13 juillet 2011

TOUT. Tout.

Qui que je croise, quoique je vois
Tout me ramène à toi
Quoique je fasse, quoique je bois
Tout me détourne de moi


Une cheville aperçue
Une ombre dans la rue
Le sourire d’un passant
Un vol de migrants
Une robe de petite fille
Une perle qui brille
Ce diamant sur un cou...
Je me souviens de tout
Un baiser entre eux deux
La  flamme folle d’un feu
Ces mains là qui se croisent
Leurs sourires qui pavoisent


L’arrondi d’une épaule
Des doigts qui se frôlent
Une odeur d’herbe coupée
Je n’arrive à rien oublier
Un bain dans un lac
Une parole qui claque
Un soupir expiré
Une date annoncée


Une balade en campagne
Le tombé d’un pagne
Le souriant d’une réplique
Un savoir qui s’explique


Le dessin d’une jambe
Une parole qui flambe
La force d’un je veux
Une coupe de cheveux
Un coeur sur un arbre 
Un serment sur le marbre
La chaleur d’un été
Ton parfum entêté


Le bronze d’une peau
Une colline là-haut
Une bride de chaussure
Les courbes d’une écriture
Des langueurs en soirée
Une douceur désirée
La naissance d’un sein
L’étiquette d’un vin


L’espérance d’un: quand
Le regret d’un: pourtant
La promesse d’un: mais
Le tranchant d’un: jamais
Ce que je dis ce que j’entends
Ce que je lis, ce que j’apprends
Ce que j’espère et j'entreprends
Sans que je sache pourtant
Le comment du pourquoi
Tout m'éloigne de moi...
Où que j’aille où que tu sois
Tout me ramène à toi…



12 juillet 2011

Comment dire?

Un endroit si exceptionnel: une Cour d'Honneur dans un Palais des Papes... Une soirée d'été superbe, chaude mais avec une légère brise qui rafraichit les nuques. Nous sommes quelques uns, les gradins sont pleins, à avoir envie d'être transportés, émus, bousculés, chavirés. Le plaisir d'avoir eu des places, de s'être assis avec tous les autres prêts à assister...


De suite trois choses:
Cela ne dure qu'une heure trente environ... ce ne sera, au pire, pas long...
Une cornemuse s'arrête de jouer, un moment, quand on ne souffle plus dedans... elle n'intervient pas TOUT le spectacle...
Il y a une sorte de justice puisque le joueur de cet instrument qui nous a limé les oreilles un long moment fini pendu par une jambe...

Pour le reste, le sentiment assez désagréable que je ne suis pas le destinataire de ce qui est montré, que ça ne s'adresse pas à moi, que ça n'est pas pour moi, que j'en suis exclu, que je n'ai ni les codes, ni les clés... ni l'intelligence?

Le sentiment, après le noir d'un très lent démarrage comme un temps étiré où la machine décide et presque rien ne se passe... Dans le silence des cliquetis et des ronronnements de poulies avec au bout des câbles deux corps morts, désarticulés sans vie...
Il y a quand même lors de brefs instants des images poignantes des corps morts d'enfants animés par les adultes...
Et puis des rondes folles de bambins hurlants et puis des vrais bouts de Michaël Jackson, et puis une cornemuse agressive à l'oreille qui ne doit jouer qu'une ou deux notes et puis des corps d'enfants, encore et puis des courses folles et puis des rondes et des cris et des hurlements... 


Et enfin, le silence, dans une nuit d'été toujours douce, éclairée par une demi-lune silencieuse, vraiment silencieuse...



C'était ENFANT du chorégraphe Boris Charmartz dans la Cour d'Honneur du Palais des Papes, un spectacle In du Festival d'Avignon.

11 juillet 2011

Clap de fin.

