21 avril 2018

Ce qui m'effondre.

C’est la maladie qui  frappe un enfant,
C’est qu'en Australie la Grande barrière de corail qui va disparaître,
C’est qu’il n’y a plus de mésanges ni de rouges gorges dans le jardin, et que le gros noir n’y est pour rien.
C’est l’arrogance,  la morgue, la suffisance et le mépris de classe,
C’est qu’à proximité des cultures, il n’y ait plus vie, plus de lézards, plus de sauterelles et de moins en moins d’abeilles,
C'est que les rivières meurent à petits feux,
C’est que la plage entière a disparu aux Saintes Maries de la mer,
C’est que tu vas être opérée d’un deuxième cancer… À l’autre sein, je veux dire,
C’est l’arrogance, la suffisance et le mépris de classe,
C’est qu’il y a de la misère ici pour que des gâtés se la coulent douce à Miami,
Et de la misère là-bas pour pas grand chose ici,
C’est le dix neuvième au temps du vingt et unième,
C’est que très peu aient tant et que tant n’aient rien,
C’est la falsification,  le mensonge, la réécriture de la vérité vraie,
C’est qu’on s’autorise à se balader en ville attifé comme dans ses toilettes, 
C’est une gifle sur le visage d’un enfant,
C'est que nous avons fait des océans une poubelle,
C’est qu’on détruise des forêts et des grands singes pour de la pâte à tartiner,
C’est qu’on s’excuse, qu’on s’excuse et continue sans rien changer,
C'est que la Méditerranée ait un goût de cadavre,
C’est que les éléphants ne vont plus arpenter la surface de la terre,
C’est ce que le pouvoir peut faire comme dégâts dans les cervelles,
C’est que souvent je me trouve d’une connerie sans nom, après, trop tard,
C’est qu’un type beaucoup plus grand soit juste devant moi dans une queue,
C’est qu’on ramasse les poulets vivants avec une machine,
C’est la fatigue, l’humiliation, la peine, le dur pour des salaires de misère,
C’est qu’on puisse entendre oui quand est dit non,
C’est qu’on tue en spectacle à l’épée des animaux dans des arènes,
C’est qu’un pays riche ne soit pas foutu d’accueillir, un temps, dignement des familles fuyant les bombes,
C’est que les prisons soient souvent d’infâmes taudis,
C’est la haine prête à sourdre,
C’est la bêtise à l’heure de grande écoute, ce mépris qu’elle suppose,
C’est mon côté Miss France,
Et ce qui me relève… 
C’est tout ce qui n'effondre pas.


8 commentaires:

Jean Jacques a dit…

les maux pour le dire
...
:-)

chri a dit…

@ Jean Jacques oui, c’est bien vu!

Anonyme a dit…

Il faut lire: "Comment tout peut s'effondrer" de Pablo Servigne. Ce n'est pas bon pour le moral,mais ça peut être un électrochoc pour les cyniques, les négligents , les cons tout-puissants,les Chefs d'Etat inconscients.

Papy triste
Tomber 7 fois. Se relever 8.

chri a dit…

@ Papy: C'est noté.

Brigitte a dit…

Allez tout n'est pas perdu... j'ai encore mésanges, rouges gorges et même troglodite mignon au jardin . Et ce dernier est tellement mignon !Et puis bien d'autres aussi .

chri a dit…

@ Brigitte Puissiez vous dire vrai!

odile b. a dit…

Quand tout s'effondre, c'est le moment de se raccrocher aux branches.
L'occasion, aussi, de cueillir un brin de muguet à 13 clochettes. On dit que ça porte bonheur...

chri a dit…

@ Odile Oui, un ou plusieurs brins avec leurs clochettes et cette odeur! Oui, oui!

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