08 mars 2015

Huit Mars.

Des mots légers comme des coussins de mousse, des mots fins comme la plus fine poussière de talc, des mots comme des langes neufs de nourrisson tout neuf, des mots comme de la farine allégée, comme de l’air aminci, comme des volutes d’écume éparpillés aux lèvres du souffle des vents, comme un long traversin de duvet de poussin, des mots comme des plumes d’oisillons, des floconnées de première neige de début Novembre, des mots légers comme des confettis de confettis de confettis...
Des mots doux comme le dessus velouté du dos des  jeunes feuilles de sauge, doux comme les réserves d’une fabrique de couettes, doux comme une coulée miel de potentille, comme des brouettes de nuages, comme la peau d’un ventre de faon, comme une pommade apaisante, un baume du chaton, comme des senteurs éparpillées de verveine sauvage, comme des édredons de pollens, doux comme des caresses timides…
Des mots tendres comme les dernières phalanges des doigts d’une main bambine, tendres comme le blanc si blanc des fleurs de seringat,  soyeuses comme un regard de bienveillance posé sur le monde par un Gandhi évanescent,  comme une lumière d'aube à peine venante, comme la pensée naïve d’un gentil hésitant, des mots tendres comme des premiers pas aux premiers matins des premiers jour de Mars…
Des mots bienveillants comme des capuches de soie maritime, des mots  arrondis comme des chapeaux de champignons des bois comestibles, comme des pares-battages flambant neufs de chaloupes  à voiles, comme des parapluies à plusieurs places, comme des avancées d’auvents éventuels, comme des marquises en double vitrage…
Tous ces mots là, je les déposerais doucettement sur les épaisseurs des veines bleues et tremblantes qui grimpent le long de tous vos jolis cous de futures  possible amoureuses… Je les livrerais en tendresse sur le délicat des paumes de vos  mains ouvertes de femmes peut-être aimantes… En attendant,  je les laisse là, sur vos paliers, aux pieds de vos portes, en silencieuse attente.


Ils sont pour vous. Si besoin.

Pour presque toutes.
Je connais, personnellement, d'autres Marine et Marion, qui sont, elles, très fréquentables.






9 commentaires:

Tilia a dit…

Merciiiiiiiiiiiii ! Chri. Voila qui fait bon poids, bonne mesure pour contrebalancer les maux, plus pesants que cent tonnes de plomb, dont les obscurs barbares nous menacent, nous les femmes..

chri a dit…

@ Tilia A vous le merci... Sans vous...

Veronique a dit…

Qu'ils sont doux tous ces mots doux ... Tellement agréables à lire, j'en oublierai presque le brouhaha et le tumulte qui m'entourent .
J'ai envie de dire c'est toujours ça de pris.. Alors merci pour ça Cher Christian

M a dit…

C'est rien, demain il n'y paraitra plus ! :-)

chri a dit…

@ Véronique ...

@ M On ne sait pas, ça peut durer plusieurs jours :-)

Laurence Chellali a dit…

Oh ! Alors là c'est une des plus belles déclarations que j'ai lues !!! Merci !!!

chri a dit…

@ Laurence Vous le valez bien :-)

Brigitte a dit…

Juste merci pour ces mots si jolis

chri a dit…

@ Brigitte Votre merci me touche.

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