà même de l'océan. Amusant, n'est ce pas?

Dis, là haut, de quel article parles-tu?

___ Celui auquel on est... L'article de l'amour... Désarmé.

___ Pourquoua? Amateur? Eclairé? Ou dadaïste à cran?

Nan, nan, amoureux... A quoi? N'importe nawak...T'as fini avec l'Afghan? Fais passer...

01 mai 2009

Une puce.

(Ecrit pour Les Impromptus Littéraires sur le thème: Le Marché aux puces...).

Alors, elle c’était un amour. Mais un vrai amour pas un de ces trucs dont on dit que c’est un amour et puis en grattant un peu, on se rend vite compte qu’on s’est trompé dans les grandes largeurs. Non, pas un de ces arrangements à la petite semaine là. Elle c’était un amour profond, intègre, entier.
Et pourtant, tout avait plutôt mal commencé entre elle et nous. Elle nous était arrivée par surprise, en dix minutes, montre en main, lors d’une visite de contrôle. Elle n’avait pas crié. Elle s’était juste amenée et c’était comme si elle nous avait dit : Ben voilà, je suis là, ne m’attendez plus, prenez moi comme je viens.
Bien sûr on l’a prise, vous auriez fait quoi, vous ?

On a senti très vite qu’elle n’allait pas nous faciliter la vie, qu’on allait en baver, mais on s’en foutait un peu, on était prêt à tout. On faisait bien!
Il faut dire qu’on est allé de surprises en découvertes, d’étonnements en coups de théâtre. Ca pour une vie rangée on repassera !
Elle, c’était le genre à dormir le jour et hurler la nuit jusqu’à trois ans environ... Le style à ne se nourrir exclusivement qu’au biberon jusqu’à quatre ans et refuser tout le solide excepté ses six tétines...Ne pas en perdre une… A savoir lire à cinq ans, mais ne pas vouloir lire la bibliothèque rose… Ecouter du Heavy Metal à six ans même en voiture… surtout en voiture pendant les longs trajets… Brûler, à sept ans, Ken dans le four de la cuisine… Il n’avait pas été gentil avec Barbie… Planter pour semer des fourchettes dans le jardin et surveiller ses cultures avec attention… Tondre le chat pour qu’il n’ait pas trop chaud en été…
En dehors de ça, elle avait pratiqué, le rugby, la boxe et le violoncelle entre sept et onze ans. Au début, je l’accompagnais à reculons et puis, avec le temps… Le plus amusant était les jours où le cours de violoncelle suivait de près le rugby… Elle allait jouer couverte de boue, en tenue. On avait bien essayé de négocier un passage par la douche mais on n’avait pas insisté longtemps… On avait pu se mettre d’accord que sur les crampons qu’elle avait finalement accepté d’enlever… Quand on lui demandait ce qu’elle voulait faire plus tard, elle répondait invariablement : vétérinaire à cheval… Ah pour soigner les chevaux ? On faisait, C’est bien, c’est joli un cheval. « Meuh non c’est un vétérinaire qui se déplace à cheval, c’est ça que je veux être… Ou violoncelliste d’avion… J’hésite…» Elle le sera sûrement. Un des deux ou un troisième. Elle est déjà quelqu’un… On n’avait aucun doute là-dessus…

Tout ça pour dire que quand elle ne voulait pas, elle ne faisait pas. Et ce qu’elle voulait, elle l’obtenait. C’était finalement assez simple.

Tant que sa vie n’était pas en danger nous avions fini par admettre que notre prunelle, notre trésor, notre petite puce, était singulière, juste singulière mais aimer son enfant c’est admettre ce qu’il est, ce qu’il devient, non ?
Et, c’est pour cela que ce dimanche matin, alors qu’elle jouait de la basse dans sa chambre, quand je l’ai appelée, sur son portable, à cause qu’elle jouait fort et que je lui ai dit:
___ On monte à Saint Ouen, aux puces, tu viens avec nous ?
Je n’ai pas été étonné de sa réponse:
___ Dites, vous m’avez bien regardé ? Est-ce-que j’ai une tête à farfouiller, le dimanche matin, les mains dans la poussière et les vieilleries ?

Au marché aux puces, nous, on n’avait pas à se plaindre, on en avait trouvé une. Précieuse…

la mouette


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