C’était une jolie fin d’après midi d’automne. Le ciel pluvieux qui ne nous avait pas épargnés ces derniers jours avait fait place à un ciel de traine, un ciel habité qui répandait sur le monde et le jardin une lumière douce aux pupilles et tendre aux branches des arbres maintenant presque nus. J’avais balayé une fois encore la terrasse des derniers rouges, ratissé quelques feuilles esseulées dans le vert de la pelouse gorgée d’eau, nettoyé les pots des grappes mortes de la vierge vigne, sorti, pour la faire sécher, la bâche qui allait servir à protéger du froid les lauriers et autres plantes qui passeraient l’hiver dehors, sous elle. Dès que le soleil avait commencé à s’approcher de l’horizon, le frais avait très vite remplacé la tiédeur de l’air et, bien que les cimes des arbres soient maintenant baignées dans une lumière enveloppante, tout intimait l’ordre de se mettre à l’abri. Surtout ce froid sur les épaules en sueur. On allait protéger nos cœurs des rigueurs de l’hiver à venir. Un ou deux derniers coups de balai, un ou deux allers retours vers le fond du jardin, vers le tas de compost, viendra vite l’heure du rangement des outils et de l’allumage du feu sous une casserole pour un thé attendu. Il faudra, juste avant, enfourner quelques bûches sèches dans la cheminée, trouver un briquet dans cette maison de non fumeur, ce ne sera pas le plus facile, et la faire ronfler, la cheminée. Le ciel commencera à s’assombrir quand un nuage posé sur l’horizon cachera le soleil généreux de cette fin de journée. Le bain chaud aura fini de couler que l’eau du thé, en frissonnant à gros bouillons, fera trembler la casserole et toute la cuisine avec. J'en aurais profité pour mettre à réchauffer du petit salé aux lentilles pour le soir, en cette saison c'est le mieux qui puisse se pointer sur une table. J'ai mis au frais une bouteille de Côtes du Rhône blanc, les Arbousiers du domaine de la Réméjeanne à Cadignac. (Oui, oui avec le petit salé... on est chez soi, on boit ce qu'on veut!). Une fois sec, propre et ne sentant plus si mauvais, ayant donc l'illusion d'être neuf on pourra glisser dans le lecteur un CD de Nathalie Dessay et dans le même temps allumer un poste de télé puisqu’on y diffuse un match de rugby entre l’Afrique du sud et le Pays de Galle. Deux endroits où soit dit en passant il doit faire bon d'y promener son passeport à condition de l'avoir sur soi... Il suffira de couper le son des commentaires pour que la perfection ne me flotte pas trop loin des deux oreilles.
J’ai posé la théière sur la table basse, les gallois menaient de trois points, une bûche de chêne me chauffait les pieds. J’étais allongé au long du canapé, en travers, la tête au fin fond d’un bon kilo de plumes. Le chat des voisins miaulait à la porte fenêtre, malgré son insistance éhontée, je ne l'ai pas laissé rentrer: Tous ces poils ambulants qui ne demandent qu'à se séparer de leur Maître! Merci bien!
Sur un des airs de Bellini, les gallois ont marqué un essai merveilleux, d'un mouvement en première main, au large, en contre, avec un redoublement de passes d'école et, pour finir d'un cadrage débordement d'une toute efficace beauté. Quand il était pratiqué ainsi ce jeu atteignait des sommets. Il était capable de vous inoculer des lumbagos foudroyants en vous faisant bondir comme un geyser d'enthousiasme du plus profond d'un canapé... profond. J’avais sur les jambes une couverture en fourrure polaire blanche mais c’était surtout une question de confort, le thé était, maintenant infusé comme il fallait qu'il le soit. Je ne pensais ni à la noirceur du monde ni aux éclats de lumière qui pouvaient en surgir parfois, comme ceux venus d'outre atlantique, la semaine écoulée. Cette fin de samedi était une fin d'un samedi en paix. Au moins pour notre région et un peu au-delà. Le ciel avait rosi de derrière le grand nuage, une pie a traversé le jardin en roumégant. Dans la pièce, la voix de Nathalie se disputait avec l’odeur du thé mais elle avait fini par vaincre. En prenant toute la place, elle rendait l'air incroyablement sensible. J’ai fermé les yeux quelques secondes pour mieux attraper toutes les notes. Et, c'est à cet instant précis que ça s'est passé. Dans le simple éclat d'un incandescent brin d'écorce de chêne qui a failli foutre le feu au canapé…
D’un coup, sans grand fracas, la nuit est tombée. Ce jour là n'existerait plus.
Jamais.


10 juillet 2011

Gâteaux, cerises et chantilly.

Elle a commencé au Théâtre du chien qui fume avec cette pièce:

A la demande de sa mère, une femme, CLAIRE, se rend en bretagne, dans un village côtier du nord-ouest du Finistère près de Portsall, dans la maison de son enfance sur le point d'être vendue. Dans la cuisine vidée de ses meubles il ne reste que quelques chaises et une table en formica. Dessus, sa mère lui a laissé l'acte de vente à parapher et un petit cadeau, une bouteille de gnôle. Par terre, un carton.

