21 juin 2016

Ma plongée sous marine avec Vanessa P.

On venait de quitter notre dernier mouillage à l’un des deux îlets Pigeon. Deux cailloux comme des poings fermés au large de Malendure sur la commune de Bouillante en Basse Terre. On avait appareillé pour le prochain qui serait à Grande Anse dans l’archipel des Saintes. On ne dira jamais assez la force évocatrice de tous ces noms propres. Ah de suite, on était loin de Bobigny, de Pantin et de Courbevoie… Même si pour cette dernière on voyait bien le virage… On en avait pour une bonne journée de navigation tranquille, à vue de la côte, au large de Vieux Habitants, Baillif, Basse Terre, tranquille mais piégeuse question vent parce qu’il lui arrivait de se planquer et de rester dans les forêts, auprès des cases. Ce jour là ça ne semblait pas être dans ses projets et il nous poussait gentiment. C’était si peinard que venant de la terre, on entendait parfois les kokoyoko des coqs et les aboiements des chiens nous arriver sur le bateau. On voulait y être pour le soir parce que le lendemain, on avait réservé dans un club des Saintes une plongée, à l’aube, à l’heure où blanchit le sable. Ils devaient nous emmener vers Point à Vache là où on était presque certain de nager en accompagnant le vol majestueux de raies de belles tailles.
À l’aplomb de Pigeon, une réserve naturelle où la pêche, la chasse, et la plongée en bouteilles avait été interdites depuis plusieurs années, on s’en était donné à cœur joie. On avait juste fait le tour du caillou avant que la nuit ne tombe et c’était comme une plongée dans un aquarium. Une merveille absolue.  On avait même eu l’intense bonheur d’être parcourus par un immense banc de carangues dorées qui nous avait laissés sans voix. Des poissons de la taille d’un avant bras qui avançaient en rangs serrés en te passant entre les bras, les jambes sans te manifester le moindre intérêt. Après ça, on était remonté sur le bateau et la soirée avait été belle.
Avant d’atteindre Grande Anse, on avait juste été un peu secoués dans la traversée du canal qui est souvent agitée à cause des courants. Mais l’arrivée au soir couchant sur Grande Anse dans l’archipel des Saintes, je le recommande à mon meilleur ennemi. S’il est encore fâché après ça c’est que c’est sérieux.
Je n’avais jamais vu un tel spectacle. Bien sûr il vaut mieux avoir quelques notions de maniement de bateau parce que pour faire tenir le tien de bateau dans le nombre ça n’est pas si facile qu’il y paraît. C'est simple, la rade était clarifie de mâts.
Après un repas vite avalé, on avait descendu l’annexe et on était allé faire un tour « en ville « d’où une musique dansante et joyeuse nous arrivait.
Au programme, rhum et zouk, zouk et rhum, ça convenait à tout le monde dans le coin. On était rentré pas trop tard à cause de cette plongée du lendemain, tout l'Est commençait à blanchir, dans une heure il ferait grand chaud. On avait repris l’annexe après un bain et un bol de café noir.
Quand on était arrivé au club de plongée le type qui nous a reçus nous a dit qu’il nous faudrait attendre un couple qui avait réservé la veille. Ils se sont pointés peu après. Ils avaient l’air sympas, détendus et amoureux. On s’est serré la main. Nom de Dieu, c’était elle ! Je l’ai regardée tout le long du trajet en zodiac  vers Point à vache, désolé mais je n’ai pas pu faire autrement. Je me foutais  pas mal d’être bousculé comme à cheval sur un bison sauvage. Je me serais foutu de tomber à l'eau. Je la regardais, elle qui souriait dans l'argent des embruns. Une fois sur place, il nous a donné les dernières consignes, j’ai rien écouté, on s’est équipé et on a basculé dans la flotte. Je me suis arrangé pour rester derrière elle et je guettais son regard. J’espérais bien qu’elle me jette un œil en joignant son pouce et son index. J’espérais voir le vert de ses yeux grossis par le masque. On n’a parlé de rien. À cause du tuba, forcément... On est un peu descendu puis on a volé, facile, au-dessus du blanc du sable pendant dix bonnes minutes, alors les raies sont arrivées. Le type avait un grand sac plein de pinces de crabes accroché à sa taille. Il  les nourrissait à la main, tu parles qu’elles venaient le voir. On me l'a raconté, je ne me souviens pas en avoir vu une.

Je crois me souvenir que, ce jour là, à dix mètres de fond, je n’ai pas vu grand chose ni des coraux, ni des raies, ni de rien. 
Pendant une heure ou deux, je n'étais pas loin des portes du paradis...


À suivre: Ma partie de tennis avec...

2 commentaires:

M a dit…

Pfff ! Excuses moi, je sais que tu n'as pas fait attention mais c'est Jack qui l'accompagnait ? Bon je me doute que sous l'eau ça devait être chouette, mais au dessus c'est grandiose :-)

chri a dit…

@ M Désolé je n'ai eu d'yeux que pour elle... Oui, au-dessus c'est pas mal quand même... Me donne des envies, mais des envies...

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