Al 'intérieur Claire va trouver des vêtements, des objets, des souvenirs qui la ramèneront une trentiane d'années en arrière, au printemps 1978.
Claire a alors 14 ans. Son père est atteint d'une maladie respiratoire et reste alité dans une chambre à l'étage. sa santé est précaire. Dehors, un autre drame se profile à l'horizon. Au large des côtes, par un matin d emars, un pétrolier de 200 000 tonnes va lentement sombrer et provoquer une gigantesque marée noire. c'est le naufrage de l'AMOCO CADIZ.

Texte & Mise en scène : Mohamed Rouabhi
Avec : Claire Nebout.

Elle s'est poursuivie avec la si  musicale et brillante langue de Marivaux dans une jolie mise en scène:

Puis une heure en compagnie d'une héroïne fièvreuse incarnée par une comédienne à fleur de peau dans une pièce sur une corde d'arc: 






L’Antigone de Créon,


de Miro Gavran à l'espace Roseau.


« Le monde est une scène de théâtre »…
Habituée du Off d’Avignon, la Compagnie Roseau Théâtre nous a fait découvrir cet été une pièce de l’auteur croate Miro Gavran, encore trop peu connue en France : « l’Antigone de Créon ». Écrite au début des années 1980, l’œuvre s’inspire de l’histoire d’Antigone pour en démonter les fils, inverser les perspectives, et nous offrir ainsi un magnifique duo qui explore les relations entre théâtre et pouvoir, sublimé par une mise en scène électrique et des acteurs magnétiques.
Sarah Del Pino.
Et en fin, chantilly sur les cerises du jour:
Romain Didier 
au Théatre des Lucioles à         20h 50...



























08 juillet 2011

Un joli raccourci.

Nous avions décidé de nous y offrir une soirée et une nuit mémorables. De celles qu'on reverrait vite fait, en accéléré au moment du grand passage mais avec des arrêts sur image.
Nous avions choisi une crique en U, comme elles l'étaient presque toutes par ici. Bien abritée, protégée des vents dominants, comme dessinée au crayon par un paysagiste de génie, bref, un rêve de crique...
Elle n'était accessible qu'en bateau ou bien par un sentier tortueux qui descendait de la route et qui traversait le maquis en contorsions alambiquées. Comme nous n'avions pas de bateau, il ne nous restait que peu de solutions, mais n'en avoir qu'une évite le choix. Et, ça peut aider dans une décision à prendre. Nous nous étions chargés de tout le nécessaire pour que ce soit le moins inconfortable possible.
Nous n'avions pas regardé la météo, nous nous en foutions un peu. Et si jamais, il venait à pleuvoir, ici, en cette saison, ce serait un miracle tant tout était sec dans le coin. Même les pierres avaient soif. A la vue du ciel, tout s'annonçait pour le mieux. L'ambiance était à la robinsonnade enfantine. Nous allions dormir dehors, sur une plage, comme seule cette île et quelques milliers d'autres peuvent en proposer. Une eau limpide, transparente... un cauchemar de narcisse. Un sable doux, fin... le rêve absolu des dos malmenés. Au menu du soir ce serait grillades et blanc frais et fruits, enfin de quoi voir la nuit venir un peu apaisé et étoiles filantes. Il nous a fallu une belle heure de marche, en descente douce, plongés dans les parfums des cistes, de la myrte, des lentisques et des arbousiers, griffés aux mollets par les ronces, mais des griffures qui valaient le coup, pour une fois. Arrivés en bas, nous avons installé le campement comme des princes définitifs.
La nuit était déjà là. Nous allions nous offrir des souvenirs inachetables.
Avant d'allumer le feu, nous nous sommes trempés dans le vert de l'eau, puis nous avons mangé et bu. La nuit, maintenant était noire comme une encre de poulpe. L'un de nous a proposé encore un bain. Il n'était que dix heures du soir, nous avions deux heures d'avance mais nous nous en foutions. Nous nous sommes déshabillés et nous avons plongé et éclaboussé la plage de nos rires.
Le ciel s'était illuminé d'étoiles. En revenant du bain, sur la plage silencieuse, nous avons levé les têtes vers la coupole de diamants qui nous tombaient dessus en pluie fine. C'est Paul, les pieds souillés, qui nous a fait remarquer que, sur la toute merveilleuse langue de sable phosphorescent, des vaches, aussi, venaient se vautrer et s'oublier… Le rosé l'avait rendu grandiloquent. Il déclama comme un shakespearien déjanté:
___ Alors, nous voilà, nus, humbles, humides, dans l'obscure clarté, la tête dans les étoiles et... les pieds dans la merde...
Un assez joli raccourci de la vie, au fond.
___ La vache, j’en ai partout entre les phalanges! C'est dégueulasse!
Nous autres, en chœur:
___ Paul chéri, tu te fais du mal! Viens donc finir ton verre...


06 juillet 2011

Dachriosérum 6 cc.








De Sainte Croix, le lac...




Et deux cc du Canada en avant-goût pour féliciter R. de Sainte Rose qui a eu son bac, elle...


04 juillet 2011

Bus stop.

Le bus est arrivé par la Grande avenue, dans mon dos, je ne me suis pas retourné. 
Je savais qu’elle était à l’intérieur, je savais que c'est ce bus là qu'elle avait pris. Lui, il a grimpé poussivement, puis il s’est arrêté là-haut, à proximité de la Grand place à l’ombre généreuse des platanes. Les portes se sont ouvertes, j'ai entendu d'où j’étais le souffle du piston de la porte. Son grand sac de cuir jaune est apparu, je savais qu’elle suivait. C’est sa très longue jambe droite qui a quitté le bus en premier. Elle est descendue… Elle était vêtue d’une robe noire qui lui couvrait les genoux, au joli décolleté arrondi, évasée à partir de la taille à petits motifs blancs. Elle lui donnait une allure de pétale de vent, même dans la lumière poussiéreuse de cette après midi d’été. En vrai, elle pouvait porter n'importe quoi, tout lui allait comme une alliance à un annulaire de mariée. Elle avait aux pieds des sandales presque plates en peau caramel avec un petit noeud sur le dessus dont la ligne laissait apparaitre le début des phalanges... et un foulard léger de soie beige autour du cou. L'incroyable bleu, fond de lac, de ses yeux était caché par des lunettes de soleil. J’ai vu, ou alors j’ai rêvé, les mouches de la place stopper leurs vols, les libellules se mettre en stationnaire, les martinets descendre voir qui était là. J’ai entendu, ou cru entendre les conversations se suspendre aux terrasses des cafés, le bruit des moteurs s'apaiser, les passants ralentir leur démarche. Je sais, j'en suis certain que le temps, lui, a fait une pause. Pour la regarder passer? Les maisons de l'avenue s'écartaient sur ce passage, les balcons se soulevaient et les tuiles des toits bruissaient.
Elle avait coupé ses cheveux noirs et souriait comme une Bernadette en sortant de la grotte. Elle a regardé autour d’elle, puis dans ma direction et là j’ai vu très nettement son sourire s’ouvrir davantage. Malgré la nuit qu’elle venait de passer, elle avait le visage reposé, lumineux, apaisé, serein.
Dire que la veille elle avait bazardé quinze ans en quittant la ville où elle vivait… Elle avait tout envoyé promener et s’était démenée pour trouver un moyen de partir. Elle n’avait écouté aucun de ses amis, aucun des conseils qu’on voulait bien lui donner, elle avait juste décidé de partir et elle l’avait fait. Son boulot ? Aux pelotes? Son chien ? Au refuge? Sa maison ? Aux fraises? Rien ni personne n’aurait pu la retenir. Rien ni personne ne l'a retenue : « Tu ne peux pas comprendre, lui, je l’aime… » leur disait-elle. « Il est l’homme de ma vie, il est celui avec lequel je suis devenue femme… » Bien entendu, celles à qui elle servait ce plat la regardaient un peu de travers en se demandant pourquoi ce genre de truc lui arrive à elle et pas à moi. Elle avait fini par faire naître beaucoup d’incompréhension, d’inimitié et de jalousie, mais cela n’avait fait que renforcer son désir d’une vie nouvelle avec un homme nouveau. Alors elle avait juste attrapé son grand sac de cuir jaune, elle y avait vite fait balancé une ou deux robes avec les cintres, une ou deux paires de chaussures, quelques livres presque pris au hasard dans la bibliothèque. Tout le reste, elle l’avait laissé sur place, avec un air de pas mal s’en ficher. On se doutait bien depuis un moment qu’elle n’était pas très préoccupée par l'aspect matériel des choses. C'en était une confirmation éclatante. Et, en même temps, une manière de déménager plutôt agréable. Pas de cartons, pas de meubles encombrants, du léger, du vite fait, du qui se balance négligemment, du qui se jette sur l'épaule d'un air indifférent. Elle était allée à pied à la gare routière et là, elle avait pris un bus de nuit, il en restait juste un qui avait démarré en trombes dès qu’elle avait posé le pied dedans. C'est ce qu'on appellait arriver pile poil à la bonne heure.


Elle a enlevé ses lunettes noires, elle a dû voir que j’étais resté. Sans doute s’est-elle dit que je l’attendais? C'est ce que moi, je me serais dit si j'avais été à sa place.   Alors, elle a jeté son sac derrière elle, elle s’est mise à courir vers moi dans cette avenue en pente, elle s'est débarrassée de ses ballerines pour aller plus vite encore mais sans se soucier du tout des gravillons, bouts de verre, capsules de sodas qui auraient pu la blesser. Elle a vite été suivie par des grappes entières d’enfants blonds, sorties des maisons à son passage, riant aux éclats comme des gouttes de rosée dans un petit matin tremblant... De vastes nappes crémeuses de violons suaves venant du ciel de l'avenue, accompagnaient tout ça...

A ce moment, j’ai eu besoin d’un mouchoir jetable. J'en ai toujours un au fond d'une poche. Je me suis essuyé, un peu, les deux, puis je suis sorti de la salle avant que le générique se mette à défiler, que personne ne se fiche de mes yeux rougis...

01 juillet 2011

Tout c'qui est magnifique...







Utopie, Nadège, râle et motrice
Energie vitale, Merteuil et matrice
Caillette, chou farci, endives au jambon
Tout c’qui est magnifique porte un vilain nom.

Exutoire, Charlène, Ockrent, Mykonos
Surinam, guimauve, retraite et Sifnos
Mixité, appât, labeur, cornichon
Tout c’qui est magnifique porte un vilain nom.

Cacahuète, pistache, solvable et franchise
Accouch’ment, terrasse, balcon puis devises
Callipyge, écluse, pétoncle et Boston
Tout c’qui est magnifique porte un vilain nom.

Concorde, conchier, piscine, Pécuchet,
Cuirassé, Duras, Dylan et hochet
Sautadet, Athènes, Cuba, rémission
Tout c’qui est magnifique porte un vilain nom.

Barbe à papa, cépage, le Pilat,
Lapis lazuli, camargue, fatras
Prague, Berlin, Vancouver, Meudon
Tout c’qui est magnifique porte un vilain nom.

Périgord, épithète, Sénèque et Saignon,
Corridor, caillette, bavette et grattons
Rigolade, Robert, Larousse et canon
Tout c’qui est magnifique porte un vilain nom.

Et toi, la belle c’est quoi ton p’tit nom ?



En sourire  à Allain LEPREST et son texte magnifique:
"Tout c'qui est dégueulasse porte un joli nom." Chanté par Jean Louis Foulquier, puis Olivia Ruiz, sur une musique composée par Romain DIDIER...


Tout c'qui est dégueulasse porte un joli nom.


Amoco Cadiz, amanite, Sahel
Chrysanthème, canine, morsure, varicelle
Mygale, tarentule, épine, porte-avions
Tout c'qu'est dégueulasse porte un joli nom

Fourmilière, aiguille, acide et calice
Le Chemin des Dames, cercueil, cicatrice
Cyclone, ouragan, camisole, typhon
Tout c'qu'est dégueulasse porte un joli nom

Guillotine, cirrhose, nuit blanche, les Baumettes
Mirador, Stasi, syphon, baïonnette
Fleury-Mérogis, la rue Lauriston
Tout c'qu'est dégueulasse porte un joli nom

Amygdale, pavot, vérole, aspirine
Ecchymose, ortie, sanglot, carabine
Carmélite, javel, cobra, Charenton
Tout c'qu'est dégueulasse porte un joli nom

Camora, péplum, cyanure, mafioso
Tien-An-Men, amen, rasoir et ciseau
Ostie, Vatican, Jean-Marie, mormon
Tout c'qu'est dégueulasse porte un joli nom

Picador, arène, dollar et cédille
Ouragan, menotte, acide, Tchernobyl
Atome et neutron, neurone et citron
Et toi, c'est quoi ton p'tit nom ? 

Publications les plus consultées